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Le second souffle de Vincent Pérez

C’est le cœur léger que Vincent Pérez porte sur ses épaules Demain dès l’aube, un film qui l’a réconcilié avec le cinéma et qu’il aime accompagner, depuis sa projection à Cannes en mai dernier, auprès du public. Il sera à Manhattan le 4 décembre, en compagnie du réalisateur Denis Dercourt, pour le présenter en première américaine, lors de la soirée de gala du festival In French with English Subtitles.
Les bénéfices de l’événement seront versés à L’Entraide Française, une organisation à but non lucratif qui porte assistance aux expatriés en difficulté.

Pendant six mois Vincent Pérez s’est assis au piano pour travailler, avec des répétiteurs, les quatre pièces qu’il devait maîtriser pour Demain dès l’aube. Donner l’illusion, c’est son métier depuis longtemps, mais puisqu’il n’est pas musicien, cette illusion-là a demandé une sacrée discipline, à laquelle il avoue s’être pourtant plié de bonne grâce. D’autant que l’acteur âgé de 45 ans a reçu ce rôle comme un cadeau, à un moment où sa carrière au cinéma semblait tourner au ralenti. « J’attendais un rôle comme celui-là, en France, depuis longtemps, admet-il. Il marque un étape dans ma vie. Je n’avais jamais été confronté à un personnage avec une telle maturité, véhiculant cette force intérieure. »
Et il fallait sans doute la promesse d’un film qui compte dans sa carrière pour que Vincent Pérez enfile pour la énième fois un costume d’époque – de hussard en l’occurrence -, et se remette à l’escrime, des années après
Cyrano de Bergerac, Le Bossu, Fanfan la Tulipe, ces classiques du genre, auxquels il est si souvent identifié.

Dans Demain dès l’aube, il interprète Mathieu, un pianiste professionnel en proie à une crise existentielle, entraîné par son jeune frère (Jérémie Rénier) dans le monde presque irréel des reconstitutions historiques où, au XXIe siècle, les officiers de l’armée napoléonienne se battent en duel entre deux bivouacs.

Comme toujours avec Denis Dercourt, dont La tourneuse de page et sa belle mécanique avaient conquis la critique et le public en 2007, la musique tient une place à part entière dans le déroulement de l’intrigue.
« C’est un metteur en scène pour qui j’ai beaucoup d’admiration, explique Vincent Pérez. Son scénario s’organise un peu comme une partition de musique où chaque note à sa place. Cela me plaît car j’aime le travail précis. » Il évoque avec chaleur sa relation avec Denis Dercourt, devenu plus qu’ un frère d’armes, un alter ego, dont il partage la sensibilité et avec qui « il s’est vraiment passé quelque chose ».

Après Demain dès l’aube, présenté au festival de Cannes en mai dernier, l’acteur suisse installé à Paris, a enchaîné les tournages à l’étranger, aux États-Unis, en Espagne – « pour Bruc de Daniel Benmayor, j’ai adoré » -, en Italie et en Russie où, note-t-il amusé, il a un public fidèle. « Fanfan la Tulipe fut un gros succès là-bas. » En Chine, c’est l’autre Fanfan, celui d’Alexandre Jardin, qui est devenu l’objet d’un culte, lui et Sophie Marceau incarnant le couple parfait. « C’est rigolo, s’amuse-t-il, ce sont quand même des vieilleries… »
Des vieilleries qui lui collent parfois à la peau et d’autres qui n’ont pas pris une ride – comme Ceux qui m’aiment prendront le train, de Patrice Chéreau sorti en 1998 – mais qui le tiennent éloigné des planches depuis plus de vingt ans.
« C’est vrai que je me suis construit au théâtre, soupire-t-il faisant référence à son expérience au Théâtre des Amandiers dirigé par Patrice Chéreau… Mais avec mon travail comme acteur ou réalisateur je n’en ressentais plus la nécessité… Je me sentais un peu comme un traître quand même… En fait, poursuit-il, ça commence à me manquer sérieusement… »

Ce n’est pourtant pas avec un auteur classique mais sûrement avec une pièce de sa femme, l’actrice et scénariste Karine Silla, dont il admire l’écriture, qu’il pense remonter sur scène… Mais pas avant qu’elle ne boucle le tournage de son premier film intitulé Et si on refaisait le monde. Après la période difficile dont l’aventure de Demain dès l’aube a marqué la fin, Vincent Pérez énumère avec jubilation ses projets, qu’il décline au futur plus ou moins proche. Il a, ajoute-t-il, acquis les droits de Alone in Berlin, un livre de Hans Fallada publié en 1947 qui raconte les actes de courage ou de violence d’Allemands ordinaires pendant la Seconde Guerre mondiale. Il devrait en faire le sujet de son troisième long-métrage comme réalisateur, après le touchant Peau d’Ange en 2002 puis, en 2007, Si j’étais toi, une commande de Luc Besson passée inaperçue…
Il présentera aussi fin janvier au festival d’Angoulême le troisième volet d’une bande dessinée,
La Forêt (Casterman), sortie en septembre et dont il a écrit le scénario : « Je fais plein de choses, s’excuse-t-il presque. Mais au bout du compte tous les gens que j’aime et que j’admire sont des touche-à-tout. »

Infos pratiques

In French with English Subtitles
Du 4 au 6 décembre
Fiaf – Florence Gould Hall
55 East 59th Street, New York

Vendredi 4 décembre à 19 h 30
Soirée de gala
Demain dès l’aube (Tomorrow at Dawn) projection suivie d’un Q&A avec Denis Dercourt et Vincent Pérez.

Programme complet et réservations : www.infrenchwithenglishsubtitles.org

www.fiaf.org
www.entraidefrancaisenyc.org



DEMAIN DES L’AUBE – Bande-annonce
Uploaded by diaphana. – Watch feature films and entire TV shows.

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