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Le retour de Nicolas Sarkozy l’Américain

Dans une allocution à l’université de Columbia à New York, le président de la République a souligné les liens qui unissent l’Europe et les États-Unis, tout en appelant les Américains à être ouverts au dialogue.

Le geste est symbolique. Au moment d’entamer son discours lundi matin à l’université de Columbia, Nicolas Sarkozy a rendu à l’officier français le texte de l’allocution que ce dernier venait de déposer sur son pupitre. « La première règle, ce n’est pas de lire un discours », a lancé le président de la République aux étudiants qui étaient réunis dans la bibliothèque de l’université de Columbia. « Car les discours tuent la créativité ».

À la veille de sa rencontre avec Barack Obama à la Maison Blanche et du dîner privé, Nicolas Sarkozy a revêtu son plus beau « costume américain ». Il a rappelé aux Américains l’importance de la relation entre l’Europe et les États-Unis. « En Europe, on est vos amis, on vous admire », a-t-il déclaré. « Mais on Europe, on veut qu’on nous écoute. » Le président de la République a rappelé que les États-Unis étaient la première puissance mondiale, mais que « seule, l’Amérique ne pourrait pas imposer ses idées. »

Le président de la République a placé la crise économique au cœur de son message. « Demain, je verrai le président Obama », a-t-il dit. « Nous allons parler d’une chose : comment peut-on faire ensemble pour que ce qu’on a vécu il y a 18 mois ne se reproduise plus ? » Nicolas Sarkozy s’est prononcé en faveur de la mise en place de nouvelles règles pour lutter contre la spéculation. Il a sévèrement critiqué la décision du gouvernement Bush en 2008 de laisser tomber la banque Lehman Brothers, et a appelé à la création d’un nouvel ordre monétaire.

Sur le plan politique, Nicolas Sarkozy a affirmé avoir voulu que la France revienne totalement dans l’OTAN pour avoir un dialogue « complet » avec les États-Unis. Une déclaration qui n’est pas anodine alors qu’il s’apprête à rencontrer demain Barack Obama. Plusieurs frottements entre les deux hommes ont eu lieu ces derniers mois. Au moment des commémorations du Débarquement, en juin 2009, le président américain n’avait pas accepté une invitation à l’Élysée. Une décision qui avait irrité Nicolas Sarkozy.

En février dernier, Barack Obama a également décidé de ne pas se rendre au sommet annuel entre l’Europe et les États-Unis. Il y a quelques jours, Jermaine Jones, le conseiller de Barack Obama pour la Sécurité nationale, s’est efforcé de dépeindre une autre image de la relation entre Nicolas Sarkozy et Barack Obama, qualifiant le président de la République d’ « allié sur lequel on peut compter. »

À Columbia, Nicolas Sarkozy a félicité Barack Obama pour le passage de la réforme de l’assurance maladie, rappelant au passage que la France avait réglé cette question il y a plus de 50 ans. « Vu d’Europe, quand on voit ce débat, on a du mal à y croire », a dit Nicolas Sarkozy à propos des tensions autour de la réforme de la santé aux États-Unis. « L’État ne peut pas se désolidariser de ceux qui n’ont pas les moyens. Si vous venez en France et que vous vous blessez sur le trottoir, on ne vous demandera pas votre carte de crédit à l’hôpital. Si vous n’avez pas les moyens, on ne vous laissera pas dans la rue. (…) Bienvenue dans le club des gens qui ne laissent pas tomber les gens malades ! », a encore lancé le président de la République.

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