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Le New York Times s’interroge sur l’utilité des départements de français dans les universités américaines

“Les universités ont-elles besoin de départements de français?” C’est la question qu’a posée le New York Times à une dizaine d’auteurs, de professeurs et de chercheurs en sciences humaines. L’université SUNY Albany a en effet annoncé ce mois-ci que l’étude du français (et de certaines autres disciplines de sciences humaines) ne serait plus proposée, suite à des réductions budgétaires et au faible succès de cette formation.

“Les universités ont-elles besoin de départements de français?” En posant cette question volontairement provocatrice, le quotidien américain a plus largement mis en lumière celle de l’importance des sciences humaines dans la formation des étudiants américains. Les arguments des différentes personnalités interrogées ont été publiés sur le site internet du journal.
Martha Nussbaum, philosophe à l’université de Chicago déplore cette tendance à évincer les sciences humaines de l’éducation des Américains sous des prétextes de rentabilité. Selon la philosophe, ces disciplines permettent d’affiner l’esprit critique, la connaissance de l’histoire de chacun et l’imagination, garants de l’équilibre démocratique et d’un comportement éclairé et respectueux. Même son de cloche chez Louis Menand, professeur d’anglais à l’université d’Harvard. Selon lui, tant qu’elles placent la culture au centre de leurs recherches, les sciences humaines ne peuvent et ne doivent pas être considérées comme optionnelles. Richard Vedder, économiste à l’université de l’Ohio, reconnait l’importance de ces matières, mais également que l’université doit s’adapter aux besoins et aux évolutions de la société.
Les internautes aussi ont spontanément réagi sur le site du New York Times. Tandis que certains comprennent que le français soit délaissé pour le japonais ou le chinois, d’autres regrettent le fait que les Américains se concentrent sur la “pensée WalMart” au lieu de s’intéresser à la pensée de Rousseau. La majorité abonde d’ailleurs globalement dans ce sens, raillant le maintien de disciplines comme le basketball au détriment de la langue française ou affirmant ironiquement que finalement, c’est une bonne idée de supprimer tout programme susceptible d’éclairer les esprits.

Le site New York in french avait relayé la nouvelle de la suppression du département de français à SUNY Albany début octobre. Il avait publié la lettre d’un professeur de français de l’université ainsi que le lien d’une pétition qui vise à soutenir les programmes de français. La lettre et les nombreux commentaires sont à lire ici :

http://www.newyorkinfrench.net/forum/topics/the-demise-of-suny-albanys

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