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Les candidats à la présidentielle comparables à des sportifs de haut niveau

Une vie saine, sans excès, est le facteur clé pour “tenir” sur la durée d’une campagne électorale, selon des spécialistes qui soulignent que les candidats à la présidentielle s’apparentent à des sportifs de haut niveau, avec des capacités physiques et mentales hors normes.

“Blindée” par l’affaire Elf, soucieuse de se ménager des repas assis et des phases de repos, adepte de la méthode Pilates, selon son entourage, Eva Joly a néanmoins trébuché, victime d’une chute dimanche soir dans un escalier à la sortie d’un cinéma. Dimanche, à Canal+, la candidate écologiste n’avait pas caché ses difficultés de candidate : “La campagne s’est durcie”. “C’est véritablement très dur une campagne, on va de réunions en émissions, on se couche très tard. (…) C’est physique une campagne”, confiait Jean-Luc Mélenchon à la mi-mars.

“Un homme politique c’est un peu comme un athlète de haut niveau. Forcément il a des capacités physiques et intellectuelles +supérieures+”, analyse auprès de l’AFP Philippe Presles, médecin spécialisé en prévention, auteur de “Prévenir” (Robert Laffont). “Peu de gens arrivent à tenir le coup à un tel régime, qui est un régime de super-patron”, ajoute-t-il.

Le cardiologue et médecin du sport François Carré compare le candidat à la présidentielle à un navigateur, engagé “dans une épreuve de longue haleine, avec la nécessité d’être toujours lucide” pour éviter l’écueil. Ou encore à un coureur du Tour de France : “chaque étape compte, et pour deux ou trois d’entre elles, il doit être très bon”. Trois facteurs sont considérés comme “décisifs” par les spécialistes “pour tenir le coup” : activité physique, équilibre alimentaire et sommeil suffisant.

“J’ai peur pour sa santé”

Le sommeil, “c’est le plus important”, a assuré François Hollande à l’AFP, ajoutant : “il faut 6 heures minimum”. Pour Marine Le Pen, qui se dit “en titane”, le tarif c’est neuf heures. Jean-Luc Mélenchon fait des pauses régulières “pour dormir 20 minutes” dans un fauteuil. La technique des “micro-sommeils” des navigateurs ou des micro-siestes.

L’activité physique régulière – celle “où l’on trouve un plaisir” – est jugée indispensable par les médecins. “Quand on est fatigué, l’activité physique repose et permet de récupérer”, explique le Dr Presles. Elle permet aussi de “se vider la tête”. Nicolas Sarkozy court tous les jours. Pas de sport en revanche pour François Hollande, ni pour Jean-Luc Mélenchon, “si ce n’est de la marche”.

Côté alimentation, “l’important c’est de garder le rythme le plus régulier”, estime Patrick Sérog. Perdre quelques kilos avant la campagne, oui, “mais il ne fallait pas maigrir trop”, ajoute le nutritionniste. Pas d’alcool, préconisent les spécialistes, ni d’excès. Fruits et légumes sont à privilégier, notamment “pour se remplir” : “la quantité est importante pour s’apaiser, diminuer le stress”, explique le Dr Sérog.

Mais il faut aussi garder “un peu de plaisir et de sucreries pour tenir le choc, en petites quantités”. A l’image de Nicolas Sarkozy qui fuit la plupart des gourmandises, à l’exception des chocolats et chouquettes, qu’il picore goulûment. Pour Marine Le Pen, le carburant, c’est la caféine. “Il faut quand même un peu d’excitants pour tenir 18 heures sur 24”, concède le Dr Sérog, “mais sans dépasser 7 tasses de cafés par jour”.

Pas de remèdes miracle pour les pannes de voix, dont a souffert en particulier François Hollande, si ce n’est de… laisser plutôt parler les autres. “On s’explose les cordes vocales dans les meetings”, a reconnu Jean-Luc Mélenchon, qui s’échauffe en chantant du Brassens. Malgré leur potentiel et leurs précautions, les candidats apparaissent aujourd’hui “un peu marqués”, relève le Dr Carré. “J’ai peur pour sa santé”, confiait début mars Carla Bruni-Sarkozy à propos de son mari.

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