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Le premier ambassadeur américain en 22 ans attendu en Birmanie

Le premier ambassadeur américain en Birmanie depuis 22 ans devait se présenter mercredi dans la capitale Naypyidaw, une récompense pour les profondes réformes menées par le nouveau régime alors que la question de la levée des sanctions américaines se pose désormais ouvertement.

Derek Mitchell, spécialiste réputé de l’Asie, prend ses fonctions après que le régime dit “civil” du président Thein Sein, au pouvoir depuis mars 2011, a multiplié les réformes et permis l’élection comme députée de la chef de file de l’opposition, Aung San Suu Kyi. Le diplomate devait présenter ses lettres de créances au président en début d’après-midi, a indiqué à l’AFP un responsable birman, confirmant un communiqué de l’ambassade américaine à Rangoun.

“Non seulement il s’intéresse à la Birmanie mais il en sait beaucoup sur ce pays, donc c’est une bonne nouvelle”, a déclaré pour sa part Suu Kyi à l’AFP. Les Etats-Unis avaient retiré leur ambassadeur en 1990, après les élections remportées par l’opposition, dont la junte avait refusé de reconnaître les résultats, et la violente répression des manifestations étudiantes qui avait fait des milliers de morts deux ans auparavant. Ils veulent désormais assister le pays dans ses réformes et suivre de près un processus dont Mitchell, qui était auparavant émissaire spécial des Etats-Unis pour la Birmanie, indiquait lui-même récemment qu’il n’était “pas irréversible”.

La chef de la diplomatie américaine Hillary Clinton avait promis en janvier de respecter la promesse faite fin 2011, lors d’une visite historique en Birmanie, de répondre à “chaque action (des autorités birmanes) par une action” de même niveau. Naypyidaw venait alors de libérer des prisonniers politiques de premier plan, une amnistie considérée comme une preuve de la sincérité du processus politique. Le dossier désormais brûlant tourne autour des sanctions américaines. Elles n’ont été pour l’instant que légèrement allégées, et leur levée pure et simple sera très compliquée d’un point de vue légal et législatif. Mais au moins le sujet est-il ouvertement évoqué.

A Siem Reap, au Cambodge, où elle rencontrera samedi des hommes d’affaires américains, la secrétaire d’Etat présentera les grandes lignes du “processus d’allègement des sanctions”, a indiqué un haut responsable américain, précisant que le sujet serait débattu “avec la communauté d’affaires américaine (…), intéressée par la perspective de participer à l’ouverture économique”. Deux ministres américains iront par ailleurs mi-juillet évoquer “la promotion d’un engagement (américain) en matière économique et commerciale”, selon le département d’Etat.

Les sanctions interdisent actuellement les investissements américains en Birmanie ainsi que les exportations de services financiers. Mais le pays est aujourd’hui considéré comme une nouvelle frontière, avec un immense potentiel touristique et d’importantes ressources naturelles, y compris des hydrocarbures. Les relations entre les deux pays n’ont en tout cas plus rien à voir avec l’époque où Naypyidaw était aux mains de la junte du généralissime Than Shwe, désormais à la retraite.

“Il y a un an, nous n’avions quasiment aucun contact avec ce pays, quasiment aucune interaction. Et maintenant nous travaillons avec eux dans de nombreux domaines”, s’est réjouit le haut responsable américain. D’ici la fin de semaine, Hillary Clinton passera trois jours au Cambodge dans le cadre d’une réunion régionale sur la sécurité avec les pays asiatiques. Thein Sein sera aussi dans le pays, selon une source officielle birmane, mais une éventuelle rencontre bilatérale n’a pas été confirmée.

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