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Le Nobel de littérature au Français Jean-Marie Gustave Le Clézio

Le prix Nobel de littérature 2008 a été attribué à l’écrivain français Jean-Marie Gustave Le Clézio pour son oeuvre “de la rupture”, a annoncé jeudi l’Académie suédoise. Réaction d’Olivier Barrot.

L’Académie a fait ce choix d’un “écrivain de la rupture, de l’aventure poétique et de l’extase sensuelle, l’explorateur d’une humanité au-delà et en-dessous de la civilisation régnante”, selon les attendus de l’Académie. Le Clézio, 68 ans, était considéré comme un favori dans les cercles littéraires suédois depuis plusieurs années et son nom revenait avec insistance cette fois-ci. En juin dernier, il avait reçu le prix littéraire suédois Stig Dagerman qui lui sera remis en octobre à Stockholm. Les derniers lauréats français sont l’écrivain d’origine chinoise Gao Xingjian en 2000 et Claude Simon, grande figure du Nouveau roman, en 1985.

L’écrivain français Jean Marie Gustave Le Clézio s’est déclaré “très ému et très touché” par la récompense, dans une interview en français à la radio publique suédoise. “C’est un grand honneur pour moi”, a ajouté le lauréat du prestigieux prix, précisant qu’il remerciait “avec beaucoup de sincérité l’Académie Nobel”.

Le président Nicolas Sarkozy a salué avec “une immense fierté” l’attribution du prix Nobel de littérature 2008 au Français Jean-Marie Gustave Le Clézio, “citoyen du monde, fils de tous les continents et de toutes les cultures”. “Je lui adresse toutes mes plus chaleureuses félicitations au nom de tous les Français pour la récompense la plus prestigieuse qu’un écrivain puisse recevoir et qui honore la France, la langue française et la francophonie”, a déclaré M. Sarkozy dans un communiqué publié par l’Elysée.

J.M.G Le Clézio est né le 13 avril 1940 à Nice d’une famille bretonne (son nom signifie “les enclos” en breton) émigrée à l’Ile Maurice au 18e siècle. Son père était un médecin de brousse anglais et sa mère française. Après sa licence de lettres, il a travaillé à l’Université de Bristol et de Londres, consacrant un diplôme d’études supérieures à Henri Michaux. A l’âge de 23 ans, il obtient le prix Renaudot pour un coup d’essai qui fut, et qui demeure, un coup de maître, “Le procès-verbal”. Il enseigne aux États-Unis. En 1967, il fait son service militaire en Thaïlande en tant que coopérant mais est expulsé pour avoir dénoncé la prostitution enfantine. Il achève son service au Mexique. Pendant quatre ans, de 1970 à 1974, employé par l’Institut d’Amérique latine, il partage la vie d’Indiens, au Panama: une expérience qui aura beaucoup d’influence sur son oeuvre. Il enseigne ensuite à Albuquerque (Etats-Unis).

Son oeuvre, qui comprend des contes, des romans, des essais, des nouvelles, des traductions de mythologie indienne, des livres de photo, d’innombrables préfaces, articles et contributions à des ouvrages collectifs, est perçue comme une critique de l’Occident matérialiste, sous tendue par une attention constante aux faibles et aux exclus. Son écriture est classique, simple mais raffinée, colorée.

J.M.G Le Clézio, qui fait partie du jury Renaudot, a notamment écrit “La fièvre”, “L’extase matérielle”, “Terra amata”, “Le livre des fuites”, “La guerre”, “Désert” (peut-être son chef d’oeuvre), “Le chercheur d’or”, “Onitsha”, “Etoile errante”, “Le poisson d’or”, “Révolutions”, “Ourania” et, en 2008, “Ritournelle de la faim” (parus chez Gallimard pour l’essentiel). Le Clézio recevra un chèque de 10 millions de couronnes suédoises (1,02 million d’euros) le 10 décembre à Stockholm. Deux autres Français ont été couronnés cette année par le Nobel de médecine, les chercheurs Luc Montagnier et Françoise Barré-Sinoussi pour leurs recherches sur le virus du sida.

La réaction d’Olivier Barrot, journaliste et écrivain français.

« Ce Nobel fut une surprise car je pensais qu’il allait plutôt être attribué à un auteur d’un pays où la littérature est moins développée comme l’Albanais Ismaïl Kadaré car l’année dernière la lauréate était une Anglaise. Etant français, je suis très content que les Suédois aient fait ce choix. Certes, la France n’est plus une nation dominante politiquement et économiquement, mais du point de vue littéraire, elle existe et elle compte. La preuve, le lauréat de cette année est français. C’est magnifique ! Il a écrit des livres sublimes qui sont à mes yeux universels tels que « Désert ». D’origine mauricienne, c’est probablement cette culture métissée que les Académiciens ont repérée chez lui. Comme il est africain d’une certaine manière, il a le regard d’un homme qui vient d’ailleurs. Il est une sorte de chantre ! »

Il produit et présente Un livre, un jour sur France3 et TV5.

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