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Les bonnes habitudes de Thierry Lhermitte à Richmond

Thierry Lhermitte est un habitué du Festival du film français de Richmond. Cette année il regrette de ne pouvoir y présenter, le 27 mars, en compagnie du réalisateur Yves Hanchard, Sans Rancune !, une œuvre au charme rétro et au ton plus grave que d’habitude, pour un des héros déconneurs de la trilogie des Bronzés.  L’acteur commence en effet le tournage d’une série télevisée pour TF1, Docteur Martin, dont il interprète le rôle titre. Il a aussi fait parler de lui dernièrement en devenant actionnaire de la société chargée de la mise en œuvre de la loi Hadopi, censée lutter contre le téléchargement illégal. Un sujet qui fait sortir de ses gonds cet homme de 57 ans en apparence flegmatique…

Qu’est-ce qui vous a convaincu de tourner dans Sans Rancune ! ?

D’abord c’est un très beau scénario, (ndlr, l’histoire d’un pupille de la nation après la Deuxième Guerre mondiale, qui croit reconnaître dans son professeur de français le père disparu qu’il n’a pas connu) avec de l’émotion, de la comédie, du suspense. Je me suis vraiment régalé avec des dialogues magnifiques. Le jeune Milan Mauger a beaucoup de talent, et ce qu’il faut pour le rôle de passion et de naïveté. C’est un acteur très chouette…

Sans Rancune ! va être présenté à Richmond en Virginie dans le cadre d’un festival que vous connaissez bien.

J’y suis allé plusieurs fois et je regrette vraiment de le manquer cette année. C’est un festival que j’aime beaucoup, j’adore les organisateurs. C’est vraiment un exemple de ce qui pourrait être fait dans le monde, surtout qu’au départ, ils n’ont pas été beaucoup aidés par la France. En plus, la programmation offre un bon panorama du cinéma français, sans tomber dans un style art & essai, ce qui est souvent le cas dans ce genre de manifestation. Et puis c’est toujours agréable de constater que les réactions des spectateurs sont les mêmes d’un pays à l’autre.

Plusieurs de vos films ont fait l’objet de remake aux États-Unis. Le Dîner de cons est en tournage avec Steve Carrell et Paul Rudd.

Oui, j’en ai entendu parler, mais je suis ça de très loin. J’ai vu True Lies (d’après La Totale) qui était formidable et Un Indien dans la ville, qui n’était pas mal.

Vous avez notamment produit Un Indien dans la ville (1994) qui a fait huit millions d’entrées au box office. En général, comme producteur, vous avez fait preuve de flair.

Il y a eu quelques succès mais ça fait dix ans que je ne produis plus ! J’ai fait ça pendant dix, quinze ans mais ça m’a suffi. Ça me prenait tout mon temps, j’ai préféré redevenir acteur.

Vous n’êtes jamais passé derrière la caméra. Ça pourrait arriver ?

Je n’en ai aucune intention. J’ai plein d’autres choses à faire dans la vie !

Josiane Balasko qui présente Le Hérisson au festival de Richmond et avec qui vous avez débuté dans la troupe du Splendid l’a pourtant fait.

Oui, avec Josiane on se connaît depuis trente ans, c’est comme ma sœur. Elle écrit des scénarios, réalise des films. Elle a fait ses propres one-woman-show. C’est un vrai auteur. Mais la réalisation, ce n’est ni dans mes capacités, ni dans mes goûts.

Vous avez tous les deux été utilisés à contre-emploi par Guillaume Nicloux dans plusieurs films où vous interprétiez un détective privé et elle une femme-flic.

On s’est tous les deux beaucoup amusés avec Guillaume Nicloux qui nous a offert des rôles dans lesquels le public n’a pas beaucoup l’habitude de nous voir. Mais franchement, pour moi, en tant qu’acteur, ça ne change absolument rien. C’est le même travail. Ni plus ni moins difficile.

Les Bronzés 3 (2006) a marqué les retrouvailles de la joyeuse bande du Splendid. D’autres projets sont en cours ?

Non, rien n’est en préparation, mais il n’y a ni veto, ni interdit.

Vous avez investi dans une société, TMG, qui sera habilitée à appliquer la loi Hadopi votée pour lutter contre le téléchargement illégal. Qu’est-ce qui vous a motivé ?

D’abord je suis actionnaire très minoritaire de cette société que je n’ai pas créée. Les gens pensent que tout est gratuit parce que c’est sur Internet. Et le désastre des baisses de revenus dans le monde de la musique et du cinéma est très probablement dû à cette attitude. C’est devenu une habitude. Mais tous ces arguments sont tellement faciles à démonter. C’est dingue d’imaginer que quelque chose qui coûte de l’argent devrait être gratuit ! Il n’y a pas que les grosses vedettes qui sont concernées. Il y a aussi des techniciens par exemple. Il faut bien rémunérer tout le monde. Mais il n’y a pas eu beaucoup d’artistes qui sont montés au créneau pour défendre la loi. On a beaucoup plus entendu ses adversaires que ses défenseurs, alors que 99 % des artistes savent bien que c’est leur gagne-pain. Et puis franchement recevoir une lettre d’avertissement avant de se faire couper la connexion Internet, ce n’est pas la prison. Ce n’est pas vraiment un drame !

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