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Le paradis des Français de Miami

La Floride et ses rives chatoyantes, longtemps une nouvelle frontière américaine, est touchée comme le reste des États-Unis par la crise. Pourtant, la ville de la nuit, de Scarface et de Miami Vice continue de faire rêver les Français. Ils sont venus réussir à l’ombre des palmiers. Reportage.

On l’aura deviné, « le principal atout de Miami c’est son climat, » résume Philippe Timon, président de l’Alliance Française. Pourtant l’héliotropisme ne suffit pas à expliquer l’affluence de ces français migrateurs, qui sont 30 000 à Miami et dans les communautés adjacentes de Fort Lauderdale et Boca Raton. Dans la bouche de ces expatriés hâlés et épanouis loin du stress de la côte Est, les mêmes termes reviennent : « vie agréable », « terre d’opportunité ».

À l’image de Miami, fière de ses émigrés cubains de Little Havana, la communauté française est diverse, explique le consul général, Philippe Vinogradoff, dans son bureau de Downtown. Elle se décline selon deux profils types : jeunes hommes d’affaires qui veulent connaître le succès aux États-Unis et retraités en quête d’un climat plus clément. Les premiers se sont souvent greffés sur l’activité dominante en Floride, le tourisme et ses secteurs voisins de l’hôtellerie et de la restauration. Ils ont en commun un esprit entrepreneurial décontracté, même si, contrairement aux idées reçues, tous n’évoluent pas, le cheveux au vent et des diamants au doigt, parmi les flamands roses et les palmiers.

À l’ouest de la ville, le Sofitel, avec sa piscine et son restaurant étincelant, se targue d’être l’hôtel « le plus français » de Miami. Gregory Polino, grand jeune homme de 27 ans au pas vif, est responsable de la restauration, la vitrine de l’hôtel. Après son arrivée, le groupe Accor s’est positionné dans le haut de gamme. « On pense hôtel français, on se dit luxe », résume-t-il. Issu d’une famille d’hôteliers de la Côte d’Azur, il a réalisé un parcours impeccable, avec le grand chef Alain Ducasse pour mentor à Monaco et un passage par le palace Plaza Athénée à Paris. Dépité à son arrivée à Miami, où, « mon Dieu », note-t-il effaré, « tout le monde parle espagnol », il a la nostalgie du pays, mais pas du stress parisien. Il s’est jeté à corps perdu dans le travail : « Quand vous êtes français aux États-Unis vous venez pour l’expérience », ajoute-t-il. Cet accro du service parie sur une bonne humeur communicative et « un accueil que l’on devrait trouver en France, justement ». Tous les jours, il endosse avec assurance un costume de personnage enthousiaste et affable, qui s’épanouit en vendant du luxe « made in France » aux touristes fortunés. La « tchatche » et l’accent français authentique « font partie du concept ».

La communauté française d’affaires qui a accompagné le développement de Miami a commencé à se structurer à la fin des années 1970, avec des grands groupes comme Airbus, l’Oréal, Cartier, LVMH, alors implantés comme plates-formes vers l’Amérique Latine. Les 120 entreprises françaises de Floride font partie intégrante du paysage économique de la zone. « Miami a beaucoup changé », confie Jacques Brion, président de la Chambre de Commerce franco-américaine. La ville connait ainsi un développement culturel avec des infrastructures de haut niveau et une explosion culturelle depuis 15 ans, explique-t-il.

Le bord de mer a aussi vu émerger Miami Beach, la grande île à l’est de la ville, comme destination internationale de premier rang pour le tourisme. Des kilomètres de sable fin, on est à South Beach, avec ses constructions Art Déco multicolores, ses hôtels d’un luxe ostentatoire à perte de vue, et ses corps offerts au soleil. Pendant ce temps, à quelques minutes des plages, on s’affaire dans les cuisines de « À la folie », longtemps la seule crêperie de la ville. Le propriétaire, Olivier Corre fait partie de cette vague de petits entrepreneurs partis s’installer à Miami. Venu un jour en vacances, ce banlieusard n’en est jamais reparti. Il a baptisé son restaurant du nom du village de sa mère dans les Côtes d’Armor et sert désormais des galettes bretonnes sur Española Way, à deux pas de la cinémathèque. Le restaurateur de 38 ans, adepte de ce littoral enchanteur et qui ne se déplace qu’à vélo, vient d’ouvrir une crêperie identique à quelques rues. « Miami, un jour, ce sera New York au soleil, » prédit-il.

