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Le NPA d’Olivier Besancenot veut séduire la banlieue

Le NPA qui présente une jeune femme voilée sur ses listes dans le Vaucluse aux régionales, cherche depuis sa création il y a tout juste un an, à s’implanter dans les banlieues, une tâche difficile que le parti d’Olivier Besancenot veut mener sur le long terme.

“La question qui se pose pour tout le monde, c’est de reprendre pied dans les quartiers populaires et de comprendre que la société change”, assure M. Besancenot, pris dans une avalanche de critiques, à droite comme à gauche, contre la candidature d’une militante NPA qui se dit “laïque et féministe” malgré un foulard lui couvrant totalement les cheveux.

“On a fait le NPA pour faire un parti qui fédère des horizons différents, ça fait des clashs, ça fait des étincelles”, mais “il faut peut-être commencer à se faire” au fait que “la France change de visage”, affirme-t-il.

Alors qu’en 2004, la LCR trotskiste (devenue NPA) avait milité contre le voile à l’école, le postier de Neuilly reconnaît qu’un débat “sérieux et complexe” s’est engagé au sein de son parti marqué par l’idéologie marxiste. Il se poursuivra jusqu’au congrès de novembre, où un débat “religion et émancipation” est organisé.

Présenter un femme voilée issue des quartiers est-il un appel du pied aux banlieues que le NPA tente d’investir depuis sa fondation ? “Le voile n’est pas un sésame magique pour entrer dans les quartiers populaires, la plupart des filles ne le portent pas”, fait valoir Pierre-François Grond, porte-parole de la campagne NPA.

“Le problème des banlieues est un problème d’inégalité d’accès aux services publics, de répartition des richesses, c’est-à-dire qu’on tombe dans le coeur du projet du NPA”, argue-t-il, soulignant qu’il y a “dans les quartiers de banlieue, un vrai problème politique de représentation” qui se mènera “dans la longue durée”.

Pour s’implanter dans ces quartiers, le NPA s’est doté, l’an passé, d’une commission des quartiers populaires (CQP) avec une équipe d’animation d’une vingtaine de personnes et quelque 200 militants dans des comités basés notamment en Ile-de-France, dans les régions lyonnaise, marseillaise et bordelaise.

En août, lors de sa première université d’été à Port-Leucate dans l’Aude où des repas spécial ramadan étaient prévus pour quelques militants, le NPA avait consacré pas moins de cinq tables-rondes aux quartiers populaires.

“On travaille avec les associations de quartiers, comme le Forum social des quartiers populaires, dans un esprit d’égal à égal”, “on est présent sur les questions sociales, les violences policières”, “quand des gens se font expulser”, et “toute l’année” sur les marchés, explique Omar Slaouti, membre de la CQP et tête de liste NPA en Ile-de-France aux européennes.

Cet enseignant d’Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis, estime que le NPA “a une assise de plus en plus forte dans les quartiers” d’autant qu'”avec la crise, il y a un délabrement social plus grave qu’en 2005 avec la révolte des banlieues”.

Mais si Olivier Besancenot jouit d’une “certaine audience” dans les quartiers, “ce n’est pas parce qu’il est là que les gens rejoignent un parti politique”, note Danièle Obono (CQP) qui réfute “le mythe du vote musulman”.

“A Neuilly, le taux d’abstention est beaucoup plus faible que dans les quartiers populaires car les gens votent pour des gens qui leur ressemblent”, “on souhaite que dans les quartiers populaires, les gens puissent aussi voter pour des gens qui leur ressemblent”, affirme M. Slaouti, mais “ça va prendre du temps”.

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