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Les anti-Wall Street sèment le désordre dans le coeur financier de New York

Des échauffourées entre manifestants et policiers ont éclaté et plus de cent arrestations ont eu lieu jeudi lors du défilé organisé pour marquer les deux mois du mouvement “Occupy Wall Street” qui a semé le désordre dans le quartier financier de New York à Manhattan.

Le cortège new-yorkais est parti jeudi matin peu avant 8h du square Zuccotti, berceau du mouvement dont les occupants ont été expulsés dans la nuit de lundi à mardi. Rapidement empêchés d’atteindre la Bourse – leur objectif – par la police, les manifestants, environ un millier, se sont rabattus sur des rues adjacentes, qu’ils ont bloquées pour empêcher les employés des entreprises du quartier de se rendre dans leurs bureaux aux cris de “Wall Street est fermée”. Ces barricades humaines ont vite entraîné des tensions entre manifestants et passants, puis entre manifestants et policiers.

Au total, ce sont plus de 100 personnes qui ont été arrêtées jeudi matin, selon une porte-parole de la police de New York. “Les 1% (les plus riches) essaient d’écraser ce mouvement, et je suis venu le soutenir. (…) De plus en plus de gens souffrent dans ce pays”, a expliqué à l’AFP Ray Lewis, un retraité de la police de Philadelphie qui a défilé en uniforme, avant d’être interpellé. Au milieu du désordre, un policier qui a tenu à rester anonyme, pestait: “Les manifestants ont tout bloqué. C’est ce qui devait se passer quand on les a expulsés du square (Zuccotti): c’était comme de donner un coup de pied dans une fourmilière… On aurait dû les laisser dans le square. Ils voulaient perturber Wall Street, ils ont réussi”.

La Bourse de New York, qui a ouvert normalement jeudi matin, s’est refusée à tout commentaire. Environ deux heures après le départ du cortège, les manifestants ont commencé à retourner vers le square Zuccotti et devaient dans l’après-midi organiser d’autres défilés ou rassemblements, notamment dans le métro, ou au square Foley, siège de plusieurs tribunaux à Manhattan. Le défilé new-yorkais devait être suivi jeudi par plus de 450 autres manifestations aux Etats-Unis, selon MoveOn, un groupement d’associations.

A Los Angeles, la police a évacué un camp anti-Wall Street et interpellé une vingtaine de personnes qui refusaient de quitter les lieux. Les militants qui refusaient de partir se sont assis en cercle avant d’être interpellés un par un, alors que plusieurs centaines de personnes étaient rassemblées pour exprimer leur solidarité avec le mouvement. “Nous voulons lancer un message positif, nous voulons que les gens connaissent la vérité, nous voulons que les classes moyennes reprennent la place qui est la leur”, a déclaré une manifestante d’une vingtaine d’années.

Les tentes du petit campement, sur lesquelles on pouvait lire les inscriptions “Nous sommes les 99%” ou “Taxer les 1%”, ont également été emportées par des policiers équipés de tenues anti-émeutes. D’autres défilés ou rassemblements étaient également prévus en Europe. A Londres, où le mouvement a aussi fait des émules, les “indignés” qui campent dans la City ont été sommés de démonter leurs installations. “Il ne va rien du tout se passer”, a pourtant assuré, confiant, Sam Carlisle, qui dirige l’équipe des informaticiens du campement.

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