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Législatives 2012 – Philippe Manteau, candidat de l’Ares : “Je veux replacer l’éthique au cœur de cette campagne”

Représentant du Nouveau Centre en Amérique du Nord depuis 2009, Philippe Manteau a été investi par son parti et trois autres pour la première campagne législative française en Amérique du Nord. A 40 ans, cet avocat au barreau de New York et de Paris souhaite apporter sa vision libérale franco-américaine à l’Assemblée nationale.

France-Amérique : Délégué du Nouveau Centre aux Etats-Unis, vous êtes le candidat investi par quatre partis centristes associés au sein de l’Alliance républicaine écologique et sociale (Ares) aux premières élections législatives de juin prochain. Que représente ce scrutin pour vous ?

Philippe Manteau : Cette élection est fondamentale. Le député des Français de l’étranger représentera bien sûr les expatriés, les émigrés français. Mais le député des Français de l’étranger pour la circonscription nord-américaine,  qui comprend surtout l’Amérique et le Québec, va représenter aussi cette civilisation franco-américaine qui a beaucoup de choses à dire au Parlement français.  Cela ne fera qu’un seul député, un sur 577 si je me souviens bien de mes cours de terminale, mais ça fait 0,5 % des députés qui vont penser complètement autrement. La France ouvre ses portes à des gens qui sont partis et qui ont beaucoup de choses à dire.

Quel programme allez-vous défendre ?

Il faut s’ouvrir sur le monde, il faut libéraliser la France sans négliger la solidarité, mais il y a un énorme effort à faire pour responsabiliser l’individu. L’intérêt général, ce n’est pas l’Etat qui en est le dépositaire. Cela vient de la Révolution Française, d’une royauté qui a été excessive et absolutiste, mais l’intérêt général est au fond de chacun d’entre nous. Il n’y a pas besoin de l’Etat pour nous dire ce qui est moral, ce qui est juste et ce qu’il faut faire. Je veux replacer l’éthique au cœur de cette campagne. Un candidat libéral ce n’est pas quelqu’un qui veut s’enrichir au détriment des autres, c’est quelqu’un qui veut redonner la liberté d’entreprendre et la liberté de penser à tout le monde. Ces idées ne sont pas représentées, ni par la Gauche qui a quand même une lourde tendance à être collectiviste, ni par la Droite qui est conservatrice voire bonapartiste.

Vous ne cachez pas votre penchant à droite pourtant.

Ce que beaucoup de monde oublie, c’est que cette élection va aussi se passer sur le sol américain et qu’ici nous sommes protégés par la constitution américaine et le premier amendement qui garantit la liberté d’expression. Je vais faire une campagne très politisée. Je suis au centre droit, je ne soutiendrai jamais un gouvernement socialiste sauf s’il y avait un changement fondamental et qu’il devenait social-démocrate-libéral, à l’image de l’Allemagne de Schröder. Au premier tour, je représente le centre droit aux Etats-Unis, contre l’UMP, le PS, et le MoDem qui est pour moi au centre gauche, ainsi qu’une myriade de candidats dissidents UMP, et certainement contre le FN.  Au second tour, je ne fais pas de mystère, je ne pourrai pas décemment appeler à voter pour un candidat socialiste. Le centre droit libéral et démocrate est le seul qui porte des idées d’humanisme, de liberté et d’ouverture. C’est pour cela que les Français d’Amérique aiment ce pays, et ce sont ces idées-là qu’ils peuvent apporter à l’Assemblée nationale française via leur représentants.

Selon vous, les Français d’Amérique du Nord devraient-ils être des modèles pour ceux de métropole ?

Je n’aurai jamais cette prétention, mais en tout cas on a découvert qu’un autre type d’organisation de l’Etat était possible. Il faut en être le témoin et le partager avec les autres. La population franco-américaine a un énorme rôle à jouer, un rôle de pont sur l’Atlantique entre les Américains et les Français. Attention, dans la civilisation américaine, tout n’est pas bon à prendre mais cette combinaison entre une éthique personnelle, une liberté d’entreprendre, une liberté de penser avec des aspects de solidarité qui sont très forts, c’est peut-être cela que l’on peut apporter à la France. Je ne dis pas que c’est mieux, je dis que la France en a besoin.

Vous voyez-vous davantage comme un futur député nord-américain ou comme un député de la Nation ?

J’aime mon pays, j’aime la France et je partage les valeurs fondamentales des Franco-Américains. Je ne me présenterai pas si c’était pour être élu de Paris.  Ce qui m’intéresse, c’est représenter mes constituants et partager ces idées à l’Assemblée nationale parce que j’aime mon pays. Je veux essayer de le changer un peu. Un député sur 577, cela ne change pas tout mais avoir une autre voix pour appuyer les réformes différemment, cela me semble important.

