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Le Tour de France est lancé / Armstrong menacé de poursuites pour dopage

Spartacus, alias Fabian Cancellara, a imposé sa force athlétique dans le prologue du Tour de France, samedi, à Liège en Belgique, où le Suisse a repoussé à 7 secondes le Britannique Bradley Wiggins et Sylvain Chavanel, troisième et premier Français. De son côté, Lance Armstrong pourrait être officiellement poursuivi par l’Agence américaine anti-dopage.

Longtemps meilleur temps, Chavanel a attendu plus d’une heure avant de voir son remarquable “chrono”, à 52,3 km/h de moyenne, être dépassé. Par Wiggins, pour quatre dixièmes de seconde. Puis par Cancellara (photo), le maître incontesté de l’exercice. Les chiffres parlent pour le Bernois de 31 ans, aussi fort que lors de sa première victoire dans le Tour (en 2004). Il a bouclé cette fois les 6,4 kilomètres du parcours liégeois à 53,2 km/h, pratiquement aussi vite qu’en 2004 sur un parcours quasiment identique (6,1 km).

Surpuissant, le champion olympique du contre-la-montre a affolé les compteurs: 8e succès d’étape dans le Tour, 22e maillot jaune, 70e victoire au total. Et cinq fois maillot jaune au soir de la première journée du Tour, record du genre égalé. Malheureux en début de saison à cause d’une chute au Tour des Flandres qui a nécessité une intervention chirurgicale à l’épaule (quadruple fracture de la clavicule droite), le Suisse a répété sa fierté de renouer avec la victoire au plus haut niveau.

A plus forte raison dans une période difficile pour son équipe RadioShack, mise à mal par les difficultés de son manager Johan Bruyneel qui est dans le collimateur de l’agence antidopage américaine (Usada) pour sa longue collaboration avec Lance Armstrong et les tiraillements au sein du groupe. “Cette victoire est encore plus spéciale que les autres”, a d’ailleurs reconnu Cancellara qui est décidé à conserver son maillot jaune pendant quelques jours. Au moins jusqu’au retour en France prévu mardi.

Qu’ont fait les Français ?

La performance de Chavanel, champion de France du contre-la-montre la semaine passée, a sauvé le tableau d’ensemble du cyclisme français qui ne place aucun autre représentant dans les 25 premiers du prologue. Matthieu Ladagnous (29e) et Jérémy Roy (38e), deux coureurs de la FDJ-BigMat, se sont défendus honorablement, toutefois, en ne lâchant qu’une vingtaine de secondes au vainqueur. Tout comme Jean-Christophe Péraud (23 sec) et surtout le débutant Thibaut Pinot (24 sec), peu avantagés par le profil très roulant du parcours.

Le bilan souligne la difficulté rencontrée à rivaliser avec les spécialistes étrangers du contre-la-montre, un phénomène récurrent depuis une dizaine d’années. Hormis pour Chavanel, qui défend les couleurs d’une équipe belge (Omega Pharma). Le sélectionneur Laurent Jalabert, réaliste, en a tiré la conclusion pour les JO de Londres. La priorité pour le choix des quatre sélectionnés ira à la course en ligne d’autant que Chavanel a déclaré être surtout intéressé par les Championnats du monde.

Feu vert pour la procédure contre Lance Armstrong

L’Agence américaine antidopage (USADA) a reçu le feu vert d’un comité d’experts indépendants pour mettre officiellement en accusation le septuple vainqueur du Tour de France Lance Armstrong, accusé de s’être dopé durant l’essentiel de sa carrière. L’USADA a indiqué vendredi par communiqué que le comité formé de trois experts indépendants (“anti-doping review board”) a “unanimement” recommandé la poursuite de la procédure ouverte contre Armstrong et cinq autres collaborateurs, dont son ancien directeur sportif belge Johan Bruyneel – actuellement chez RadioShack – et son ex-préparateur italien Michele Ferrari.

Le dossier Armstrong entre maintenant dans une procédure dite de “jugement”, au terme de laquelle l’Américain pourrait perdre ses titres au Tour de France et être “radié à vie” du monde sportif, au sens du Code mondial antidopage. “Tous les accusés auront l’occasion d’exercer leur droit à une audition publique, où toutes les preuves seront présentées et les témoignages se feront sous serment, et un panel d’arbitres indépendants rendra ensuite un verdict”, a expliqué l’USADA, qui accuse l’Américain de s’être dopé dès 1996 et jusqu’en 2011.

Si les choses se déroulent normalement, Armstrong sera entendu d’ici le 22 novembre par une commission d’arbitrage (en général trois membres), selon l’USADA. Le verdict sera susceptible d’appel devant le Tribunal arbitral du sport (TAS), à Lausanne (Suisse). L’USADA avait ouvert à la mi-juin une procédure contre Armstrong et l’avait présentée comme “la première étape d’une procédure légale qui en compte plusieurs pour violations présumées des règles antidopage en sport”.

Privé de triathlon

Le Texan de 40 ans est accusé par la justice sportive d’avoir eu recours à l’EPO, aux transfusions sanguines, à la testostérone, à la cortisone et à l’hormone de croissance, et d’avoir aussi poussé d’autres coureurs au dopage. Malgré les nombreuses accusations qui ont émaillé sa carrière, notamment émises publiquement par ses anciens coéquipiers Floyd Landis et Tyler Hamilton, des anciens dopés, Armstrong n’a jamais été convaincu de dopage.

A la suite des aveux de Landis, le vainqueur déchu du Tour de France 2006, la justice fédérale américaine avait bien lancé une vaste enquête au printemps 2010, sous la houlette de l’agent Jeff Novitzky, qui avait notamment fait tomber la reine du sprint Marion Jones. Mais l’enquête avait été abandonnée en février. A cause de cette procédure, le Texan, retraité des pelotons, ne peut plus participer à des courses de triathlon, son nouveau sport. Armstrong, qui avait parlé d’accusations “sans fondement” au moment de l’ouverture de la procédure de l’USADA et avait demandé dans une lettre au comité d’experts l’abandon des accusations, n’a pas réagi vendredi.

Quelques heures avant l’annonce de sa mise en accusation formelle, le Texan avait inclus dans un message sur Twitter un lien vers un article expliquant que l’un des trois membres du comité d’experts, Clark Calvin Griffith, était sous le coup d’une accusation d’attentat à la pudeur. “Wow. L’USADA sait bien les choisir”, a commenté Armstrong sur Twitter. “Je refuse de me laisser distraire par les vieilles histoires ridicules de l’USADA. On est en 2012, je vais continuer à diriger Livestrong (sa fondation), élever mes cinq enfants et rester en forme !”, a-t-il ajouté quelques heures plus tard.

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