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Le sommet de Copenhague sur le climat joue les prolongations

Les chefs d’Etat de la planète tentaient désespérément vendredi de conclure les négociations de Copenhague sur le réchauffement climatique, après que l’heure prévue pour la clôture officielle du sommet eut été dépassée sans perspective d’accord.

Les discussions se poursuivaient après 18h00 locales, horaire initialement prévu pour la cérémonie de clôture, mais l’incertitude restait totale et la tension palpable. Lueur d’espoir: le président américain Barack Obama rencontrait alors pour la deuxième fois de la journée le Premier ministre chinois Wen Jiabao sur les sujets qui opposent toujours les deux premières puissances mondiales après douze jours de travaux: les garanties de vérification des engagements, le financement de la lutte contre le réchauffement et le niveau des émissions.

Selon le président français Nicolas Sarkozy, les négociations sont “dures”. “On ne veut pas d’un accord médiocre”, a-t-il déclaré. Une nouvelle version du projet de déclaration politique que doivent adopter les dirigeants leur a été soumise en fin d’après-midi, comportant un objectif mondial de réduction de 50% des émissions mondiales de gaz à effet de serre à horizon 2050.

Mais la Chine et les autres grands émergents refusent obstinément depuis six mois d’y souscrire tant que les pays industrialisés ne réhausseront pas leurs ambitions pour leurs propres réductions d’émissions d’ici 2020.

“Aucun pays ne pourra obtenir tout ce qu’il souhaite”, avait prévenu à la tribune Barack Obama devant plus de 120 chefs d’Etat et de gouvernement présents – tout en campant sur les positions américaines. “La question est de savoir si nous avançons ensemble ou si nous nous déchirons, si nous préférons les postures à l’action”, avait-il dit.

Le Premier ministre indien Manmohan Singh a de son côté appelé à prolonger les négociations en 2010 pour parvenir à “un accord réellement global et une réponse authentiquement solidaire au changement climatique”.

A l’inverse, le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva est apparu désespéré après les premières réunions, se déclarant prêt à “faire un sacrifice” pour aider financièrement les pays les plus vulnérables et permettre un accord.

Une proposition, a-t-il insisté, qu’il n’avait encore jamais partagée “ni avec (son) peuple, ni avec (son) parlement” et qui fait bouger les lignes de partage traditionnelles entre pays industrialisés, responsables “historiques” du CO2 accumulé dans l’atmosphère, et pays en développement.

Pour Emmanuel Guérin, de l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri), le risque d’une “déclaration politique molle” était réel.

“Wen Jiabao a fait une petite ouverture sur la question des vérifications, Lula a fait preuve d’un volontarisme politique en énorme sur le financement, Obama n’a pas bougé d’un iota et Singh a fermé le bal en disant que cela se jouerait en 2010”, résumait-il vendredi après-midi.

Les discussions tournent depuis plus de 24 heures autour du projet de déclaration politique des leaders qui pourra servir de “chapeau” à un éventuel accord. Les différentes versions qui se succèdent visent toujours à limiter le réchauffement planétaire à 2°C maximum par rapport aux niveaux pré-industriels.

Une aide financière immédiate de 30 milliards de dollars sur trois ans (2010-2012) serait apportée aux pays les plus vulnérables et le package atteindrait progressivement 100 milliards de dollars par an d’ici 2020.

Aucun objectif chiffré de réduction des émissions polluantes n’est consigné à ce stade. Mais l’addition des promesses faites à ce jour par les différents pays conduirait à une hausse de la température moyenne de la planète de 3 degrés, bien au-delà de l’objectif souhaité des 2 degrés, selon une note confidentielle des Nations unies dont l’AFP a obtenu une copie.

Le président russe Dmitri Medvedev a évoqué un chemin encore “long et difficile” avant un accord.

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