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Législatives : Faible participation et petite motivation à Harlem

Toute la journée samedi, les Français des Etats-Unis pouvaient voter pour le premier tour des législatives. Avec la même répartition des bureaux de vote que pour l’élection présidentielle, l’ambiance était pourtant différente. Témoignages à Harlem.

Au bureau de vote de Harlem, à New York, ce samedi, les Français les plus téméraires et les mieux informés sont venus voter. “Par principe”, “par habitude” ou “par devoir”, expliquent la plupart des gens à la sortie de l’isoloir. “On ne peut pas voter en France, alors on exprime notre voix ici”, ajoute Blandine, qui vit à New York depuis 21 ans, venue voter avec sa fille Lucie qui a toujours vécu aux Etats-Unis.

Les élections législatives ont relativement peu mobilisé. Ce qui se ressent dans le faible taux de participation. A 15h, les deux bureaux de vote de la 120e rue ne comptaient chacun qu’une centaine d’enveloppes dans l’urne. Certes 200 personnes environ avaient déjà voté sur Internet, mais les chiffres restent bien en-deçà de ceux pour l’élection présidentielle. Certains Français ont réchigné à faire le déplacement. “Je reconnais que je me suis dit ‘oh non, il faut encore aller voter'”, confie Corinne. Elle s’est finalement laissée convaincre que c’était important, après une discussion la semaine passée avec un ami engagé politiquement.

Voter pour un candidat ou pour un parti

Pour autant, ce sens du devoir (ou du réflexe) n’est guère informé. Tous les votants ont bien reçu les programmes dans leur boîte aux lettres et les e-mails des candidats. “On a été bombardé”, estime d’ailleurs Adrien, 23 ans, qui fait partie de l’équipe du bureau de vote. “Mais je n’ai pas vraiment suivi la campagne”, avoue Catherine, qui a choisi de voter pour un parti plutôt qu’une personne. Laurent, qui vit en Amérique du Nord depuis plus de dix ans, précise qu’il a lui voté pour un candidat. D’ailleurs, il n’a pas voté pour le même parti qu’à l’élection présidentielle. Paul a quant à lui voté pour la principale candidate de gauche, dont il se souvient à peine du nom. “Il faut dire que les noms Balkany et Lefebvre sont plus faciles à retenir”, se justifie-t-il.

Le manque de mobilisation s’explique facilement selon tous ces citoyens : “je ne pense pas que le député pourra faire grand chose”, regrette Adrien qui vient de signer pour cinq ans de doctorat en biologie, à CUNY. “C’est la première fois qu’il y a un député des Français de l’étranger, on ne sait pas bien ce qu’il va faire”, songe également Catherine, qui travaille pour une banque française.

Tous s’accordent à dire qu’ils n’ont pas d’attentes particulières. “Mais il aura quand même du travail !”, s’exclame Mathias, le compagnon de Corinne, avant d’enfourcher son vélo. Ce couple, à New York depuis deux ans, vient de Haute Savoie. Lorsque Corinne réfléchit à ce qu’elle attend du nouvel élu, la première chose qui lui vienne à l’esprit est “qu’il vote pour le mariage homosexuel en France.” De toutes les préoccupations abordées pendant la campagne (éducation, fiscalité, etc), le seul point concret qu’un votant aura abordé avec France-Amérique aujourd’hui concerne la législation dans l’Hexagone. “On est toujours Français !” s’explique Corinne avec un grand sourire.

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