Subscribe

Législatives : Les candidats vous répondent sur le mariage gay

Chaque semaine, France-Amérique sélectionne la question d’un internaute et publie les réponses des candidats aux législatives 2012 en Amérique du Nord. Cette semaine, une question de David Marques de Palo Alto, sur le mariage gay.

Cette semaine, une question de
David Marques, 31 ans, consultant en management, Palo Alto :


“Le président Obama s’est déclaré favorable au mariage homosexuel. François Hollande, lui aussi en faveur, mettra en place un vote à ce sujet à l’Assemblée nationale. En tant que député(e), quelle serait votre position sur le sujet ?”

Christophe Navel (Indépendant) : Pour. En cette journée internationale contre l’homophobie, cette question tombe à point. Trop longtemps présenté comme un comportement hérétique par la religion, rien ne saurait justifier la stigmatisation d’un groupe d’êtres humains sur la base de leur orientation sexuelle. Ne pas être socialement majoritaire n’est pas synonyme d’anormalité. Le fait de ne pas autoriser le mariage entre personnes du même sexe, c’est entretenir cette stigmatisation dans toutes les autres sphères de la vie sociale : école, travail, famille, sports, etc. L’homophobie est une construction sociale qui se nourrit de préjugés. Nous devons combattre cette vision archaïque de la sexualité. La légalisation du mariage homosexuel est un pas en ce sens.

Claire Savreux (FN) : En cette période de crise, il me semble que ce que nos compatriotes attendent, ce sont des réponses concrètes à leurs interrogations quotidiennes. Nos dirigeants doivent avant tout se pencher sur les problèmes économiques, le pouvoir d’achat, l’emploi. Le sujet du mariage gay ne m’apparaît pas comme primordial actuellement, et ce, que l’on soit hétérosexuel ou homosexuel. Si une loi devait être votée, elle devrait d’abord faire l’objet d’un référendum.

Antoine Treuille (Indépendant) : Je suis particulièrement sensible à la lutte contre toutes les formes de discrimination et au respect des différences et des choix individuels. Ce sont là des enseignements particuliers tirés de mon expérience des sociétés nord-américaines. A ce titre, je ne m’opposerai pas à l’extension du régime des mariages pour les homosexuels. Cela étant, je reste soucieux et parfaitement conscient de l’importance des symboles et des valeurs traditionnelles attachés entre autres au terme même du mariage. Je crois que toute modification de la loi sur le mariage devra être suivie par des débats nationaux importants sur le sens de la famille, la question de l’adoption et si je suis élu, je serais très attentif au respect et à la protection de l’enfant.

Karel Vereycken (Solidarité et Progrès) : D’abord, je suis en guerre contre une oligarchie qui cherche à nous infantiliser en promouvant une culture du flash et de l’instinct avec laquelle on tente de nous imposer une précarité devenue la norme. A l’opposé, de mon point de vue, celui de l’amour pour l’humanité, tout doit être fait pour éduquer et cultiver notre qualité unique : la créativité. Abstraction faite de tout calcul électoral, soyons assez matures pour reconnaître qu’homosexualité n’est pas systématiquement synonyme de débauche. Ainsi, pour combattre l’homophobie et permettre à des couples du même sexe de construire une relation stable et d’assumer une responsabilité familiale, je voterai oui. Parallèlement, je durcirai la loi contre les violences faites aux conjoints.

Julien Balkany (Indépendant) : Comme une majorité des Français de ma génération, je pense que la législation et surtout les mentalités doivent évoluer sur la question du mariage homosexuel. Je suis totalement favorable à la mise en place rapide d’un “Contrat d’Union Civile”, qui permettrait une égalité totale avec les couples hétérosexuels mariés, en matière de droits et de devoirs (fiscalité, droits de succession et patrimoniaux, de reconnaissance publique et légale, d’assistance, etc.). Ce Contrat d’Union Civile se déroulerait lors d’une cérémonie en mairie, comme pour n’importe quel mariage et non pas, comme c’est le cas pour les Pacs, dans l’antichambre d’un tribunal. Je continuerai à me battre contre tout ce qui peut séparer les Français en catégories.

Stéphanie Bowring (Parti Radical de Gauche) : Mon ambition politique est d’aider mon prochain à trouver sa voie et vivre de manière épanouissante. A partir du moment où le mariage n’est pas conditionné au fait d’avoir des enfants, il n’y a pas de raison de le réserver aux seuls couples hétérosexuels. Le mariage homosexuel n’enlève rien au mariage hétérosexuel, il n’est qu’une possibilité supplémentaire pour ceux qui le souhaitent d’être heureux. J’y suis évidemment favorable et je le défendrai systématiquement, de chaque côté de l’Atlantique.

