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L’épicier nantais polygame de nouveau dans le collimateur de la justice

Lies Hebbadj, l’épicier nantais dont une compagne avait contesté en avril une contravention pour port du niqab au volant, devait être déféré dimanche devant un juge d’instruction à l’issue d’une garde à vue de plus de 40 heures pour viols et violences.

“J’ai décidé l’ouverture d’une information judiciaire à l’issue de la garde à vue”, a déclaré le procureur de la République Xavier Ronsin dimanche à la mi-journée, en précisant que M. Hebbadj serait “déféré dans l’après-midi devant le juge d’instruction”, après quoi sera décidé une éventuelle mise en examen. Les nouvelles investigations contre M. Hebbadj, âgé de 35 ans, ont pour origine “des accusations de viols et de violences portées à son encontre le 5 août 2010 par l’une de ses anciennes compagnes” pour des faits commis entre 2003 et 2007, selon le procureur. Une confrontation entre M. Hebbadj et la plaignante, une ancienne compagne répudiée, a eu lieu dans la matinée. La garde à vue, entamée vendredi soir, avait été prolongée samedi soir afin notamment d’organiser cette confrontation dans les locaux de la police judiciaire de Nantes en charge de l’enquête préliminaire.

En milieu de matinée, des journalistes et photographes ont vu une femme en niqab pénétrer dans les locaux de la PJ, mais celle-ci n’a pas souhaité répondre à leurs questions ni décliner son identité. La plaignante est elle-même sous le coup d’une mise en examen pour fraude aux prestations sociales, comme M. Hebbadj et plusieurs de ses autres compagnes. C’est après son audition par le juge la semaine dernière dans cette affaire que le parquet a décidé d’ouvrir l’enquête pour viols et violences, a-t-on précisé de source judiciaire. L’intéressée, Nina Gomez, avait déjà accusé son ex-compagnon de maltraitance sur un blog, sans cependant porter plainte à l’époque. M. Hebbadj l’avait attaquée en diffamation en avril. 
L’avocate de M. Hebbadj, Me Cécile de Oliveira a dénoncé samedi les “moyens extraordinaires policiers et judiciaires” déployés contre son client. Elle a fait “le lien entre les discours assez nauséabonds sur la déchéance de la nationalité française et la situation de M. Hebbadj aujourd’hui”.

Samedi, lors d’un déplacement à Perpignan, le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux a annoncé qu’il ferait ce mois-ci à Nicolas Sarkozy des “propositions de mise en oeuvre juridique” de la déchéance de nationalité française, notamment pour les faits de meurtres de policiers ou de polygamie. Interrogé par RTL en marge de ce déplacement, le ministre a ajouté que M. Hebbadj était à ses yeux “présumé coupable” des faits de “polygamie, de fraude aux prestations sociales” qui lui sont reprochés.
Le commerçant nantais s’était fait connaître le 23 avril lorsque lui-même et l’une de ses compagnes avaient contesté publiquement un procès-verbal pour port du niqab au volant. M. Hortefeux, avait alors immédiatement préconisé que le commerçant soit déchu de sa nationalité française, mettant déjà en avant des soupçons de polygamie et de fraudes aux aides sociales.
M. Hebbadj avait été mis en examen le 9 juin pour travail dissimulé et fraudes aux prestations sociales, la justice lui reprochant notamment d’avoir vécu dans une “polygamie de fait” lui permettant de bénéficier d’aides indues.

 

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