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Le phénomène des tables françaises en Louisiane

Des groupes de Louisianais francophones se donnent régulièrement rendez-vous pour des « tables », des réunions où on parle en français.

Patrick Pellerin aime « sa table ». Ce Louisianais d’origine cajun, habitant Rayne à une quinzaine de kilomètres de Lafayette, fait partie d’un groupe qui se réunit depuis un an, chaque samedi matin à 9 h dans un café de la ville, pour parler français. Appelées « tables françaises», ces réunions francophones sont organisées dans tout le sud-ouest de la Louisiane. « Au début, nous n’étions que 8 dans notre groupe », explique-t-il dans un français à l’accent cajun. « Nous sommes aujourd’hui une trentaine. Et ce phénomène se développe. À une époque, il ne restait plus que deux tables et maintenant, il y en a partout dans l’agglomération de Lafayette et même au-delà. »

Ces tables sont devenues des rendez-vous réguliers dans la région de Lafayette. On y parle de l’héritage cajun (cadien), mais aussi de sujets variés. Les participants se mélangent volontiers. « Parfois, des gens viennent d’autres tables pour participer à la nôtre », poursuit Patrick Pellerin, qui travaille sur des plates-formes offshore.

Ce Cajun de 38 ans a appris le français avec ses grands-parents qui l’ont élevé. « Ils me parlaient en français, mais moi je répondais souvent en anglais », raconte-t-il. « Il y a huit ans, j’ai décidé de parler beaucoup plus. J’adore cette culture. » Patrick Pellerin joue dans Bonne Chance, un groupe de musique cajun. « Je me suis rendu compte que le français est plus parlé en Louisiane que ce que je croyais ».

Pour Patrick Pellerin, la survie du français est centrale pour l’économie de sa région. « Le français est extrêmement important pour le tourisme », avance-t-il. « Beaucoup de gens viennent ici parce qu’ils sont intrigués et veulent entendre cette langue. Si nous laissons le français mourir, j’ai peur qu’ils ne reviennent plus ».

La moyenne d’âge de la table française de Rayne est plus âgée que celle de plusieurs tables de Lafayette. « C’est un peu triste qu’il n’y ait pas plus de jeunes », admet Patrick Pellerin. « J’entends souvent des gens me dire qu’ils regrettent de ne pas avoir appris le français quand ils étaient plus jeunes. Je leur réponds qu’il n’est pas trop tard ». Patrick Pellerin essaie d’ailleurs d’enseigner le français à son fils de 10 ans. « Il n’a pas encore accroché », conclut-il. « Mais il va sûrement le faire un jour ».

Infos pratiques
Liste des tables françaises
http://www.codofil.org/francais/regularevents.html

Site Internet du groupe Bonne chance:

http://www.lsue.edu/acadgate/music/bonnechance.htm

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