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Les boutons de la colère

Avec War of The Buttons, en salles américaines vendredi 12 octobre, Christophe Barratier met en scène une version très personnelle de la Guerre des boutons. Le réalisateur des Choristes conserve l’essentiel de la trame originale, à savoir l’affrontement entre deux bandes rivales de gamins de villages voisins, mais fait le choix de transposer le roman culte de Louis Pergaud (1912) en pleine Deuxième Guerre mondiale. Et offre à Laetitia Casta un rôle de résistante.

Difficile d’oublier la version originale de La Guerre des Boutons, réalisée par Yves Robert en 1961. Pour éviter la comparaison, Christophe Barratier fait le choix du parti pris historique. Il transpose l’intrigue littéraire dans un contexte plus grave de guerre, mettant en parallèle les deux conflits, la guerre des enfants et la Deuxième Guerre mondiale.

On songe vaguement au film de Louis Malle, Au revoir les enfants, avec Guillaume Canet dans le rôle de l’instituteur au grand cœur, Laetitia Casta dans celui de la jolie résistante et François Morel, en maire collabo. Pas l’ombre d’un nazi dans le film, le vrai danger vient de l’intérieur. “L’image de la France résistante est fausse. En 1944, un juif ne pouvait pas sortir dans la rue sans craindre d’être dénoncé par les voisins. On leur crachait dessus”, rappelle Laetitia Casta, de passage à New York pour la promotion du film.

L’actrice, qui a prêté ses traits à Marianne, emblème de la France républicaine, est dans le film un exemple d’héroïsme ordinaire au féminin. Pas besoin de fusil ou d’uniforme pour résister. “Il y a eu beaucoup de femmes dans la résistance, et pas que des Lucie Aubrac. Le personnage de Simone que j’interprète dans le film est une résistante à son humble niveau. Elle renonce à sa vie parisienne et à son rêve de femme émancipée pour sauver une enfant juive et la cacher dans ce village d’Auvergne. C’est un choix courageux, qui lui fait courir de gros risques.”

Entre grosses ficelles et nostalgie, le film produit par Thomas Langmann (The Artist) déroule une vision alternative du livre, noire mais édulcorée par les pitreries des enfants. Chez les guérilleros en culotte courte, on saluera au passage la prestation de Clément Godefroy, excellent petit Gibus et celle d’Ilona Bachelier, impressionnante de maturité dans le rôle de la petite juive qui vit sous une autre identité.

Bande annonce

Infos pratiques

War of the Buttons (La Nouvelle Guerre des Boutons) de Christophe Barratier, en salles américaines à partir de vendredi 12 octobre. Avec Guillaume Canet, Laetitia Casta, Kad Mérad et Gérard Jugnot.

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