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Législatives 2012 : la candidature de Frédéric Lefebvre ne rallie pas toute la droite d’Amérique du Nord

Malgré l’annonce presque officielle de la nomination de Frédéric Lefebvre comme le candidat de l’UMP en Amérique du Nord pour les élections législatives de 2012, deux membres du parti présidentiel, expatriés aux Etats-Unis, ont décidé de faire campagne sur leur nom, mais dans la droite ligne du programme de Nicolas Sarkozy. Des candidatures qui risquent de disperser les voix pour la droite aux Etats-Unis et au Canada.

Si la commission d’investiture de l’UMP a émis un avis favorable concernant la nomination de Frédéric Lefebvre comme candidat aux prochaines élections législatives de la première circonscription qui regroupe les Etats-Unis et le Canada, la décision doit encore être confirmée par le conseil national, l’instance de validation des décisions du parti majoritaire.

L’actuel secrétaire d’Etat chargé du commerce a été choisi “parce qu’il est le meilleur des candidats”, a expliqué à France-Amérique Jean Simonetti, le secrétaire national de l’UMP chargé des Français de l’étranger.

Un parachutage qui ne ravit pas tout le monde

La course à l’investiture UMP pour cette circonscription avait rassemblé un nombre important d’intéressés, depuis que la candidature de Christine Lagarde a été abandonnée après sa prise de fonction à la tête du Fonds monétaire international, le 5 juillet dernier.

Le suspense aura donc duré tout l’été jusqu’à jeudi dernier, jour de Thanksgiving, où fut annoncé le nom de Frédéric Lefebvre. Si l’information a été médiatisée depuis, beaucoup des anciens prétendants à l’investiture refusent de commenter cette nomination, tant qu’elle n’est pas clairement officielle.

Mais à l’annonce de ce parachutage, les langues se sont déliées chez ceux qui, malgré leur carte à l’UMP, se présenteront à l’élection contre Frédéric Lefebvre.

Parmi ces derniers, Gérard Michon, conseiller élu à l’Assemblé des Français de l’étranger (AFE) déclarait  le 27 novembre dernier, sur sa page de campagne Facebook, maintenir “fermement sa candidature contre celui qui devient le candidat officiel de l’UMP, ceci en défendant le superbe bilan de Nicolas Sarkozy en faveur des Français de l’étranger.”

“Ce n’est pas acceptable d’envoyer un métropolitain”

Dans les faits, “même s’il reste de tout coeur avec l’UMP”, Gérard Michon n’aura pas le droit d’utiliser le logo et le nom du parti dans sa campagne. Une attitude  indisciplinée dont il assumera les conséquences, puisque le règlement intérieur prévoit une possible suspension voire une exclusion du parti.

“Outre le fait qu’on dit qu’il ne parle pas anglais, ce n’est pas acceptable d’envoyer un métropolitain. Ce mandat important et à plein temps n’est pas cumulable avec des ambitions ou en continuation avec des postes présidentiels. J’ai peur qu’il ne confie son rôle ici à un suppléant’, a ajouté l’élu AFE habitant en Californie.

En parallèle, Gérard Michon a souligné la nécessité de nommer des personnes compétentes sur les dossiers inhérents à la communauté expatriée. “La double nationalité, la fiscalité des Français de l’étranger : si les gens qui sont à l’Assemblée Nationale connaissaient les dossiers, nous n’aurions pas eu les gâchis du passé car ils connaitraient les bêtises à ne pas commettre.”

La peur de perdre au deuxième tour

Il admet que sa position aurait été moins radicale si Christine Lagarde s’était présentée. “C’était le calibre au-dessus, elle avait une expérience américaine non négligeable.” Mais dans le cas de Frédéric Lefebvre, Gérard Michon craint que l’UMP n’ait pris le poste de député des Français de l’étranger “comme une voie de garage”. “Le parachutage, c’est quelque chose que les partis politiques ont inventé pour recaser un ministre en manque de porte-feuille. Dans certains cas ce n’est pas grave, mais dans la situation présente, si.”

Un pari sur l’ancien porte-parole de l’UMP dont il estime “limitées” les chances de remporter un second tour, dans une circonscription réputée pour voter à droite. “La démarcation droite-gauche ne résistera pas à la démarcation parachutage ou non. Les Français d’Amérique du Nord ne sont pas prêts à être mis sous tutelle. L’avantage pour le parti socialiste est qu’ils ont choisi une candidate qui habite véritablement sur place.”

“Les électeurs feront le bon choix”

Pour Julien Balkany, qui entend lui aussi défendre la politique de Nicolas Sarkozy sans l’appui du parti majoritaire, cette nomination n’est pas vraiment une surprise. “Le bruit courait dans Paris depuis quelque temps. On disait qu’il tenait la corde. L’UMP devait prendre une décision rapide dans tous les cas car les adversaires se sont déjà déclarés”.

Julien Balkany, qui se retrouvera donc face à Frédéric Lefebvre, assure néanmoins qu’il ne s’affiche pas comme un candidat divers droite. “La droite n’appartient à personne. Je suis toujours dans la majorité présidentielle. Je n’ai pas le parti derrière moi, c’est tout. Mais ma candidature n’est pas contre quelqu’un. Elle est pour les électeurs. Et je suis sûr qu’ils feront le bon choix.”

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