Céline Clément (Front de Gauche) : Sensible à ces questions depuis le début de mon engagement politique, ma réponse est sans ambiguïté : je suis favorable à ouvrir le droit au mariage et à l’adoption à tous les couples et à garantir l’égalité des droits dans la constitution, sans discrimination liée à l’orientation sexuelle ou à l’identité de genre. Les député(e)s du Front de Gauche se battront aussi pour que la République française reconnaisse tous les mariages et unions civiles contractés en Amérique du Nord. Cela conduit à conférer aux conjoints et enfants les mêmes droits (par exemple : titre de séjour ou nationalité française après 5 ans de résidence en France, double nationalité des enfants, droits sociaux). Ma proposition détaillée.

Carole Granade (MoDem) : C’est une question particulièrement adaptée à cette journée mondiale contre l’homophobie et à notre circonscription, le mariage homosexuel étant légal au Canada et dans certains Etats des Etats-Unis. Le mariage civil est la reconnaissance par la société d’un engagement entre 2 personnes ouvrant à des droits et devoirs respectifs. C’est un droit que les couples perdent en rentrant en France avec toutes les conséquences que cela peut avoir sur les questions d’autorité parentale, de patrimoine… En tant que députée je m’engagerai à la défense des droits de tous et à la lutte contre toute forme de discrimination. Je voterai donc en faveur du mariage homosexuel si le gouvernement présentait une telle proposition.

Frédéric Lefebvre (UMP) : Je n’y suis pas favorable. Pourquoi heurter les convictions de tant de Français ? Mais je reconnais que les couples homosexuels ont droit à une cérémonie et pas simplement à une signature dans le bureau d’un greffier. Je souhaite donc accéder à cette revendication légitime et faire évoluer le Pacs vers une “union civile” en mairie pour une vraie reconnaissance sociale. Je rouvrirai donc le débat. Quant à la question de l’adoption par des couples de même sexe, il faut être tolérant. L’interdire, c’est refuser une réalité que l’on ne peut balayer d’un revers de main. De fait, l’adoption par un célibataire et donc par un homosexuel est possible. L’éducation d’un enfant par un homosexuel vivant en couple aussi. Cessons d’entretenir ce faux débat !

Philippe Manteau (Ares) : Question délicate. Libéral, je défends la sphère privée de l’individu contre toute intrusion intempestive de l’Etat – sauf à œuvrer pour l’égalité des chances. Nul ne doit être pénalisé en raison de son orientation sexuelle. Je voterai à l’Assemblée, avec les socialistes, pour que les couples homosexuels bénéficient d’un traitement fiscal et matrimonial identique à celui des couples hétérosexuels. Je crois cependant aux vertus apaisantes de la continuité et de la tradition. Cette tradition, garante du renouvellement des générations, ne saurait être abolie au nom de doctrines constructivistes. Contre les socialistes, je voterai pour que le nom de “mariage” ne soit pas utilisé pour cette nouvelle “union”. Le changement dans la continuité.

Gérard Michon (Indépendant) : Le pacte civil de solidarité (Pacs) tel qu’il existe en droit français permet déjà aux couples homosexuels de bénéficier pratiquement des mêmes effets légaux que le mariage hétérosexuel (lesquels ne sont d’ailleurs pas aussi importants en France qu’aux Etats-Unis, où les deux conjoints héritent l’un de l’autre en priorité, alors qu’en France ce sont les ascendants ou les descendants qui sont “héritiers réservataires”). Une différence majeure entre mariage et Pacs est que le second n’a pas d’effet sur la nationalité du partenaire non-français. Je ne suis pas favorable à une révision du Pacs qui gommerait cette différence-là, dont l’existence évite qu’on aie à se soucier de “Pacs blancs”. Voir Pacs.

Corinne Narassiguin (PS-EELV) : Je voterai pour, avec fierté et conviction. Je suis pour l’égalité de droits complète entre couples homosexuels et hétérosexuels, concernant le mariage et l’adoption, pour une société plus apaisée et ouverte. Si un couple, quel qu’il soit, se reconnaît dans l’institution du mariage – dans ses droits et dans ses obligations -, il doit pouvoir s’unir. Je défendrai aussi des mesures permettant aux couples homosexuels binationaux et leurs familles de vivre et de voyager comme les autres. Ils doivent pouvoir faire reconnaître leur filiation et la nationalité française de leurs enfants, s’installer en France, en obtenant un visa pour le conjoint étranger, et recevoir la pension de réversion en cas du décès d’un conjoint. Voir ma réponse complète.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Related