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Le rêve américain des héritiers de l’industrie française

Pour les fils de grands patrons français, partir à la conquête du marché américain est devenu incontournable. Qui est la nouvelle jeunesse de l’industrie française ? Portraits.

Les grands pontes Arnaud Lagardère et le défunt Édouard Michelin ont un point commun : un passage décisif par les États-Unis. Ces deux jeunes loups ont eu du flair : ils ont fait leurs preuves dans les filiales américaines de l’entreprise familiale, avant de prendre ensuite la tête de la maison-mère dans l’Hexagone. Une « success story » à l’américaine.

Fils du géant de la presse Jean-Luc Lagardère, Arnaud Lagardère s’est installé à New York dans les années 1990. Il y a mis la main sur plusieurs titres de presse magazine – Elle, ElleGirl, Car and Driver, American Photo, Cycle World – et investi dans leurs sites Internet.

 

La trajectoire florissante d’Édouard Michelin, disparu en 2006 à 42 ans dans un accident de bateau, est également marquée par un séjour formateur au siège américain de l’entreprise, à Greenville en Caroline du Sud. Il a tout juste 29 ans. Lorsque le descendant de François Michelin devient PDG en 1999 du groupe Michelin, les observateurs de l’industrie voient dans l’orientation qu’il donne à l’entreprise une influence américaine. Il met en pratique ce qu’il a observé aux Etats-Unis : l’art de bien communiquer. Converti à la transparence et à la convivialité américaine, le magnat de l’empire du pneu ouvre ses usines aux journalistes, accueille les analystes de Wall Street à Clermont-Ferrand et s’entretient régulièrement avec ses investisseurs.

Les dynasties Michelin et Lagardère ont quitté leurs avant-postes d’outre-Atlantique. Mais la saga familiale continue et une nouvelle génération de jeunes patrons français aux dents longues les ont remplacés, certains d’y trouver la recette du succès. Les sociétés les plus prestigieuses dépêchent ainsi leurs jeunes entrepreneurs pour se frotter aux réalités du marché américain et à d’agressives stratégies de marketing. Antonin Roche, du groupe d’ameublement Roche-Bobois, Antoine Roset, de la société Ligne Roset, et Olivier Cassegrain, de la marque de maroquinerie Longchamp, peaufinent eux aussi aujourd’hui leur talent aux États-Unis. L’ouverture de filiales sur le sol américain, gérées par ces nouveaux héritiers, est devenue une priorité pour ces entreprises.

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