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Les Bleus fâchent un public français dépité

Après avoir concentré les critiques internationales pour la main de Thierry Henry, les Bleus sont désormais la cible en France des milieux sportifs, politiques et des médias, très déçus de leur défaite jeudi contre le Mexique, pratiquement synonyme d’élimination.

“Ce qui est bizarre, c’est que ces joueurs, ils savent jouer au football, mais quand ils jouent ensemble, ils jouent mal, ils ne jouent pas, ils ne s’aiment pas”, a estimé le leader d’Europe Ecologie Daniel Cohn-Bendit, grand amateur de ballon rond, soulignant au contraire l’attitude des Mexicains qui “souriaient” même quand ils rataient un dribble.

Même son de cloche du député gaulliste Nicolas Dupont-Aignan: “Il faut les virer, voilà! Pas tous, mais bon, faut faire son boulot”, a réagi le député, dénonçant un football “pourri par le fric”.

Une critique reprise par la vice-présidente du Front national, Marine Le Pen, qui a fustigé cette défaite “prévisible”, qualifiant l’équipe de “succession d’individualités arrogantes et perverties par l’argent”.

La presse française n’a elle non plus pas eu de mots assez durs pour décrire la performance des Bleus.

“Les Imposteurs”, dénonce la Une du quotidien sportif L’Equipe. “Pas de tristesse, pas de désolation, surtout pas de colère. Ce serait trop donner à ces hommes qui ne savent rien offrir”, poursuit le journal, pour qui “le je-m’en-foutisme est la seule bannière sous laquelle cette équipe est capable de rassembler.”

“Indigne” Pour Le Figaro, les Bleus “au fond du gouffre” n’ont “ni moelle ni âme” et “ne mérite que l’opprobre”. Ils sont un “cauchemar bleu” pour Libération, “pathétiques” pour Le Parisien, ou “ont fait honte à leur maillot” pour France Soir.

Même les sportifs, souvent plus indulgents à l’égard de leurs collègues, ne leur ont pas non plus trouvé d’excuses.

“La France n’a pas très bien joué”, a constaté Zinedine Zidane, louant un Mexique “très supérieur”. “Je suis déçu pour la France parce que (l’équipe) n’a même pas eu l’occasion de tirer au but, et cela, c’est peu pour espérer quoi que ce soit d’important”.

L’ancien sélectionneur Aimé Jacquet, l’homme du titre de 1998, a estimé que Raymond Domenech avait “sa part de responsabilité”. “C’est lui qui a fait le projet, il a mis en place tout ce qu’il souhaitait, il n’a pas réussi, donc c’est pour lui un échec”. Sans oublier les joueurs “qui doivent aussi se poser certaines questions”.

Seule responsable à ne pas accabler “son” équipe: la ministre Roselyne Bachelot. “La meilleure équipe a gagné”, a-t-elle reconnu. Mais “c’est mon travail, ma mission de ministre des Sports que d’être sans coup férir derrière mon équipe”.

De l’autre côté de la Manche, c’est au contraire la joie qui dominait vendredi. “Allez, Les Bleus: go. Go home. Il n’y en aura pas beaucoup pour pleurer votre départ”, a ironisé le Times. “C’est tout ce que la France méritait”, a assuré l’Irish Times. Référence, encore, à la fameuse main de Thierry Henry.

 

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