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Le procès Vivendi à New York entre dans sa phase finale

Le procès intenté aux Etats-Unis au groupe Vivendi Universal et à son ex-PDG Jean-Marie Messier est entré dans sa phase finale mardi à New York avec les plaidoiries des avocats, mais le verdict ne sera connu que dans quelques jours.

Ce procès public en action collective devant une cour fédérale, rare dans les annales judiciaires américaines, est intenté par les actionnaires du groupe –dont 60% de Français–, qui l’accusent de les avoir ruinés avec une communication financière trompeuse entre 2000 et 2002. Il s’est ouvert début octobre à Manhattan.

Vivendi Universal –VU à l’époque, aujourd’hui Vivendi– poursuivait alors une expansion ambitieuse, devenait un des plus gros groupes de médias au monde et affichait des chiffres florissants alors que la société était surendettée et au bord du gouffre.

M. Messier avait dû quitter la présidence de VU en juillet 2002, après que l’entreprise eut perdu 13,6 milliards d’euros sur l’année précédente. Jean-Marie Fourtou, qui assure aujourd’hui la présidence du conseil de surveillance du groupe, a déclaré à New York qu’il n’avait jamais décelé les irrégularités comptables alléguées par les actionnaires.

Présent dans la salle, Jean-Marie Messier qui a déjà témoigné en novembre, ne devait plus intervenir à ce stade réservé aux avocats de la défense mardi et mercredi, puis à ceux des plaignants jeudi.

La défense s’emploie à démontrer que si des erreurs ont été commises, il n’y a pas eu “fraude” et que la chute des cours de l’action VU entre 2000 et 2002 s’inscrit dans une conjoncture touchée par les attentats du 11 septembre 2001 et l’éclatement de la bulle internet.

“Nous avions averti les actionnaires des risques encourus lors de l’acquisition (par VU) de Seagram et Canal+. Risquer n’est pas commettre une faute, parfois les cours montent, parfois ils descendent”, a déclaré à la barre un des avocats américains du groupe, James Quinn.

“Nous l’avons dit clairement, publié dans nos communiqués sur notre site, notre décision d’acquisitions était stratégique et nous n’avons pas caché les risques”, a-t-il poursuivi, citant plusieurs journaux économiques, dont Fortune et Business Week, qui mettaient l’accent dès l’an 2000 sur le niveau d’endettement dangereux de la société.

Et les agences de notation financière Moody’s et Standard and Poor’s avaient dégradé VU avant la débâcle de juillet 2002, qualifiant l’entreprise de “valeur spéculative”.

Après les plaidoiries, le juge fédéral Richard Holwell fera ses recommandations aux jurés qui doivent décider s’il y a eu “faute” ou non, et s’il y a lieu de dédommager les centaines de milliers de victimes.

De son côté, Vivendi a assigné à Paris devant le Tribunal de grande instance les actionnaires français s’étant associés aux poursuites, demandant au juge d’ordonner aux plaignants de se désister de l’action collective intentée aux Etats-Unis. La décision du juge français sera connue le 13 janvier, a indiqué à l’AFP mardi l’avocat français de Vivendi, Me Hervé Pisani.

Vivendi court le risque de devoir verser plusieurs milliards de dollars au terme du procès américain, et le montant des indemnités serait considérablement réduit si les investisseurs français étaient exclus de la procédure.

A New York, le jugement ne sera pas connu avant la mi-janvier, et il y aura de toute façon appel de Vivendi si les jurés devaient prononcer un verdict de culpabilité, et un appel des plaignants dans le cas contraire, ont indiqué des experts.

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