Avec votre positionnement politique, est-ce que vous surfez sur la vague d’Obamania qui avait séduit les Français il y a quatre ans ?

Pas du tout. J’ai toujours été très critique d’Obama dès le début, je pense qu’il veut changer la matrice de ce pays. Sa vie est exceptionnelle, c’est quelqu’un qui représente le rêve américain et je l’admire beaucoup pour cela, mais je crains qu’il ne détruise le rêve américain. Il aurait été un excellent président social démocrate de n’importe quel pays européen mais aux Etats-Unis, c’est un danger. Ici, je n’ai pas peur de dire que je serais un démocrate conservateur ou un républicain modéré. Et comme je suis obsédé par la dette, je ne peux pas être pour Obama qui ne fait que l’augmenter jour après jour. Le problème, c’est que comme les Français aux Etats-Unis ont souvent la double-nationalité, ils votent aussi ici. Cela me coûtera des votes, pas mal de votes car il y a beaucoup de mes électeurs qui votent pour Obama. Mais attention, il ne faut pas confondre les choses. Là, c’est une élection française : on n’est pas en train d’élire un modéré du parti républicain d’origine française pour aller siéger au Congrès américain.

Education, santé, retraite sont des thématiques qui animent la communauté française expatriée. Quel projet portez-vous sur ces sujets?

Je connais bien les problématique d’éducation, de retraite, etc., je peux en parler mais ce n’est pas l’objet du discours. Attention, ce n’est pas une élection à l’Assemblée des Français de l’étranger. Les politiques français ont confondu politique locale et politique nationale. Le député est élu par sa circonscription,  pour représenter sa circonscription et la France. Mais le député n’est pas un maire ou un conseiller général. Or, comme il y a eu cumul des fonctions parce que l’on a des politiciens de carrière en France, on va confondre cette élection des députés de l’étranger avec l’élection de l’AFE. On voit tous ces candidats, anciens élus de l’AFE, qui se lancent dans la course et confondent élections locales et élections nationales. Et je vais me régaler, car ces gens-là n’ont pas beaucoup d’idées au niveau politique. Il faut quelqu’un capable de représenter les idées de ces Français d’Amérique qui veulent faire bouger les choses en France, surtout pas d’un parachuté ! C’est pour cela que je dis que je vais politiser ce débat, car sinon on va parler des éternels problèmes des retraites et des écoles.

Ces questions risquent pourtant d’être au centre du débat ?

Je ne vais pas paraphraser Kennedy mais on en est à un stade où il ne faut pas se demander ce que la France peut faire pour nous, mais ce que l’on peut faire pour la France. On va un petit peu sortir du carcan de l’avantage acquis et de l’Etat-nounou, sinon cela ne va pas être une élection très intéressante. Je serai ravi de répondre à toutes ces questions, mais je ne vais pas en faire le thème central de cette élection. Je redirigerai mes électeurs vers mon ami et allié politique, Richard Ortoli, qui est notre délégué de l’Union au centre à l’Assemblée des Français de l’étranger. Je connais les questions, j’y répondrai, mais c’est lui qui s’en occupera en pratique. Moi je vais me charger de représenter cette civilisation franco-américaine à l’Assemblée et essayer de faire bouger les choses.

Quel sera alors le rôle de ce député ?

Quand il y aura un député franco-américain, ce sera un canal de transmission direct entre la République et la Fédération américaine, en plus de la voie diplomatique. Si c’est un élu local, il sera en prise directe avec ce pays, avec la communauté française. J’espère que la personne qui sera élue gardera son métier. Moi, je m’engage à rester avocat et associé dans un cabinet d’avocats car il ne faut pas perdre contact avec le réel. Je veux faire une campagne éthique, vraie, proche des gens, une campagne où l’on passe du bon temps ensemble, où l’on ne fait pas de la politique politicienne. Ce ne sera pas une campagne “petits fours” : il y aura un minimum de représentation dans les grandes villes, un site Internet que je suis en train de préparer, une newsletter, il y aura des pique-niques dans les parcs, des invitations chez moi, j’irai chez les gens. Je veux faire quelque chose de sympa, qui correspond à notre image de libéraux démocrates.

Pour en savoir plus :

L’Alliance républicaine écologique et sociale regroupe le Nouveau Centre d’Hervé Morin, le Parti Radical de Jean-Louis Borloo, la Gauche Moderne de Jean-Marie Bockel, et la Convention Démocrate d’Hervé de Charette.

Une biographie de Philippe Manteau est disponible sur le site de l’Union au centre ou via son site Internet (ouverture prévue début février).

Retrouvez chaque semaine sur www.france-amerique.com un portrait d’un candidat à l’élection des députés de l’étranger dans la circonscription d’Amérique du Nord.

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