Subscribe

Le Sénat américain en passe de valider le compromis fiscal d’Obama

Le compromis conclu entre le président américain Barack Obama et ses adversaires républicains pour reconduire les cadeaux fiscaux de l’ère Bush devait être approuvé sans difficulté mercredi au Sénat, en attendant un débat plus vigoureux côté Chambre.

Mercredi, le président Obama, qui a fait de l’adoption de ce compromis l’une de ses grandes priorités après la défaite cinglante de son camp aux élections législatives du 2 novembre, a insisté sur l’urgence de la situation. “Nous ne pouvons pas nous permettre de laisser tomber”, a dit le président, avant d’ajouter: “J’encourage les membres du Congrès à agir pour adopter ces allégements fiscaux aussi vite que possible”. Le texte prolonge pour deux ans, pour tous les Américains, les allégements fiscaux adoptés sous George W. Bush et qui arrivent à expiration au 31 décembre. Initialement, les démocrates ne voulaient prolonger que ceux des classes moyennes, soit les ménages gagnant moins de 250.000 dollars par an.

En échange de la prolongation des allégements fiscaux pour les plus riches, les démocrates ont obtenu une prolongation des allocations de chômage sur 13 mois. “Nous allons terminer ce projet de loi fiscal dans les deux heures qui suivent”, a dit le chef de la majorité démocrate Harry Reid mercredi matin à l’ouverture de la séance. “Que l’on soit d’accord ou non avec le contenu de ce texte (…) deux partis divisés idéologiquement se sont mis d’accord sur une question essentielle pour les Américains”, a dit M. Reid en précisant qu’après le Sénat, la Chambre des représentants examinera rapidement le texte. Les sénateurs ont déjà approuvé lundi par 83 voix contre 15 l’ouverture des débats sur le texte, avec le soutien massif des républicains.

Au total, le compromis obtenu par le président coûtera près de 858 milliards de dollars sur 10 ans, selon le bureau du Budget du Congrès (CBO). L’adoption probable du texte au Sénat mercredi devrait rajouter une pression supplémentaire à la Chambre où les démocrates ont exprimé de fortes réserves ces derniers jours. Mardi, le chef de la majorité démocrate de la Chambre, Steny Hoyer, a souligné “l’urgence” d’adopter un compromis. Mais ce dernier a rappelé que les membres démocrates les plus à gauche envisageaient une remise en cause de certains points. Ils critiquent notamment un impôt sur la succession jugé trop généreux pour les hauts salaires. En outre, plusieurs élus de l’aile droite du parti républicain de la Chambre se sont également déclarés contre le compromis. Mais de son côté, le chef de la minorité républicaine du Sénat, Mitch McConnell, a prévenu mardi que les républicains n’accepteraient pas de gros changements à l’accord conclu avec le président. “Cet accord ne peut être revu. En d’autres mots nous nous sommes entendus”, a dit M. McConnell devant la presse.

Si la Chambre apporte des modifications conséquentes au texte de l’accord, celui-ci devra retourner au Sénat, où son adoption serait alors plus difficile. Le Sénat se débat actuellement avec un programme législatif chargé comprenant notamment un gigantesque projet de loi de finance du gouvernement fédéral pour 2011 de plus de 1.100 milliards de dollars et la ratification du traité de désarmement nucléaire START avec la Russie. Selon un sondage Gallup mardi, la plupart des Américains sont favorables à la reconduction d’une grande partie des allégements fiscaux de Bush. Mais ils sont divisés entre ceux qui veulent une reconduction pour tous (40%) et ceux qui veulent des limitations pour les plus riches (44%).

Related