Précoce, Alexandre Barrelier, a, lui, ouvert son premier restaurant à 22 ans, près de Giverny. Aujourd’hui à 31 ans il s’est installé à Miami avec sa femme, américaine, et a innové en devenant sommelier à domicile. S’invitant à des dîners, il défend le vin français, affinant les palais d’Américains de Miami curieux et pas forcément avertis. « C’est une question de communication, » explique-t-il, « les Américains connaissent les cépages californiens mais pas les labels français ». Dans la foulée de son site web Wine and Cellar Concept, il a créé Private Collection et dispense des cours d’initiation à la dégustation dans les restaurants français de Coral Gabble et des alentours, ainsi qu’à l’Alliance Française. Il discute histoire du terroir, onctuosité, acidité, et fait découvrir à ses clients de Miami des vins moins connus mais « accessibles en termes de compréhension », vins du Pays d’Oc, Sancerre et autres Poullis fumés. « Les Américains sont très fiers de leurs vins, mais ils s’y connaissent plus que beaucoup de Français, en fait », remarque-t-il.

Seule ombre à cet idyllique tableau, les Français, comme les autres investisseurs, pourraient être victimes d’un mirage de la prospérité. Miami a en effet connu, avec le reste de la Floride, état très spéculatif depuis longtemps, une ruée immobilière à grande échelle des expatriés aisés, pressés d’investir dans des maisons de vacances. Profitant de ce boom immobilier, beaucoup de Français de la région ont à l’époque passé le diplôme de Realtor (agent immobilier), comme Alexandra Clément, il y a 3 ans. « Même si les locations fonctionnent, on n’a pas fait une vente depuis juillet », explique-t-elle. À cette vague immobilière débridée succède actuellement un climat morose. Les subprimes ont fait éclater la bulle immobilière, des abus ont eu lieu dans tous les secteurs, les constructions se sont emballées. Puis tout s’est arrêté. « On s’est tous laissé aller à la facilité », reconnait Jacques Brion, de la Chambre de Commerce franco-américaine et promoteur immobilier. Si l’on voit toujours des français investir, profitant du taux de change avantageux, Alexandra Clément note un ralentissement net dans les ventes. « Ils croient que c’est donné, ils ne se rendent pas compte », dit-elle, « ils disent : j’ai 45 00 euros, je veux un condo ». Jacques Brion lui, prévoit une sortie de crise dans 2 ou 3 ans.

CARNET D’ADRESSES

INSTITUTIONS

Alliance Française de Miami & Fort Lauderdale

618 SW 8th Street.

Tel: 305 859 8760

Consulat

1395 Brickell Avenue, suite 1050
Tél : 305 403 4150

Chambre de commerce franco-américaine de Floride
168 SE 1st Street, Suite 1102

Tél : 305-403-4150

ASSOCIATIONS FRANÇAISES

Miami Accueil

http://www.miami-accueil.org/

RESTAURANTS

À la folie

516 Española Way, Miami Beach

Tel: 305 538 4484

Le Bouchon du Grove

3430 Main Highway, Coconut Grove

Tel. 305 448- 6060

Café Maurice

419 Washington Ave; Miami Beach
Tel: 305 674-1277

Les Halles

2415 Ponce De Leon Blvd, Coral Gables

Tel : 305 461-1099

GALERIES

Damien B. Contemporary Art Center

282 NW 36th St

Tel: 305 573-4949‎

Galerie Emmanuel Perrotin

174 NW 30th St # 194

Tel: 305 573-2130‎

  • Bonjour,
    Je suis chef à domicile en France et je souhaite m’installer à Miami un an voire deux.
    Je souhaiterais avoir des renseignements pour les visas et d’éventuels contacts.
    J’ai un parcours de cuisinier gastronomique avec de sérieuses références.
    Cordialement

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