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Le plan de Genève de transition sur la Syrie

Lakhdar Brahimi a appelé jeudi à former un gouvernement de transition doté des pleins pouvoirs en Syrie, en proie à un conflit meurtrier depuis 21 mois, sans toutefois se prononcer sur le sort de Bachar al-Assad, reprenant ainsi les principaux points de l’accord de Genève.

Pour l’émissaire international, ce plan adopté le 30 juin à Genève par le Groupe d’action sur la Syrie contient “suffisamment d’éléments pour négocier une sortie de crise au cours des prochains mois”. Evoqué par les différentes parties, il y subsiste encore de nombreuses zones d’ombre. Damas l’a salué, réclamant toutefois des éclaircissements sur plusieurs points. Ainsi, il ne se prononce pas sur le sort du président Bachar al-Assad, dont le départ est une condition sine qua non posée par l’opposition pour tout “dialogue national” auquel invite l’accord de Genève.

De fait, les membres du Groupe divergent sur son interprétation, Washington estimant qu’il ouvre la voie à l’ère “post-Assad”, tandis que Moscou et Pékin affirment qu’il revient aux Syriens de déterminer leur avenir. Reprenant la proposition faite à Genève d’un gouvernement de transition doté des pleins pouvoirs exécutifs, M. Brahimi a réclamé un changement “réel” en Syrie, évoquant même un possible changement de système politique, jugeant possible l’abandon du régime présidentiel au profit d’un système parlementaire.

L’accord de Genève prévoit que ce cabinet de transition, qui pourrait inclure des membres du gouvernement actuel et de l’opposition sur la base du consentement mutuel, nomme, à la demande de l’émissaire, un interlocuteur effectif pour travailler sur le plan de transition, auquel les femmes devront pleinement être associées. A partir de là, selon l’accord de Genève, une révision constitutionnelle pourrait être lancée et son résultat devra être soumis à l’approbation populaire avant de préparer des élections libres et ouvertes à tous les partis.

L’accord appelle à mettre un terme à l’effusion de sang, à permettre l’acheminement de l’aide humanitaire vers les régions les plus touchées, à libérer les prisonniers et à rétablir le service public. L’accord prévoit encore que les victimes du conflit devront pouvoir obtenir réparation devant la justice et que toutes les institutions gouvernementales devront respecter les droits de l’Homme.

Le Groupe d’action sur la Syrie rassemble les cinq membres permanents du Conseil de sécurité -Etats-Unis, Chine, Russie, France et Grande-Bretagne-, des pays représentant la Ligue arabe, la Turquie et les secrétaires généraux de la Ligue Arabe et de l’ONU ainsi que l’Union européenne. Ce Groupe s’est engagé à soutenir tout accord conclu en Syrie, via une assistance internationale sous mandat de l’ONU et des moyens financiers significatifs pour la reconstruction.

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