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Le New York Film Festival sur les bancs d’un collège parisien

Plongée naturaliste dans les méandres du système scolaire français à travers une classe de 4ème et son professeur, Entre les murs, le film de Laurent Cantet, Palme d’Or à Cannes, fait ce soir l’ouverture du 46ème festival du film de New York.

Sélectionné in-extremis à Cannes, Entre les murs, qui a remporté une Palme d’Or unanime en mai, suit pendant une année scolaire une classe de 4ème d’un collège parisien. Il y est question de mixité sociale, d’intégration et du carcan de l’école républicaine, coupée de la réalité telle qu’elle est vécue par les élèves. Basé sur le livre de François Bégaudeau (Entre les murs, Editions Gallimard, 2007), qui y joue le rôle du professeur, le film a pour toile de fond les quartiers mixtes du XXe arrondissement de Paris. Le tournage du film, organisé « au jour le jour » et en ateliers d’improvisation, s’est fait avec des acteurs non professionnels, de vrais profs et les parents des élèves. « On a cependant construit des personnages », a précisé le réalisateur, à la conférence de presse à New York en septembre, « le film n’est pas un documentaire».

Sorti mercredi en France, le film a de nouveau ouvert le débat sur l’école et l’enseignement. « Le film est une petite goutte d’eau dans un débat idéologique plus vieux que moi et qui divise tout le monde, c’est un peu un sport national en France », a analysé Cantet. « Au moins le film relance l’envie d’en parler.»

Entre les murs s’inscrit inévitablement dans la lignée des innombrables fictions et documentaires sur l’école et la pédagogie, des 400 coups à Etre et Avoir en passant par L’esquive, évoquant, côté américain, des films tels que Esprits rebelles ou plus récemment Half-Nelson. Le cinéma de Laurent Cantet (Ressources humaines, L’emploi du temps), qui procède par immersion, s’efforce de démonter les mécanismes complexes du corps social dans un milieu donné et explore avec constance des territoires tendus par des rapports de pouvoir. « Pour la mise en scène, il s’agissait de trouver un dispositif qui montre l’école comme une caisse de résonnance fermée», a expliqué le cinéaste. « Je voulais répondre à un regard réactionnaire qui envisage l’école comme lieu isolé et protégé du monde, avec des élèves « vierges », ce qui me paraît illusoire. Ces adolescents ont une culture qui n’est pas celle de l’école et que l’école doit prendre en compte », a-t-il ajouté.

Presque intégralement discursif, le film, qui ne sort jamais des murs du collège, repose sur un mécanisme de face à face permanent entre le professeur et sa classe. « Je voulais aussi montrer l’école comme un lieu d’apprentissage de la démocratie », a expliqué Cantet. La densité de ces échanges rend apparent le gouffre qui existe entre le système éducatif et les élèves qui sont pris dans ses rouages. De là émergent également la grâce du film et sa vitalité.

Infos pratiques :
New York Film Festival
26 septembre, 20h et 21h.

Tickets.

Laurent Cantet sera présent avec 10 élèves pour présenter le film.
Site web.
Sortie à New York le 12 décembre 2008.

 

 

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