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Les anecdotes de Marc Lévy à l’université de Columbia

Invité par la French American Alliance (FAA) de l’université de Columbia, l’écrivain-vedette Marc Lévy a répondu à l’appel des étudiants mardi 28 février et s’est prêté au jeu des questions-réponses du public avec entrain, en toute simplicité.

C’est dans la salle de conférence située au rez-de-chaussée de la Maison Française du campus de Columbia à New York que Marc Lévy, très détendu, est revenu sur son passé. L’auteur français de best-sellers présente un parcours atypique : avant de se mettre à l’écriture, il a posé des cloisons sur des chantiers, fait des études de gestion, créé une petite société d’architecture et été secouriste à la Croix-Rouge.

La conversation menée par les étudiants Aliénor Wesphalen-Lemaitre et Alban Bressand, à l’initiative de la rencontre et membres de la French American Alliance de Columbia, révèle le cheminement marginal de l’écrivain qui n’avait jamais songé à vivre de sa plume. Avec une foule d’anecdotes amusantes sur sa vie privée.

Quand un étudiant l’interroge sur sa réaction lorsqu’il apprend que son roman Et si c’était vrai ? va être adapté au cinéma par le maître d’Hollywood, Steven Spielberg, Marc Lévy partage son étonnement avec entrain.

« C’était cocasse ! », se souvient l’auteur. « J’ai entendu la voix de Steven me dire “Bonjour Marc”. C’est indescriptible. On a parlé une heure », se remémore-t-il. Évoquant sa rencontre avec le réalisateur, il plaisante : « Je me suis dit : “Steven Spielberg vient de me faire un café. Personne ne me croira jamais” ». Rires dans la salle.

Revenant ensuite sur ses débuts dans l’écriture, l’auteur explique qu’il s’agissait dans un premier temps d’écrire des histoires pour son fils, Louis, qui les lui réclamait au quotidien. « J’écrivais tous les jours l’histoire du lendemain », explique-t-il, en Schéhérazade des temps modernes.

Ce sont aussi ses souvenirs cinématographiques que l’auteur révèle. Comme ce film dramatique italien, Pain et chocolat, vu avec son père dans un cinéma parisien qu’il évoque avec nostalgie. Ou son passage à la Croix-Rouge, qui l’a aidé à forger son identité en lui inculquant le don de soi.

« Le moteur de l’écriture réside dans le partage  »

Londres, San Francisco, New York : Marc Lévy est un éternel expatrié. Pour répondre à la question du déracinement géographique omniprésent dans son œuvre, l’auteur choisit l’image du scaphandre. « L’écriture est une plongée en apnée. Et quand on remonte à la surface, il est plus agréable de se retrouver au pied d’une pyramide qu’au pied du réverbère en face de la maison », explique l’écrivain souriant.

Un étudiant lui demande alors s’il pense au public et à la réception de l’œuvre au stade de l’écriture. « Je vois mon bureau comme un atelier », répond Marc Lévy. Il rebondit ensuite sur l’image du boulanger qui façonne son pain tout en songeant au plaisir qu’aura celui qui le mange. Pour l’auteur, « le moteur de l’écriture réside dans le partage ».

Vient ensuite la traditionnelle question autour de la notoriété publique de l’auteur, et son rapport au marketing. « En France, on sacralise l’écriture. Je ne m’accorde pas à cette intelligence-là », explique Marc Lévy. Assumant sa position d’auteur de best-sellers, il réitère : « Dans la société française, le “marketing” est un gros mot. Mais le livre est un marché », rappelle-t-il. Refusant l’hypocrisie, l’auteur parle de l’importance de sauver le livre. « Je ne vois pas où est le sacrilège à faire du marketing pour donner envie de lire. Et puis de toute façon, on ne pourra jamais industrialiser l’écriture », rassure-t-il.

Après quelques échanges avec le public, la rencontre s’est achevée dans la bonne humeur sur une petite réception dans la bibliothèque de la Maison Française, à l’étage, avec plateau de fromage et vin rouge.

De cette rencontre informelle, on retiendra le conseil de Marc Lévy : « Faire son travail sérieusement mais sans jamais se prendre au sérieux ». Un mini-scoop : l’auteur serait actuellement en discussion pour une possible adaptation américaine de son roman Toutes ces choses qu’on ne s’est pas dites. Et le souvenir ému de l’écrivain lorsqu’il évoque le journal France-Amérique, qui a révélé dans un petit article le coup d’éclat de son père résistant, en 1944, qui a abattu des soldats de la Wehrmacht.

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