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Le piratage du Tanit s’achève par un drame: un otage tué, quatre libérés

Le détournement du voilier français “Tanit” par des pirates somaliens s’est achevé par un drame vendredi, un otage étant tué dans une opération de l’armée qui a permis de libérer sains et saufs les quatre autres, dont un enfant.

Deux pirates ont également été tués et les trois autres faits prisonniers, lors de cette opération, annoncée par la présidence de la République en fin d’après-midi.

Dans la soirée, le ministre de la Défense, Hervé Morin, a précisé que l’otage tué était le père de l’enfant et propriétaire du voilier, Florent Lemaçon, touché au cours d’un échange de tirs entre les pirates et les militaires français.

Affirmant ne pas connaitre “pour le moment” l’origine des tirs mortels, M. Morin a expliqué l’opération militaire par l’échec des tentatives de négociations. Il a affirmé qu’il avait été “même” proposé aux pirates une “rançon”, sans en préciser le montant, et d’échanger la mère et son enfant contre un officier. “Toutes ces choses ont été en permanence et constamment refusées”, a-t-il dit.

Le chef d’état-major des armées, le général Jean-Louis Georgelin, a indiqué que l’otage avait été touché à l’intérieur du voilier.

Des commandos de marine sont intervenus lors de cette opération dite de “vive force”, a-t-on appris de source proche du dossier.

Le voilier de 12,5 mètres avait été capturé le 4 avril au large des côtes somaliennes où sévissent de nombreux pirates, avec à son bord le couple de propriétaires et leur enfant de trois ans, partis de Bretagne en juillet, ainsi que deux amis les ayant rejoints.

Jeudi, un bâtiment de la marine nationale – la France en a déployés plusieurs dans cette zone dans le cadre de la lutte internationale contre la piraterie – “a pu prendre contact avec les pirates et a immobilisé le Tanit”, a précisé l’Elysée.

Les négociations étant dans l’impasse et le voilier “dérivant vers la côte, une opération pour libérer les otages a été décidée”, avait précisé l’Elysée.

Après une relative accalmie des attaques depuis le début de l’année dans cette zone, les pirates ont capturé en moins d’une semaine six navires, malgré la présence de navires de guerre internationaux postés au large pour les neutraliser.

Un bâtiment de la marine nationale avait d’ailleurs croisé le Tanit mi-mars, déconseillant fermement aux plaisanciers de poursuivre leur route vers le Kenya et Zanzibar. En vain.

Avant l’attaque, ces derniers avaient écrit sur leur blog: “Le danger existe, et il s’est sans doute accru au fil de ces derniers mois, mais l’océan reste vaste. Les pirates ne doivent pas anéantir notre rêve”.

La France a toujours manifesté sa fermeté face à la piraterie et depuis un an, les commandos français sont intervenus à deux reprises avec succès pour libérer des bateaux français et leurs équipages aux mains de pirates somaliens.

Vendredi, en présentant “ses condoléances attristées”, Nicolas Sarkozy a tenu à “réaffirmer toute la détermination de la France à ne pas céder au chantage et à tenir en échec la piraterie”.

Le 11 avril 2008, les forces spéciales avaient libéré les 30 membres d’équipage du voilier de luxe Le Ponant, capturé une semaine plus tôt, après versement d’une rançon estimée à deux millions de dollars.

Le 15 septembre 2008, des commandos sont à nouveau intervenus pour libérer un couple de Français retenus depuis près deux semaines par des pirates somaliens sur leur voilier, le Carré d’As. Un pirate avait été tué.

Douze pirates capturés lors de ces opérations sont détenus en France.

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