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Le triomphe de Yolande Moreau et de Séraphine aux César

Séraphine, qui relate le tragique destin d’une femme du peuple un peu illuminée, domestique puis peintre autodidacte, a triomphé vendredi soir aux 34e César, en raflant sept prix dont ceux du meilleur film et de la meilleure actrice, décerné à Yolande Moreau.

« Je voudrais surtout remercier Séraphine, qui est revenue parmi nous. Elle a disparu pendant la crise de 1929, et manifestement celle qui vient d’arriver lui a porté chance. Merci ! » a lancé Martin Provost, le réalisateur de Séraphine. « Merci Martin, c’est un grand bonheur de t’avoir rencontré ! », lui a lancé Yolande Moreau, honorée un peu plus tôt sur la scène du théâtre du Châtelet à Paris.

« On habite dans la même campagne, en Normandie, tu m’as aperçue au Super U (…) Je lance un appel à tous les réalisateurs : le Super U est fermé, mais je vais de temps en temps au Monoprix ! », a plaisanté la comédienne belge qui a remporté son deuxième César de meilleure actrice pour son rôle dans le film de Martin Provost.

Séraphine a aussi été récompensé pour son scénario original, sa musique, sa photo, ses décors et ses costumes. Poignant et sobre, ce film évoque la vie méconnue de Séraphine Louis (1864-1942) qui fut domestique avant d’atteindre une brève notoriété comme peintre primitif et de mourir dans le dénuement, à l’hôpital psychiatrique.

Grâce à un bouche-à-oreilles élogieux, il s’est maintenu en salles depuis le mois d’octobre, engrangeant quelque 500 000 entrées. Grand favori avec dix nominations, Mesrine a remporté deux prix majeurs : pour Jean-François Richet, celui du meilleur réalisateur et pour Vincent Cassel celui du meilleur acteur. « Je n’aurais pas fait le film s’il n’avait pas été là, et j’espère que c’est le début d’une grande collaboration ! » a lancé le cinéaste à son comédien. « Tu m’as laissé m’amuser dans ce rôle », a répliqué Vincent Cassel.

L’original long métrage d’animation Valse avec Bachir de l’Israélien Ari Folman, qui évoque la première guerre au Liban, a reçu le prix du meilleur film étranger. La Palme d’or 2008 Entre les murs de Laurent Cantet, tiré du livre de François Bégaudeau, a remporté le prix de la meilleure adaptation. L’écrivain Philippe Claudel a reçu le César du meilleur premier film pour Il y a longtemps que je t’aime, qui a valu le prix du meilleur second rôle féminin à Elsa Zylberstein.

L’humoriste, acteur, réalisateur Dany Boon a fait irruption sur scène en pantalon jaune en lançant : « C’est mon smoking des César… quand je l’ai acheté ils m’ont dit, c’est pas la peine qu’on vous vende le bas, vous l’aurez jamais, le César ! »

Déçu par l’unique nomination, pour le scénario, de sa comédie aux plus de 20 millions de spectateurs, Bienvenue chez les Ch’tis, il avait pourtant annoncé qu’il serait absent. Son film est reparti bredouille. La cinéaste Agnès Varda a reçu le prix du meilleur documentaire pour son autoportrait empreint de tendresse et d’auto-dérision, Les plages d’Agnès.

Les deux César du meilleur espoir sont allés aux jeunes comédiens du Premier jour du reste de ta vie : Déborah François et Marc-André Grondin. Un hommage a été rendu à Georges Cravenne, le fondateur des César, et aux producteurs Christian Fechner et Claude Berri, disparus ces derniers mois. Venu décerner le César du meilleur film, Sean Penn a été célébré par les jeunes acteurs d’Entre les murs à qui il avait décerné la Palme d’or 2008. « Vous voulez pas être notre président ? Parce que nous on est d’accord pour changer ! » a lancé l’un d’eux.

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