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L’équilibrisme de George Bush dans le conflit géorgien

La Maison Blanche réaffirme quotidiennement  son soutien à la Géorgie dans le conflit avec la Russie.  Mais Tbilissi paie, selon des experts américains, les divisions au sein du gouvernement Bush vis-à-vis de Moscou.

Pas un jour ne se passe sans que les États-Unis ne réaffirment leur soutien à la Géorgie dans le conflit armé qui l’oppose depuis la semaine dernière à la Russie. Vendredi, George Bush a exhorté Moscou à « honorer son engagement » et à retirer ses troupes du territoire de son voisin géorgien. « La brutalité et l’intimidation ne sont pas une manière acceptable de mener la politique étrangère au XXIe siècle, a déclaré le président américain à Washington. Seule la Russie peut décider si elle veut retrouver la voie des Nations responsables ou si elle veut poursuivre une politique qui ne promet que confrontation et isolation. »

Mais malgré ces déclarations d’intention, et l’envoi, mercredi , de troupes américaines en mission humanitaire en Géorgie,  certains experts à Washington regrettent la lenteur de la réaction de la Maison Blanche dans cette crise. « Le gouvernement américain essayait depuis des mois en coulisses d’empêcher le conflit entre Russes et Géorgiens autour de l’Ossétie du Sud de dégénérer, explique James Townsend, un analyste qui a travaillé pendant 25 ans au Pentagone avant de rejoindre l’Atlantic Council, un centre de recherche politique à Washington. Une fois que la guerre a éclaté, peut-être aurait-il fallu condamner clairement l’offensive russe plutôt que de travailler dans l’ombre.»

Pour James Townsend, « les divisions au sein du gouvernement Bush sur l’attitude à adopter face à la Russie, ont empêché la mise en place d’une politique cohérente vis-à-vis de Moscou ». La crise en Géorgie semble d’ailleurs avoir réveillé les faucons. Samedi dernier, le vice-président Dick Cheney a ainsi affirmé que l’ « agression russe» devrait avoir de conséquences.

David Phillips, un spécialiste de la Géorgie à l’Atlantic Council, estime que le président géorgien Mikheïl Saakachvili a reçu « des signaux contradictoires » de la part de la Maison Blanche dans les semaines qui ont précédé le conflit. « Condoleezza Rice lui avait clairement demandé de ne pas envoyer de troupes en Ossétie du Sud », explique-t-il. «Il a dû recevoir des messages différents de la part de l’entourage de George Bush ou de Dick Cheney ».

Pour David Phillips, les États-Unis doivent désormais obtenir une résolution du Conseil de Sécurité des Nations unies qui garantisse un cessez-le-feu, l’intégrité territoriale de la Géorgie, l’envoi de convois humanitaires et le retrait des troupes russes. « Si la Russie y met son veto, nous devons prendre des mesures pour obliger Moscou à se plier à ces exigences », poursuit l’expert. « Les Etats-Unis peuvent demander l ‘expulsion de la Russie du G8 ou bloquer sa candidature à l’Organisation mondiale du Commerce ».  Et David Phillips de conclure. « Personne ne veut une guerre avec la Russie, mais nous ne pouvons pas tolérer ce genre d’action. Nous devons être clairs et engagés sans être provocateurs ».

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