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Le nouveau gouvernement Fillon sans Borloo mais avec Juppé

Sarkozy a renommé dimanche à Matignon François Fillon, dont la nouvelle équipe ne compte plus les centristes Jean-Louis Borloo et Hervé Morin, mais qui fait la part belle aux ex-RPR, avec le retour d’Alain Juppé qui devient numéro deux du gouvernement.

La première secrétaire du PS, Martine Aubry, a dénoncé un remaniement, fruit d'”un arrangement”, de nature “clanique” UMP-RPR, voyant dans la reconduction de François Fillon une “fin de non recevoir” adressée aux Français.
Le secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant, a mis fin au feuilleton du remaniement en annonçant, au moment des “20H”, la nouvelle équipe, réduite à 30 membres (11 femmes, 19 hommes, hors Fillon) contre 37 auparavant.
Principal revenant, l’ancien Premier ministre de Jacques Chirac, Alain Juppé, devient ministre de la Défense, avec le titre de ministre d’Etat. Michèle Alliot-Marie garde ce rang en passant de la Justice à un autre ministère régalien, les Affaires étrangères. En revanche, exit Bernard Kouchner, qui incarnait l’ouverture à gauche, ainsi que Jean-Marie Bockel de Gauche moderne.
Au poste de Garde des Sceaux, MAM est remplacée par le centriste et ancien proche de François Bayrou, Michel Mercier. En compensation du départ du président du Nouveau Centre (NC) Hervé Morin, en désaccord avec Nicolas Sarkozy, Maurice Leroy, porte-parole du NC, devient ministre de la Ville.
Les centristes ont néanmoins affiché leur vif mécontentement. M. Morin a dénoncé l’apparition d’une “équipe de campagne proche du RPR” et François Sauvadet, patron des députés NC, une “baffe pour le centre”. Yves Jégo, député UMP, a déploré l’absence de représentants du Parti radical de M. Borloo, dont il est vice-président, parlant de “faute politique”.
Le chef de l’Etat a débauché Marie-Anne Montchamp, porte-parole du parti République solidaire de Dominique de Villepin. La nouvelle secrétaire d’Etat aux Solidarités a fait part de son “émotion”.
Côté diversité, Fadela Amara, qui avait pris fait et cause pour M. Borloo, ainsi que la populaire Rama Yade s’en vont. Mme Amara a fustigé “le poids de l’inertie et du sectarisme”. Jeannette Bougrab, présidente de la Haute autorité de lutte contre les discriminations (Halde), devient secrétaire d’Etat à la Jeunesse et à la Vie associative.
Autre nomination de taille, celle de Xavier Bertrand dans un large ministère du Travail, de l’Emploi et de la Santé. Eric Woerth paie l’affaire Bettencourt et disparaît.
L’ex-secrétaire d’Etat Nathalie Kosciusko-Morizet est promue ministre de l’Ecologie.

Christine Lagarde (Economie), Luc Chatel (Education), Bruno Le Maire (Agriculture), Frédéric Mitterrand (Culture) restent à leur poste. François Baroin conserve le Budget et gagne la fonction enviée de porte-parole du gouvernement.
L’ex-PS Eric Besson, très contesté ministre de l’Identité nationale -un intitulé qui disparaît- passe à l’Industrie. Le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux récupère l’immigration.

Le grand perdant du remaniement est donc Jean-Louis Borloo -qui incarne l’aile centriste de l’UMP-, longtemps pressenti pour Matignon. L’ex-numéro deux du gouvernement a “choisi de ne pas appartenir” à cette équipe, préférant retrouver sa “liberté de proposition et de parole”.

Après l’annonce surprise samedi soir d’une démission du gouvernement -une première un week-end sous la Ve République-, l’annonce de la reconduction de François Fillon, plébiscitée par la majorité et l’opinion, était tombée dimanche matin.
L’ex et nouveau Premier ministre a assuré s’engager “avec détermination dans une nouvelle étape”, évoquant sa “profonde estime personnelle” pour le chef de l’Etat.

A l’occasion du remaniement, Nicolas Sarkozy a réglé la question de la direction de l’UMP. L’entourage de Jean-François Copé a fait savoir qu’il avait reçu l’accord du président pour s’emparer du parti en lieu et place de Xavier Bertrand.
Valérie Pécresse espérait la Justice, elle reste à l’Enseignement supérieur. Selon une source gouvernementale, elle est “une victime collatérale du repêchage des centristes”.
“Beaucoup de bruit pour rien”, ont ironisé les Verts. “Ce n’est pas un remaniement, c’est un repliement”, a dit le président du MoDem, François Bayrou.

 

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