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Le processus de création de Matisse exposé à New York

Jusqu’au 17 mars 2013, l’exposition “Matisse, in search of true painting”, au Metropolitan Museum de New York, revient sur les techniques de peinture de l’artiste français.

Depuis mardi, le Met expose une cinquantaine de toiles d’Henri Matisse, par séries. Il y a les deux marins, les trois Laurette, les multiples “grande robe bleue”, le duo de poissons rouges au bord de la fenêtre, Le Luxe I et II, etc. “Tout au long de sa carrière, il remettait en question son travail, le jaugeait, repeignait”, explique la conservatrice du musée, Rebecca Rabinow. Si ce procédé est courant chez les artistes, c’est son rapport méthodique à cette pratique qui distingue Matisse : “le processus de création n’est pas seulement un moyen d’arriver à ses fins mais une dimension à part entière de son art, aussi importante que la toile achevée”, note la coordinatrice de l’exposition.

Impressionniste, divisionniste, fauviste, moderniste, le peintre qui a été exposé pour la première fois en solo à Paris en 1904 varie les techniques et revendique les influences de ses contemporains : Paul Cézanne et Paul Signac. A tel point que les critiques au début du siècle lui reprochent de ne pas développer son propre style. Pourtant cette exposition dévoile à quel point chaque œuvre est réfléchie et personnelle. “Pourquoi devrais-je peindre le contour d’une pomme avec exactitude ? Quel intérêt y aurait-il à imiter précisément un objet que la nature nous offre déjà en quantité infinie ?”, s’interroge Matisse dans un entretien donné en 1936 et cité au Met.

Tout en recherchant le vrai – d’où le titre de l’exposition – le Français originaire du Nord-Pas de Calais ne poursuit pas le réalisme. L’exposition du Met met en lumière une quasi schizophrénie de l’artiste qui, devant un même objet, rend deux, voire plusieurs toiles, qui n’ont rien à voir entre elles. “Je ne m’en lasse jamais, c’est toujours nouveau pour moi”, explique-t-il à propos de la cathédrale Notre-Dame, qu’il voit par la fenêtre de son studio quai Saint Michel à Paris et à laquelle il a dédié une série. Ainsi, cette collection, qui fait l’impasse sur les collages, est aussi une invitation au voyage. A l’intérieur de quelques salles du coeur de Manhattan, le spectateur est transporté d’Etretat à Collioure, de Nice à Tanger.

Matisse : In Search of True Painting, du 4 décembre au 17 mars 2013 au Metropolitan Museum of Art.

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