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Le souffle festif de l’harmoniciste Yvonnick Prené

France-Amérique a rencontré Yvonnick Prené, jeune harmoniciste français qui vit à Brooklyn, à l’occasion de la sortie prochaine de son album Jour de Fête.

Yvonnick Prené a commencé la musique un peu par hasard. A l’âge de 7 ans, il s’ennuie dans l’appartement familial de Massy (Essonne). Cherchant à occuper ses temps libres, il tombe un jour sur un harmonica en plastique. Hormis son grand-père trompettiste dans la fanfare de la gendarmerie, la famille ne compte pas de musicien. Son père, amateur de jazz, l’emmène un soir à un concert de Jean-Jacques Milteau. Le garçon est impressionné, il commence seul la pratique de l’harmonica diatonique, emportant son instrument fétiche partout.

A Paris, il prend des cours avec Greg Szlapczynski dans l’école “Le Souffle du Blues”. Il débute aussi les cours de guitare au conservatoire à 12 ans. Il passe son bac littéraire et continue d’écouter ses idoles, Charlie Parker en tête. L’album Central Park Nord d’Olivier Ker Ourio est une révélation. Yvonnick Prené passe alors à l’harmonica chromatique, “plus propre et plus facile pour le jazz. Stevie Wonder joue avec cet instrument”. Il se voit sur scène, la pièce métallique blottie entre les mains, jouant avec précision une musique énergique, avec un phrasé proche du saxophone.

Le jeune musicien nourrit une fascination pour les Etats-Unis, il veut “sortir de la banlieue, aller aux sources du jazz, apprendre avec les maîtres de cette musique”. Prené cherche une école de musique à New York mais devant les frais de scolarité très élevés, il opte pour une stratégie différente : s’il part pour le Nouveau Monde, ce sera dans le cadre d’un programme d’échange d’une université française. En attendant, il fait la rencontre du jazzman Laurent Cugny et joue dans son groupe, tout en préparant une licence en Histoire à Paris IV-Sorbonne.

C’est en 2007 qu’il découvre New York, où il suit les classes du City College. “Ce fut un choc culturel, une expérience qui m’a ouvert de nouvelles perspectives musicales”, se rappelle-t-il. Yvonnick Prené doit tout réapprendre, à commencer par l’anglais, et changer sa conception de l’improvisation. Il trouve la formation plus sérieuse qu’en France, où l’”on est très bon au niveau théorique, moins dans la pratique”. Il décide de rester en Amérique et de finir son master de la Sorbonne pour lequel il rédige un mémoire sur le saxophoniste Lee Konitz. Grâce à de multiples bourses, sa formation musicale se poursuit par un semestre à l’université de Columbia et deux années à la New School. Ses talents lui permettent de tourner dans quelques festivals et clubs de jazz de la Grosse Pomme.

Pour financer l’enregistrement de son premier album, il fait appel au crowdfunding (contributions monétaires d’une multitude d’internautes) via le site Kickstarter. Cela lui permet de récolter environ 3 000 dollars, d’enter en studio à l’été 2012 et d’envoyer des copies aux maisons de disque. Le label danois Steeplechase, un de ses favoris, se déclare intéressé. Dans l’une de ses compostions, A Billion Stars, il rend hommage à l’auteur de Fahrenheit 451 et des Chroniques Martiennes, Ray Bradbury. La musicalité des mots de l’Américain “tombe” parfaitement sur le rythme du morceau.

En parallèle de l’organisation d’une tournée prochaine en France et au Japon, le jeune homme de 29 ans donne des cours pour enfants à la Brooklyn Music School. Il vient aussi de lancer sa propre école, la New York Harmonica School. Les cours, ouverts aux débutants, commenceront le 16 février au Sidewalk Café. Au bout d’une dizaine de leçons, le groupe d’apprentis harmonicistes aura le plaisir de se retrouver à son tour sur scène à l’occasion d’un concert.

 

Yvonnick Prené

Jour de Fête

SteepleChase Records

Sortie le 1er mars en France, le 10 mars aux Etats-Unis.

http://www.yvonnickprene.com

http://nyharmonicaschool.com

 

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