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Législatives en France : le PS majorité absolue, l’UMP doit se positionner avec le FN

La majorité présidentielle (PS, divers gauche, écologistes d’EELV) obtiendrait la majorité absolue à l’Assemblée nationale dimanche prochain, même dans les scénarios les moins favorables pour elle, selon les dernières estimations de TNS Sofres, Ipsos, CSA et OpinionWay.

Selon les projections des instituts basées sur les résultats du 1er tour, le PS et ses alliés PRG, MRC et divers gauche recueilleraient de 283 à 329 sièges. Pour les quatre instituts, le point moyen pour ces formations politiques se situe entre 295 et 308 sièges, soit au-dessus de la majorité absolue à l’Assemblée (289). Ces projections laissent donc même entrevoir la possibilité pour le PS et ses proches alliés de ne pas dépendre d’EELV et surtout du Front de gauche pour être majoritaire à l’Assemblée.

Europe Ecologie-Les Verts est de son côté crédité de 10 à 20 sièges. Avec ce renfort, les instituts accordent au total un minimum à la majorité présidentielle compris entre 295 et 308 sièges, dans tous les cas au dessus de la majorité absolue. Le Front de gauche oscille entre 12 et 19 sièges selon ces projections.

Au total, la gauche obtiendrait dimanche prochain entre 310 et 356 sièges selon Ipsos-Logica/France Télévisions/Radio France, entre 321 et 361 selon OpinionWay-Fiducial-Le Figaro, entre 308 et 366 selon CSA/BFMTV/RMC/20 Minutes/iTélé et entre 310 et 358 selon TNS Sofres/TF1/LCI. Dans tous les cas, une cohabitation semble donc bien exclue sur la foi de ces projections.

L’UMP, menacée de perdre au 2e tour, va devoir se positionner vis-à-vis du FN

L’UMP, qui a enregistré une forte baisse dimanche au premier tour des législatives par rapport à 2007, risque de passer dans l’opposition pour la première fois depuis sa création en 2002 et devra, dès lundi, se positionner face au Front national pour le second tour. L’UMP et ses alliés de droite ont recueilli 34,07% des voix (contre 46,77% à l’ensemble de la gauche), soit 11,5 points de moins qu’il y a cinq ans (45,6%) et une inversion quasi-symétrique du rapport gauche-droite de 2007.

Alors que l’UMP comptait 315 députés dans l’Assemblée sortante, elle devrait perdre entre 50 et 100 sièges en n’envoyant au Palais Bourbon qu’entre 210 et 270 députés, alliés inclus. “Les jeux ne sont pas si faits que cela”, a minimisé le secrétaire général de l’UMP, Jean-François Copé, lui-même en ballottage très favorable en Seine-et-Marne, en appelant à “la mobilisation générale” et en demandant aux électeurs de ne pas mettre “tous les oeufs dans le même panier”.

S’agissant des “éventuels duels” entre un candidat de gauche et le FN, “on en parlera demain”, a-t-il rappelé. La position de l’UMP sera en effet débattue lundi après-midi lors d’un bureau politique extraordinaire, précédé d’un déjeuner de M. Copé avec les anciens Premiers ministres François Fillon, Alain Juppé et Jean-Pierre Raffarin, le président de l’Assemblée Bernard Accoyer et le patron des députés UMP Christian Jacob.

Sauf surprise, c’est le “ni-ni” (ni Front national, ni Front républicain anti-FN) qui devrait l’emporter. Une ligne déjà adoptée par Nicolas Sarkozy et Jean-François Copé il y a un an aux cantonales mais dont s’était affranchi le Premier ministre d’alors, François Fillon, en appelant à “voter contre le FN”. Plusieurs ex-ministres ont déjà fait savoir avant les élections que, face à une telle alternative, ils voteraient pour la gauche.

En raison d’une abstention record (42%), les triangulaires, redoutées par l’UMP, pourraient se limiter à une quarantaine. Il n’y en avait eu qu’une seule en 2007, sans le FN.

Appel appuyé aux électeurs FN

M. Copé a prévenu que les candidats UMP se maintiendraient partout où ils sont qualifiés, donc y compris en cas de triangulaire, et qu’il “n’y a pas d’alliance avec le FN”. Une consigne qui, visiblement, a du mal à passer au niveau local. Ainsi, le député UMP sortant de la 2e circonscription du Gard, Etienne Mourrut, bien que qualifié pour le second tour, loin derrière Gilbert Collard (FN) et le PS, a déclaré dimanche soir à l’AFP qu’il “hésitait” à maintenir sa candidature.

Il prendra sa décision d’ici à mardi avec “la base” localement mais pas avec la direction de l’UMP à Paris, a-t-il prévenu. Dans les Bouches-du-Rhône, le sortant Michel Vauzelle (PS) pourrait être confronté au désistement du candidat UMP, Roland Chassain, en faveur du FN, comme M. Chassain l’avait évoqué dès mercredi. Ce serait “un signe terrifiant pour l’avenir de la République”, a lancé dès dimanche soir M. Vauzelle. Pour “faire barrage au FN”, la patronne du PS, Martine Aubry, a appelé dès dimanche soir au “désistement républicain” mutuel entre PS et UMP.

L’ancienne ministre UMP, Nadine Morano, devancée dans sa circonscription, a lancé dès dimanche soir un appel appuyé aux électeurs du FN “qui partagent (ses) valeurs” et “ne veulent pas du vote pour les étrangers”. “Une vraie déclaration à la Pasqua !”, a dénoncé un de ses ex-collègues. Comme dans un rappel à l’ordre, M. Fillon a prévenu: “on a fait cette campagne sur nos valeurs, on la fera au second tour de la même façon”.

Alors qu’en 2007, 100 députés UMP et apparentés avaient été élus dès le premier tour, ils sont moins d’une dizaine cette fois-ci. 24 ministres du gouvernement Fillon étaient candidats. L’ex-ministre de l’Outre-mer, Marie-Luce Penchard, a été battue dès le premier tour en Guadeloupe par Victorin Lurel (PS). Pour certains, comme Xavier Bertrand et Mme Morano, la situation s’annonce plus ou moins délicate. A l’inverse, d’autres comme Laurent Wauquiez, François Baroin, Bruno Le Maire sont en ballottage favorable, voire très favorable.

Alors que M. Fillon a quitté la Sarthe pour se présenter à Paris, où il est en ballottage très favorable, son ancien fief devrait être ravi par le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll (PS).

 

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