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Les candidats aux législatives vous répondent

Chaque semaine, France-Amérique sélectionne la question d’un internaute et publie les réponses des candidats aux législatives 2012 en Amérique du Nord. Cette semaine, la mesure phare du projet des candidats.

Cette semaine, une question d’
Edouard, 36 ans, Philadelphie :


“Si vous aviez la possibilité de proposer une mesure pour les Français d’Amérique du Nord, qui serait valable dans la minute, quelle serait-elle ?”

Corinne Narassiguin (PS-EELV) : Il n’y a pas de mesure miracle. Les changements majeurs demanderont un travail législatif important. Néanmoins certaines améliorations rapides seront possibles, en particulier si le député fait partie de la majorité. Il faudra lancer rapidement la simplification des démarches administratives pour les Français de l’étranger et l’amélioration des services consulaires. Ceci constitue une de mes priorités et l’est aussi pour François Hollande. Notre circonscription est la plus peuplée à l’étranger et le nombre de Français enregistrés y a augmenté de près de 10% en 2011. Les moyens consulaires devront être renforcés en conséquence, contrairement à ce qui a été fait depuis cinq ans, pour un meilleur service public de proximité. La suite est ici.

Christophe Navel (Indépendant) : Il faut supprimer la prise en charge des frais de scolarité (PEC). Cette mesure électoraliste ne favorise qu’une poignée d’individus. Cette dotation doit être réinvestie de manière à offrir à toutes les familles françaises, peu importe où elles sont établies, un accompagnement dans le développement et le maintien de la culture et de la langue françaises qui sont les fondements de notre identité. La mise en place d’un programme d’apprentissage du français en ligne adapté à chaque tranche d’âge et offert gratuitement serait le premier volet de cette mesure. Voir la vidéo et lire Education, langue et culture.

Mike Remondeau (Indépendant) : Une mesure qui pourrait être facilement mis en place serait de créer une structure pour l’aide à l’obtention ou le renouvellement de visas. Très souvent, nos concitoyens se retrouvent à devoir payer des frais d’avocats faramineux pour régulariser leurs situation. Ce n’est pas normal, et je pense qu’on peut déjà enlever cette épine du pied à beaucoup très rapidement. Aussi, nombre de français qui ne sont pas en situation légale aux USA sont ignorés ou  abandonnés par les services de l’ambassade. Ils ne votent pas mais sont tout aussi français. C’est en tirant ceux qui n’ont pas encore réussi par le haut qu’on soutiendra une communauté francophone forte en Amérique du nord. On peut être solidaire sans imposer la solidarité taxative.

Claire Savreux (FN) : Pour répondre à la question d’Edouard, je m’adresserai très prochainement aux Français de l’étranger et leur ferai part des mesures que je souhaite mettre en place. Parmi celles-ci, celle qui sera valable dans la minute sera la création d’un forum à l’usage des expatriés qui sera une plateforme d’échanges d’idées, de questions, de réponses et de suggestions.

Emile Servan-Schreiber (Indépendant) : C’est une excellente question à laquelle je n’imagine pas que les candidats à la députation aient le monopole des bonnes réponses. C’est pourquoi mon premier projet sera de mettre en place un « hémicycle virtuel » sur internet qui recueillera toutes les idées des Français d’Amérique du Nord sur les sujets qui concernent notre communauté, et leur permettra de voter pour les meilleures solutions ou les mesures les plus nécessaires. J’en appellerai ainsi régulièrement à votre intelligence collective et j’en défendrai le fruit à l’Assemblée Nationale. Je veux réinventer avec vous la relation entre un député et ses électeurs. C’est une question d’efficacité autant que d’humilité. C’est ce que j’appelle l’Open Démocratie.

Antoine Treuille (Indépendant) : Je créerai une fédération des programmes FLAM pour leur permettre d’être plus visibles, de s’entraider, d’obtenir plus de subventions et d’améliorer le recrutement et la formation des professeurs et conseillers pédagogiques. La plupart des enfants sont inscrits dans des établissements locaux ; les programmes FLAM garantissent la bonne maîtrise de la langue et la possibilité de réinsertion dans l’éducation française. De plus les associations de parents ainsi formées peuvent également créer des centres d’apprentissage pour la petite enfance. L’indispensable promotion des programmes FLAM ne peut toutefois pas remplacer la poursuite du développement des écoles homologuées pour une offre plus complète de l’éducation française à l’étranger.

