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Le paradoxe de Prune Nourry à l’Invisible Dog Art Center

“Holy River”, la nouvelle exposition de la française Prune Nourry, est à découvrir du 12 au 27 mai à l’Invisible Dog Art Center de Brooklyn. L’artiste se penche sur le paradoxe de l’eau, élément vital si souvent pollué.

Avec ses Holy Daughters, sculptures hybrides à mi chemin entre la femme et la vache, Prune Nourry questionnait déjà le paradoxe de la fertilité en Inde. D’un côté, la vache, symbole de fertilité et animal sacré. De l’autre, la fille, vecteur de cette fertilité sacrée et pourtant très sous-estimée*. Dans “Holy River”, l’artiste met cette fois l’eau au centre de sa réflexion, dans la continuité de son premier travail. “Toutes les oeuvres sont connectées entre elles”, confie-t-elle.

A work in progress

En 2011, à Kolkota, en Inde, Prune Nourry crée avec des artisans locaux une scultpure hybride de 5 mètres de haut qu’elle intègre à la procession du festival de Durga Puja. Lors de cette procession, les Indiens font défiler d’immenses statues de divinités à base de l’argile du Gange qu’ils dissolvent ensuite dans l’eau du fleuve sacré. L’exposition de Prune Nourry, “Holy River”, retrace cette perfomance artistique au travers de photos, de vidéos et de sculptures. “Je voulais parler du paradoxe du Gange. Bien qu’il soit considéré comme source de purification de l’âme, c’est aussi le fleuve le plus pollué du monde…”

Lucien Zayan, directeur de l’Invisible Dog, est sous le charme. “J’aime énormément le travail de Prune. C’est formidable de voir comment elle sait transformer une problématique en oeuvre”. Après Holy Daughter et Holy River, toutes deux réalisées en Inde, Prune Nourry rêve aujourd’hui de Chine… Mais suspens, l’artiste garde le secret.

Une exploration des sens

Son exposition, Prune Nourry la veut multisensorielle. Le visiteur est servi. Pour le plaisir des yeux, la danseuse Preeti Vasudevan interprète une chorégraphie de Simon Dove. Dans un jeu d’ombre et d’imitation, la danseuse donne vie à une Holy Daughter de Prune Nourry, de sa création à son immersion dans le Gange. Elle danse sur un fond sonore joué par Mitchell Yoshida, pour l’ouïe. De son côté, le bar Eau de vie de Michael Hamilton excite les papilles par ses échantillons d’eau infusées, suggérant six grands fleuves mondiaux. Et pour l’odorat, Olivier Delcour vous fait voyager grâce avec ses parfums minutieusement élaborés.

Si l’exposition dure jusqu’au 27 mai, la pièce maîtresse est elle très ephémère, les mains faites d’argile étant trempées dans l’eau. “Il faut se dépêcher de venir la voir !” conclut Tatyana Franck, commissaire de l’exposition.

Infos pratiques :

“Holy River”, une exposition de Prune Nourry
à l’Invisible Dog Art Center, 51 Bergen Street, Brooklyn

Perfomances :
Samedi 12 mai à 19h et à 20h30
Samedi 19 mai à 18h30

* Dans la culture indienne, les garçons perpétuent le patronyme et héritent des terres alors qu’on reproche aux filles de coûter trop cher, surtout  quand la famille doit payer la dot lors du mariage. De fait, l’avortement est une pratique courante chez les Indiennes enceintes d’une fille et  l’Inde connaît aujourd’hui un fort déséquilibre démographique.

 

 

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