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Les Alpilles en douceur

Moins connue que la Côte d’Azur, cette chaîne calcaire située entre Arles et Avignon réunit, autour du château fort des Baux-de-Provence, tous les charmes de l’arrière-pays provençal.

En vingt ans, les Alpilles sont devenues une destination aussi chic que le Lubéron. D’autant plus chic qu’elles viennent d’être promues, en janvier dernier, parc naturel régional. Un petit coin préservé de Provence avec ses sommets arides se découpant dans un ciel transparent, ses champs d’oliviers et d’amandiers aux feuillages oscillant sous le mistral, ses villages aux fontaines qui chantent, ses moulins à huile, ses ruines romaines omniprésentes. Et, au milieu de tout cela, perché sur son éperon rocheux, le fameux château fort des Baux-de-Provence, qui contrôle la région depuis mille ans. C’est peu dire qu’entre Avignon et Arles, cette étrange chaîne calcaire aux sommets si découpés (qui rappelle volontiers les Alpes, même si elle ne culmine qu’à 400 mètres), mérite à elle seule un séjour. Une balade idéale, en septembre ou octobre, au moment où les touristes sont repartis et où le soleil se fait moins violent.

Le circuit pour découvrir les Alpilles des Baux démarre à Saint-Rémy-de-Provence, aimable bourgade qui fait office de capitale de la région. Cette ville provençale typique, peinte par Van Gogh qui y séjourna, est la douceur de vivre incarnée, avec son marché coloré du mercredi matin où se mêlent touristes huppés et producteurs locaux de vin, de miel ou d’olives, ses petites boutiques, ses restaurants de charme. Et, bien sûr, ses fameuses ruines romaines. Au carrefour des voies Aurélia et Domitia, l’ancienne Glanum a conservé l’un des plus beaux mausolées du monde romain, son arc sculpté et les ruines de la cité d’antan, avec ses thermes, son forum et ses temples.

En descendant quelques kilomètres vers le sud à travers cyprès et oliviers, vous arrivez au pied des Baux-de-Provence. Long de 900 mètres et large de 200, bordé de deux ravins à pic, ce navire de pierre qui semble voguer en plein ciel est assurément l’un des plus beaux sites de France. On grimpe au château à travers un lacis de vieilles maisons mortes entourées d’arbres nains, et, une fois franchie l’enceinte du château, c’est le choc. Plus on monte vers le sommet en empruntant des sentiers poussiéreux et de raides escaliers de pierre, plus on se sent pris de vertige. Le mistral vous souffle aux oreilles, vous enivre, tandis que, face à la plaine semée d’oliviers s’étendant sur des kilomètres, on tente d’imaginer l’époque où ces ruines étaient encore debout et commandaient la région. C’était le temps où les seigneurs des Baux comptaient parmi les plus puissants féodaux du Midi. Ils avaient pour habitude de précipiter leurs prisonniers dans le vide depuis les hauts du château. La légende veut même que Dante se soit inspiré des lieux pour sa Divine Comédie. Fatigué, en 1632, de ce fief si turbulent et indocile, Louis XIII en fera démolir les remparts. La splendeur des Baux ne reviendra plus.

Quinze kilomètres plus loin, les aqueducs romains jumelés de Barbegal, bifurquent l’un à l’ouest vers la ville d’Arles qu’il alimentait, l’autre vers une vaste meunerie hydraulique, dont on peut encore visiter les ruines.

Sur la route d’Arles, les admirateurs d’Alphonse Daudet feront un petit pélerinage littéraire du côté du moulin de Fontvieille d’où le conteur a daté ses fameuses lettres. Si l’édifice, bien conservé avec ses ailes de bois, ne présente pas un intérêt exceptionnel, on peut, comme jadis l’écrivain, errer au milieu des pins parasol en rêvant aux récits du meunier qui expriment toute l’âme provençale. Ou plus simplement admirer la vue exceptionnelle qui s’étend sur les Alpilles, les châteaux de Beaucaire et de Tarascon, la vallée rhodanienne et l’abbaye de Montmajour. Après une halte dans le petit village de Fontvieille, retour en douceur sur Saint-Rémy, via la chapelle Saint-Gabriel, qui présente une belle façade sculptée du XIIe siècle. Le tout (40 kilomètres) vous aura pris six heures ou six jours. Mais certains pourraient y passer six ans. Et même toute une vie.

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Alpilles pratique

Comment s’y rendre ?
Saint-Rémy se trouve à 700 kilomètres de Paris. En train et en avion, aller jusqu’en Avignon puis prendre un bus (20 kilomètres).
En voiture, autoroute A7 puis emprunter la sortie Avignon Sud.

Comité départemental du tourisme des Bouches du Rhône
13, rue Roux de Brignolles, 13 006 Marseille
www.visitprovence.com

Office du tourisme de Saint-Rémy
Place Jean-Jaurès, 13 210 Saint-Rémy
www.saintremy-de-provence.com

De bonnes olives
Les célèbres olives cassées des Alpilles et l’huile d’olive des Baux sont parmi les plus réputées de France. Pour tout savoir sur leur production et faire ses achats : Mas de la Dame, 13 520 Les Baux de Provence.
www.masdeladame.com

Hôtels

Ousteau de Baumanière, RD 27, 13520 Les Baux de Provence. 

Chambres de 225 à 325 euros. Menu à partir de 120 euros.
L’un des plus beaux hôtels de charme de Provence et l’une des toutes premières tables de la région, où vous dégusterez la sole de méditerranée en viennoise blonde ou le pigeon des Costières laqué et ses betteraves au suc de lavande. Inoubliable.
www.ousteaudebaumanière.com

Hôtel Gounod, place de la République, 13 210 Saint-Rémy.
Tél.: 011 33 (0)4 90 92 06 14
Plus abordable (125 euros la chambre), cet ancien relais de poste ne manque ni de charme ni de confort au cœur de la vieille ville.

Restaurants

Le jardin de Frédéric, 8, boulevard Gambetta, 13 210 Saint-Rémy.
Tél.: 011 33 (0)4 90 92 27 76.
Menu à 16 euros le midi. Loup entier grillé au basilic, carré d’agneau à la crème d’ail… Une cuisine provençale de qualité servie avec le sourire.

Le café des Baux, rue du Trencat, 13520 Les Baux de Provence.
Tél.: 011 33 (0)4 90 54 52 69.
Sur la terrasse ombragée ou dans les salles creusées à même le rocher, là aussi une honnête cuisine provençale à prix abordables.

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