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L’écrivain américain John Updike est mort

L’écrivain américain John Updike, mort à l’âge de 76 ans, a consacré la majeure partie d’une oeuvre imposante à la description caustique de la vie des Américains moyens dans les petites villes ou les banlieues de l’Est américain.

Né le 18 mars 1932 en Pennsylvanie (nord-est), John Hover Updike, qui a succombé à un cancer du poumon selon son éditeur new-yorkais, vivait près de Boston (Massachusetts, nord-est), en Nouvelle Angleterre.

Ancien collaborateur au magazine New Yorker, il avait connu la célébrité grâce à “Coeur de lièvre” (“Rabbit Run”, 1960), le premier roman d’une série de cinq aventures de Harry “Rabbit” Angstrom, qui décide de fuir son foyer pour tenter d’échapper à la médiocrité de son existence.

Harry revient chez lui dans “Rabbit rattrapé” (“Rabbit Redux”, 1971), retrouvant la même insatisfaction, mais s’en accommode en devenant riche dans “Rabbit est riche” (“Rabbit is Rich”, 1981) avant d’affronter la mort dans “Rabbit en paix” (“Rabbit at Rest”, 1990).

Ces deux derniers romans ont valu à Updike d’obtenir à deux reprises le prestigieux prix Pulitzer de littérature dans la catégorie fiction, en 1982 et 1991.

“Rabbit” avait refait surface avec la même régularité décennale en 2001 dans “Souvenirs de Rabbit” (“Rabbit Remembered”), une nouvelle publiée dans le recueil “Solos d’amour”.

L’autre alter ego d’Updike, le romancier juif new-yorkais imaginaire Henry Bech, était aussi un personnage récurrent dans son oeuvre, d’abord dans des nouvelles, puis dans trois recueils parus en 1970, 1982 et 1998.

Updike avait même attribué à cet “auteur américain à demi-obscur”, prétexte à de nombreuses mises en abîme et clins d’oeil au monde de l’édition, un Prix Nobel fictif de littérature en 1999.

Le sexe joue un rôle important dans l’oeuvre d’Updike, qui en 1968, avait fait scandale avec “Couples” dans lequel il racontait les échanges sexuels d’une dizaine de couples dans une petite ville imaginaire.

En 1984, son roman “The Witches of Eastwick” (“Les sorcières d’Eastwick”), porté rapidement à l’écran avec notamment Jack Nicholson, Cher et Susan Sarandon, avait suscité de vives critiques des mouvements féministes.

Profondément chrétien, Updike, dans ses entretiens les plus récents, se disait volontiers nostalgique des Etats-Unis de son enfance.

“L’Amérique qui se présente automatiquement à mon imagination est un pays semi-rural où la radio, le téléphone, le cinéma sont des nouveautés (et) où les spectres de la moralité protestante exercent encore une forte influence”, avait expliqué Updike en 2005 à l’hebdomadaire français “Le Nouvel Observateur”.

Mais il avait aussi affirmé que “Rabbit et moi avons tous les deux été agréablement frappés, au cours des cinquante dernières années, par le recul du puritanisme dans le domaine des lois, des moeurs et des modes féminines”.

En 2006, Updike avait à nouveau créé l’événement en publiant “Terrorist”, un roman où il tentait d’entrer dans le cerveau d’Ahmad Ashmawy Mulloy, un jeune américain musulman de 18 ans qui tombe dans les filets d’un imam fondamentaliste.

Mais ce portrait plein d’empathie pour un jeune homme devenu terroriste par dégoût des excès de l’Amérique avait été mal accueilli par la critique, cinq ans après les attentats du 11-Septembre.

Au total, Updike avait écrit près de 60 livres, dont des romans et des recueils de nouvelles, mais aussi de la poésie, du théâtre, des essais et des critiques littéraires.

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