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Le parquet de Nanterre envisage d’enquêter sur le contenu des enregistrements dans l’affaire Bettencourt

Le contenu des écoutes pirates de Liliane Bettencourt et de ses proches, à l’origine d’une tempête politique visant le ministre du Travail, Eric Woerth, pourrait faire l’objet d’une enquête du parquet de Nanterre si ces enregistrements s’avéraient authentiques.

“Ce qu’on a commencé à faire, c’est mener des investigations sur l’authenticité des enregistrements. Si ceux-ci sont authentiques, le moment venu, il est exact qu’on s’intéressera au contenu des conversations”, a indiqué lundi le parquet à l’AFP.

Ce dernier a reconnu l’existence d’un rapport transmis au parquet général de Versailles sur les suites à donner à l’enquête préliminaire ouverte après la découverte des enregistrements, sans toutefois confirmer les extraits de ce document publiés par Le Monde daté de mardi.

Selon le quotidien, le procureur Philippe Courroye a suggéré, dans un rapport daté du 23 juin adressé à sa hiérachie du parquet général de Versailles, d’enquêter sur les délits potentiels révélés par les enregistrements clandestins.

“A l’issue des auditions et vérifications permettant d’apprécier l’authenticité des enregistrements, il pourrait être envisageable (…) de faire vérifier les éléments révélés dans ces conversations”, écrit le magistrat dans ce rapport.

Parmi les éléments cités dans ce document figurent les “conditions d’embauche de Mme Florence Woerth”, mais aussi les dons financiers opérés en faveur de Valérie Pécresse et d’Eric Woerth.

Samedi, le Journal du Dimanche faisait également état d’un document transmis au procureur général de Versailles, Philippe Ingall-Montagnier, qui pourrait déboucher sur une enquête préliminaire pour “blanchiment de fraude fiscale” concernant la situation fiscale de Liliane Bettencourt et ses proches.

Si une enquête de ce type venait à être mise en oeuvre, le ministère de la Justice a d’ores et déjà indiqué qu’il ne s’opposerait pas à une telle précédure, indiquant qu’il revenait “au procureur de la République d’apprécier si une enquête est nécessaire à la manifestation de la vérité”.

Révélés par Mediapart et Le Point, les enregistrements suggèrent des opérations financières destinées à échapper au fisc, mais aussi des immixtions de l’Elysée dans la procédure judiciaire et des liens troubles entre la milliardaire et le ministre du Travail, Eric Woerth, et son épouse Florence.

Réputé proche de Nicolas Sarkozy, Philippe Courroye a décidé mi-juin d’ouvrir une enquête préliminaire pour “atteinte à la vie privée” afin de déterminer les conditions dans lesquelles ces écoutes ont été réalisées. Aucune investigation, jusqu’à présent, n’a en revanche été menée sur le contenu des conversations.

“Je m’interroge sur l’attitude du parquet, qui se focalise uniquement sur la nature des enregistrements sans se soucier de leur contenu”, avait regretté le 22 juin Me Antoine Gillot, avocat de l’ex-maître d’hôtel de la miliardaire, de son ex-comptable et d’un informaticien, placés en garde à vue pendant 48H00 dans cette affaire. La comptable a été à nouveau entendue lundi par la police, selon une source judiciaire.

En annonçant le renvoi du procès Banier/Bettencourt, jeudi dernier, la présidente de la 15e chambre correctionnelle de Nanterre, Isabelle Prévost-Desprez, avait ordonné un supplément d’enquête pour faire la lumière sur les écoutes, décidant de prendre en charge ces investigations.

Le parquet de Nanterre, qui a déjà par le passé exprimé son désaccord avec la magistrate dans le dossier Bettencourt, a aussitôt fait appel, soulignant qu’une enquête était déjà en cours sur les écoutes.

La cour d’appel de Versailles doit désormais trancher ce différend. En attendant, le supplément d’information ordonné par la 15e chambre se trouve bloqué.

 

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