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Le soutien des Etats-Unis assure Lagarde à la tête du FMI

La ministre française de l’Economie Christine Lagarde parait assurée, sauf surprise, de prendre la tête du Fonds monétaire international, dont le conseil d’administration se réunit mardi pour examiner les deux candidatures en lice.

Le soutien apporté mardi par les Etats-Unis à la Française a achevé d’enlever tout suspense.

“Le talent exceptionnel et la vaste expérience de Mme Lagarde apporteront une direction incomparable à cette institution, indispensable à un moment critique pour l’économie mondiale”, a dit M. Geithner dans un communiqué, prolongeant la convention tacite selon laquelle depuis 1946 la direction du FMI revient à l’Europe et la présidence de la Banque mondiale aux Etats-Unis.

Si tout se déroule comme prévu, les 24 membres de cette instance devraient faire dès ce mardi leur choix en faveur de Mme Lagarde, 55 ans, opposée au Mexicain Agustin Carstens, 53 ans. Ils comptent parvenir à un accord au plus tard jeudi.

Le FMI, qui avait promis de décider “de façon ouverte”, n’a pas laissé filtrer grand-chose. Interrogée sur l’heure de la réunion de mardi, une porte-parole du FMI a indiqué qu’elle devrait commencer vers 10H00 (Washington DC).

Mais le secrétaire au Trésor américain Timothy Geithner avait laissé entendre lundi que le choix pourrait se faire dès mardi: il espérait que l’affaire soit “rapidement conclue”.

A en croire les dernières indications du conseil d’administration, le nom du directeur général désigné pour un mandat de cinq ans doit être annoncé par un communiqué.

Le conseil d’administration avait décidé en mai de choisir le successeur au Français Dominique Strauss-Kahn “par consensus”, comme il l’a toujours fait. Si ce consensus ne se forme pas, il procédera à un vote.

Mme Lagarde avait gagné lundi un soutien de poids, avec la Chine, et mardi un autre avec la Russie. Cela porte à douze le nombre d’administrateurs en sa faveur, en comptant les sept représentants de l’Union européenne, un Egyptien et un Togolais.

Face à elle, M. Carstens peut se prévaloir de quatre soutiens: son compatriote mexicain, et des administrateurs argentin, australien et canadien.

Un cinquième semble à portée de main, en la personne du Brésilien Paulo Nogueira Batista. “Le Brésil pourrait bien décider de soutenir Carstens”, déclarait-il au Wall Street Journal le 22 juin. Mais trois semaines plus tôt, le quotidien Valor Economico affirmait à l’inverse que Brasilia penchait pour Mme Lagarde.

Le Japon, le pays dont l’administrateur a le plus de droits de vote après les Etats-Unis, a gardé le silence.

Pour la première fois, deux candidats ont fait campagne dans le monde entier. Tous deux se sont attiré des éloges.

Mais par rapport à M. Carstens, “le grand avantage de Christine Lagarde est de représenter une continuité dans la coopération entre le Fonds et la zone euro”, affirme, sous couvert d’anonymat, une source proche du FMI.

Le déroulement de cette succession a beaucoup déçu ceux qui espéraient un changement.

Vendredi, une trentaine d’organisations non gouvernementales ont appelé le Fonds à revoir entièrement sa copie. “La désignation imminente de Christine Lagarde à la tête du FMI a mis à nu l’hypocrisie d’une procédure de sélection qui n’a jamais été ni vraiment juste, ni ouverte, ni fondée sur le mérite”, ont-elles estimé.

La candidature de Mme Lagarde avait été préparée en amont, alors qu’il semblait assuré que M. Strauss-Kahn quitterait son poste pour mener une campagne présidentielle en France, avant son arrestation le 14 mai à New York pour crimes sexuels et sa démission quatre jours plus tard.

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