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Les ambassadeurs au coeur d’une vaste réforme de la diplomatie américaine

La secrétaire d’Etat Hillary Clinton a lancé mercredi une réforme de la diplomatie américaine, faisant des ambassadeurs des “PDG” plus impliqués dans le développement et la prévention des conflits.

La “Révision quadriennale de la diplomatie et du développement” (QDDR), vise aussi à mieux gérer la dépense, alors que les républicains victorieux aux législatives ont promis de tailler dans le budget du département d’Etat. C’est la première fois que la diplomatie américaine conduit une QDDR, une pratique inspirée de ce que fait le secrétariat à la Défense. L’exercice répond à la volonté de rendre le département d’Etat et USAID, l’agence publique du développement, “plus agiles, plus efficaces et responsables”, a expliqué la chef de la diplomatie américaine dans un discours devant les fonctionnaires de son ministère.
Les ambassadeurs auront désormais “plus de pouvoir et seront responsabilisés en tant que PDG de missions interministérielles”. Ils bénéficieront de plus de formations, seront amenés à évaluer les personnels et contribueront à la réflexion politique à Washington. Ils auront notamment la responsabilité de l’aide au développement, alors qu’USAID est vouée par Mme Clinton à “redevenir le premier ministère du développement dans le monde”.
Les investissements vont être concentrés sur quelques “domaines-clés”: la sécurité alimentaire, la santé, le climat, le développement durable, la démocratie, l’aide humanitaire et les femmes.
La prévention des conflits armés, troisième volet de la réforme, part du constat que “l’effondrement d’un Etat, même le plus lointain, peut avoir des conséquences graves pour notre sécurité nationale”, a plaidé Hillary Clinton. Là encore, développer cet effort réclame la coordination de toutes les forces civiles américaines dans un pays sous l’autorité de l’ambassadeur.
La QDDR sera mise en oeuvre dans un contexte budgétaire délicat. La républicaine de Floride (sud) Ileana Ros-Lehtinen, qui présidera la commission des Affaires étrangères de la Chambre des Représentants à partir de janvier, a déjà promis de s’attaquer au financement de l’aide extérieure et des Nations unies par Washington. Elle a également préparé une liste de possibles coupes budgétaires “région par région, pays par pays et programme par programme.”

 

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