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Le philosophe BHL lance un appel pour une action militaire aérienne en Syrie

L’écrivain-philosophe français Bernard-Henri Lévy, en pointe lors de l’intervention occidentale en Libye en 2011, a lancé mardi un appel à une action militaire aérienne en Syrie, dans une tribune intitulée “Des avions pour Alep” publiée dans le quotidien Le Monde.

“La cause est juste. L’intention est droite. Ce sont les Syriens eux-mêmes qui – paramètre essentiel – appellent à l’aide. Les recours politiques et diplomatiques, les tentatives de médiation, ont tous été épuisés”, a estimé Bernard-Henri Lévy. Défenseur des rebelles libyens en 2011, Bernard-Henri Lévy (BHL) s’inspire de cet exemple pour appeler à une intervention militaire en Syrie.

“Alep aujourd’hui, c’est Benghazi hier. Les crimes qui s’y perpètrent sont ceux dont Kadhafi menaçait la capitale de la Cyrénaïque avant l’intervention. Et nul ne comprendrait que, ce que l’on a fait là pour empêcher un crime annoncé, on refuse de le faire ici, non plus pour l’empêcher, mais pour l’arrêter alors qu’il a déjà commencé”, a-t-il souligné.

“La mauvaise foi, dans ce débat, étant sans limite, beaucoup font semblant de croire qu’il s’agit d’envoyer au casse-pipe, comme en Afghanistan, des bataillons de fantassins. La réalité n’est pas celle-là. C’est celle, d’abord, d’une no fly zone imposée depuis les bases otaniennes d’Izmir et Incirlik, en Turquie, et empêchant les avions de Bachar Al-Assad de mitrailler les femmes et les enfants d’Alep”, a détaillé le philosophe.

“C’est celle, ensuite, d’une no drive zone interdisant, toujours depuis les airs, à ses divisions blindées de se déplacer de ville en ville et d’y semer, elles aussi, la terreur. C’est la proposition qatarie d’instauration de no kill zones, sanctuarisées par des éléments de l’Armée syrienne libre (ASL) équipées en armes défensives”, a-t-il poursuivi. “Et c’est l’idée turque, enfin, de buffer zones, au nord du pays, offrant un refuge aux civils qui fuient les combats. Une gamme échelonnée de mesures faisant entendre au dictateur que le monde ne tolère plus cette boucherie”, a proposé Bernard-Henri Lévy.

“Assad est un tigre de papier. Il est fort de notre faiblesse. Que les amis du peuple syrien montrent leur résolution, qu’ils donnent des signes tangibles de leur capacité à frapper et il préférera l’exil au suicide”, a assuré BHL.

Le philosophe a rappelé que la France occupe pour encore deux semaines la présidence tournante du Conseil de sécurité de l’ONU. “On comprendrait mal, dans ces conditions, que le président de la République, nouvellement élu et jouissant, pour cette raison, d’une autorité morale inentamée, n’utilise pas les ressources que lui offre la situation”, a-t-il écrit. La Syrie est en proie depuis 17 mois à une révolte populaire devenue conflit armé. Les violences y ont fait plus de 21 000 morts, selon une ONG.

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