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Le Tour de Californie, dans la roue du Tour de France

AEG, la société organisatrice du Tour de Californie, qui débute samedi 14 février à Sacramento, a signé l’été dernier un partenariat avec l’ASO, propriétaire du Tour de France. L’épreuve américaine espère ainsi améliorer son standing. Elle profite également d’un coup de projecteur inattendu, avec la participation de Lance Armstrong.

L’Anschutz Entertainment Group (AEG) est un géant dans le secteur du sport et du divertissement. Ce groupe propriétaire de franchises sportives comme l’équipe de football des Los Angeles Galaxy de David Beckham, a aussi développé des salles de spectacle comme l’ O2 à Londres, abritée dans l’impressionant Dôme du millénium. AEG organise également la course des Breakers de San Francisco et depuis 2006 le Tour de Californie, le petit poucet du calendrier cycliste professionnel. « Cette épreuve a un fort potentiel », explique Matthieu van Veen, vice-président de AEG sports Europe. « C’est devenu en quatre ans la plus importante course des États-Unis. Nous avons donc decidé de chercher un partenaire qui nous permettrait de développer la course au niveau international. »

En cyclisme, la référence c’est sans conteste le Tour de France qui, en 2009, en sera à sa 96e édition. Pour passer la vitesse supérieure, les organisateurs de la course américaine, créée en 2006, ont logiquement pris contact avec l’Amaury Sport Organisation (ASO), propriétaire de La Grande Boucle qui draîne environ 15 millions de spectateurs sur les routes – dont 30 % d’étrangers – et est diffusée dans 180 pays. « Avec le Tour de France nous avons des points d’entrée en Asie et en Europe, et nous avons pu en faire profiter notre partenaire qui aura une meilleure visibilité à l’étranger notamment grâce à sa présence sur Eurosport », explique Jérémy Botton, directeur-adjoint du Tour de France.

Jusqu’ici, le Tour de Californie était diffusé uniquement sur Versus, une chaîne câblée qui détient également les droits exclusifs de retransmission du Tour de France aux États-Unis (20, 5 millions de télespectateurs et 23,5 millions de visiteurs sur le site Internet en 2007). « Nous sommes également en train de renégocier un contrat avec NBC pour un résumé hebdomadaire de la course », précise Jérémy Botton.

C’est le savoir-faire et l’expérience de l’ASO en matière d’organisation et de promotion de courses cyclistes que les organisateurs de la jeune épreuve américaine sont allé chercher. En contrepartie, ils offrent un point d’ancrage au Tour de France qui ne connaît pas encore aux États-Unis un engouement à la hauteur de sa réputation.

« La marque Tour de France est très forte », explique Jérémy Botton, qui souligne aussi la différence culturelle entre la France, où le vélo est un sport populaire, et les États-Unis, où ce sport s’adresse aux cadres supérieurs de plus de 40 ans. « L’éclosion de champions américains comme Greg Lemond puis Lance Armstrong n’a pas suffi pour nous implanter », regrette-t-il.

L’ASO a opté pour une stratégie de conquête de marché « locale », moins coûteuse que la mise en place d’un réseau ou l’organisation d’une nouvelle épreuve. « Cette course a attiré l’an dernier 1,6 millions de spectateurs. Pendant neuf jours, le Tour de France pourra toucher ce public, et faire des opérations de promotion », explique Matthieu van Veen, vice-président de AEG sports Europe.

Les responsables d’AEG et de l’ASO ont signé en juin dernier leur accord de partenariat, avant que Lance Armstrong n’annonce son retour à la compétition et sa participation au Tour de Californie avec son équipe Astana. Les organisateurs jouent depuis la carte Armstrong à fond, espérant rassembler deux millions de personnes sur les étapes avec ce coup de pub inespéré. La phrase Armstrong Rides Again est d’ailleurs aussi visible que le logo sur leur site Internet.

Côté français, on préfère ne pas trop communiquer sur ce come-back pour l’instant même s’il est difficile d’ignorer le pouvoir d’attraction sur le public du septuple vainqueur du Tour de France. La bonne nouvelle, c’est que la crise n’a pas affecté la recherche de sponsors pour l’épreuve française. « Tous nos partenaires majeurs ont resigné pour l’édition 2009, se réjouit Jérémy Botton. Et ce malgré les coups de boutoirs qui ont été portés au Tour de France », poursuit-il, faisant référence aux cas de dopage de 2008 et à la dispute de l’ASO avec l’union internationale de cyclisme (UCI).

Les deux courses partagent en tout cas un atout qui pourrait bien aider en ces temps difficiles : ce sont des spectacles gratuits.

 

 

 

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