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LeBron James à Miami : la fin du grand ramdam de l’inter-saison NBA

C’était l’été de toutes les convoitises, l’inter-saison la plus attendue de l’histoire de la NBA. Jeudi, LeBron James a mis fin à deux ans de conjectures en rejoignant l’équipe du Miami Heat. Entre temps, tous les principaux joueurs sur le marché ont fait leur choix. Bilan de dix jours de folie.

Son of a beach! Telle était la une des pages sports du New York Post et du New York Daily News vendredi matin. Derrière le jeu de mot douteux se cache une vraie amertume des fans new-yorkais, qui attendaient avec espoir l’arrivée de King James aux Knicks. Au lieu de croquer dans la Grosse Pomme, James a opté pour les palmiers de South Beach et la perspective de former un trio de stars avec Dwyane Wade et Chris Bosh. Rassemblés spontanément hier devant le Madison Square Garden, les supporters new-yorkais ont scandé d’une seule voix quelques injures à l’intention de « l’Élu » juste après l’annonce de sa décision sur ESPN.

Les New York Knicks, absents des phases finales depuis 2001, préparaient l’arrivée de LeBron James depuis deux saisons, économisant le plus d’argent possible pour pouvoir séduire le joueur, au détriment de l’aspect sportif. Ce choix s’est avéré fatal : James a expliqué rejoindre Miami pour être en position de gagner « tout de suite ». Cela n’aurait été le cas ni à New York ni à New Jersey, qui avaient adopté la même stratégie et se retrouvent complètement démunis. De son côté, Cleveland perd son enfant chéri dans un tourbillon d’amertume.

Un choix qui déchaîne les passions

L’annonce du double MVP (meilleur joueur) de la NBA et sa présentation vendredi à Miami en compagnie de Chris Bosh et Dwyane Wade, les deux autres stars du Heat, a déclenché des manifestations d’extrême déception, voire de haine, dans plusieurs villes aux États-Unis. En premier lieu Cleveland, qui espérait garder sa pépite. Des supporters  des Cleveland Cavaliers ont brûlé le maillot de leur ancienne idole, tandis que le propriétaire du club Dan Gilbert publiait une lettre ouverte d’une grande véhémence à l’encontre du « roi autoproclamé ».

LeBron James a été critiqué par certains journalistes pour avoir choisi la facilité. Steve Serby, du New York Post, a fustigé le « manque de courage » de James, l’appelant « The Chicken King » (le roi dégonflé) pour son choix de rejoindre une équipe comptant déjà deux stars, plutôt que de tenter de gagner un titre « seul » sur la grande scène de NY.

Ces reproches et scènes de rage, James les a un peu cherchés en choisissant d’annoncer sa décision en direct sur ESPN. Cette méthode narcissique et peu classieuse vis-à-vis des franchises éconduites a agacé les acteurs du milieu comme les fans. Un choix qui n’a évidemment pas dérangé les supporters du Heat. Aux anges, ces derniers ont laissé éclater leur joie dans les rues de Miami.

Obligation de gagner pour les Three Amigos

La décision de LeBron James peut pourtant se comprendre et se respecter. Le joueur le plus convoité de tous les temps a mis son ego de côté pour rejoindre un de ses meilleurs amis, Dwyane Wade, et se donner une chance de remporter le titre en composant un trio magique, déjà baptisé les Three Amigos, avec Wade et Bosh. Jamais trois stars de ce calibre et en pleine jeunesse n’avaient rejoint la même équipe NBA. Pour pouvoir évoluer sous les mêmes couleurs, les trois compères ont décidé de partager. LeBron James aurait par exemple touché environ 30 millions de dollars de plus en restant à Cleveland. En revanche, il ne payera pas d’impôt sur le revenu à Miami.

En l’espace de deux jours, l’équilibre des forces en NBA a basculé vers la Floride. Une énorme pression va désormais peser sur les épaules de LeBron James et de ses coéquipiers, qui sont presque dans l’obligation de gagner le titre. Mais le Heat n’est pas la seule équipe à s’être renforcée lors de cette inter-saison. De nombreuses transactions restent à venir avant la reprise du championnat en novembre, mais tous les gros poissons sur le marché ont fait leur choix. Quelles équipes ont tiré leur épingle du jeu ?

Le grand gagnant de l’inter-saison : Miami of course !

Au sud de la Floride, on appelle ça une inter-saison réussie ! Reste à monter une équipe, car pour l’heure, le Heat n’a plus beaucoup de marge de manœuvre financière pour entourer son trio de stars. Le très complet Mike Miller a signé aujourd’hui pour cinq ans, mais il manque encore un meneur et surtout des pivots compétitifs pour compléter l’effectif. Le club ne peut désormais offrir que des salaires minimums à des joueurs en quête de gloire.

Ils se sont renforcés : Chicago et New York

Les Chicago Bulls seront un adversaire redoutable pour Miami la saison prochaine à l’Est. En faisant venir l’ailier fort Carlos Boozer pour 80 millions de dollars sur 5 ans, la franchise phare des années 90 devrait poursuivre son retour au premier plan. Boozer composera une raquette terrifiante avec Joakim Noah, tant les deux joueurs semblent complémentaires. À la baguette, Derrick Rose constitue déjà un des tout meilleurs meneurs NBA.

Dire que New York s’est renforcé peut faire sourire, puisque  le club a perdu David Lee, parti pour Golden State, et doit digérer l’immense déception de ne pas avoir recruté LeBron James. Cependant, l’arrivée de l’ancien de Phoenix Amare Stoudemire, qui connaît déjà le système du coach Mike D’Antoni, et de jeunes joueurs prometteurs comme Kelenna Azubuike et Anthony Randolph, permet à New York de sauver un peu la face. D’ailleurs, les Knicks partaient de si loin…

Ils conservent leur star : Atlanta et Dallas

Joe Johnson a été un des premiers gros agents libres à prendre sa décision cet été. Il reste à Atlanta, pour la modique somme de 124 millions de dollars sur 6 ans. Un contrat que de nombreux observateurs jugent excessif. De son côté, Dirk Nowitzki a rempilé dans son club de toujours, les Dallas Mavericks, pour quatre ans et 80 millions. À Atlanta et Dallas, on peut souffler. Mais les deux clubs pourront-ils atteindre la dernière marche avec leur effectif actuel ? On en doute.

Ils restent au top : Los Angeles et Boston

Les deux derniers finalistes seront encore au plus haut niveau l’an prochain. On ne s’y attendait pas forcément pour Boston, dont l’explosion était programmée. Mais les Celtics ont réussi à conserver leurs pièces maîtresses Paul Pierce et Ray Allen, et ont recruté Jermaine O’Neal, qui peut encore rendre de précieux services au poste de pivot. Du côté de Los Angeles, l’effectif déjà impressionnant a été renforcé : le meneur Steve Blake a signé pour 4 ans et 16 millions de dollars. Un remplaçant de luxe pour le vétéran Derek Fisher (pour peu que ce dernier resigne).

Les grands perdants : New Jersey, Cleveland et les Clippers

On va enfin découvrir le vrai niveau de Cleveland sans son homme à tout faire LeBron James. Pas sûr que le propriétaire du club puisse tenir sa promesse, faite hier dans sa lettre, de « gagner un titre avant LeBron James ». De leur côté, les Los Angeles Clippers et surtout les New Jersey Nets avaient tout misé sur la venue de King James. Contrairement à New York, ces clubs ne peuvent se consoler avec aucune grosse signature. Chez les Nets, Jay-Z et le propriétaire russe Mikhail Prokhorov doivent faire la grimace.

Et les Français dans tout ça ?

Ronny Turiaf va jouer à New York l’an prochain ! Inclus dans l’échange avec David Lee, le pivot était malheureux à Golden State. Il va peut-être retrouver des couleurs sous le maillot des Knicks, puisqu’il pourrait jouer titulaire aux côtés de Stoudemire. Des rumeurs de transfert annonçaient également Tony Parker chez les Knicks, mais on ne voit pas trop ce que New York pourrait offrir à San Antonio en échange du Français. Johan Petro, lui, va s’engager pour 3 ans avec New Jersey, tandis que Yakhouba Diawara est toujours à la recherche d’un club. Le jeune Kevin Séraphin, formé à Cholet, va découvrir la NBA avec Washington.

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