Julien Balkany (Indépendant) : Pour les Français habitant loin des consulats, remplir certaines démarches administratives relève souvent du parcours du combattant. Une fois élu, je simplifierai immédiatement et sans modification législative plusieurs réglementations consulaires, en obtenant l’ouverture des consulats l’après-midi et la nomination de consuls honoraires de nationalité française. Cela afin de permettre l’établissement de certains documents officiels (procurations et passeports). Cette dernière démarche sera facilitée en équipant nos consuls honoraires de valises biométriques. Je m’engage également à renforcer leur capacité d’action sur le terrain, ainsi que celles des conseillers de l’AFE, en leur accordant d’office une partie des fonds de ma “réserve parlementaire”.

Stéphanie Bowring (Parti Radical de Gauche) : La priorité est l’accès à l’éducation française ou à la langue française. Il s’agit d’abord d’étendre la prise en charge des frais de scolarité aux classes de collège et primaire, et de la rendre progressive en fonction des revenus. L’objectif est de permettre aux parents, surtout ceux de passage, de ne pas trop perturber le cursus scolaire de leurs enfants. Cela peut s’accompagner de la création d’écoles publiques bilingues d’immersion dans les quartiers à forte population française où l’offre en enseignement français est absente, insuffisante ou hors de prix. Cela se fait beaucoup au Canada, pays officiellement bilingue. Enfin, le programme FLAM doit être développé, avec notamment une participation des conjoints sans emploi.

Céline Clément (Front de Gauche) : Sécuriser les parcours dans l’emploi et la formation au long de la vie est une priorité du Front de Gauche. La première mesure serait une Sécurité Sociale Professionnelle. Actuellement la protection contre la perte d’emploi dépend essentiellement de la législation dans le pays de résidence des expatriés. En dehors des situations de détachement, les Français cotisent facultativement à l’assurance chômage auprès de la CFE et ne sont indemnisés que s’ils rentrent en France. Or, il est plus aisé de retrouver un emploi dans le pays où l’on a exercé une activité professionnelle grâce à son réseau social et professionnel. Le FdG modifiera la législation afin de faire valoir le droit à bénéficier d’une indemnité chômage hors du territoire national.

Carole Granade (MoDem) : Ah, si seulement… Votre député ne sera pas un magicien dont les propositions pourraient être valables dans la minute. Son travail sera de veiller à ce que les orientations du gouvernement ne se fassent pas à nos dépends (accès à l’éducation – urgent, fiscalité, atteinte à la double nationalité, accès aux services consulaires…) et de faire des propositions sur ces thèmes en collaboration avec nos autres élus. Mais puisque vous lui en donnez les moyens, je me lance dans une proposition simple et utile. Je souhaiterais l’accès libre aux  vidéos des TV françaises (publiques a minima) via Internet quelle que soit la localisation du spectateur, idéalement une ouverture complète à notre contenu informatif et culturel comme PBS (USA).

Frédéric Lefebvre (UMP) : Que les avantages fiscaux contractés par nos compatriotes résidant aux USA et au Canada, puissent être maintenus et reconnus lors de la déclaration fiscale de leurs revenus. Le contexte étant que la fiscalité du pays de résidence domine la fiscalité du pays d’où viennent les revenus.

Aurélia Paluel-Marmont (suppléante) (Ares) : Le maintien de la culture et de la langue françaises chez les Français d’Amérique du Nord est un enjeu primordial pour la France.  La France a besoin de nous, de notre esprit de liberté. Elle ne doit pas nous perdre. Mère française de quatre enfants scolarisés dans le système public américain et enseignant le français à des Français d’Amérique, je relève chaque jour ce défi. Nous demanderons une reconnaissance automatique du Bac International en France et un programme CNED adapté aux besoins des Français d’Amérique du Nord, un suivi scolaire personnalisé sur Internet, un accès à des échanges virtuels ou réels avec des enfants scolarisés en France et la validation de fin de cursus CNED ouvrant l’accès aux études universitaires françaises.

Gérard Michon (Indépendant) : Je voudrais que devienne une priorité nationale l’éducation française des enfants français dont les familles sont établies (ou s’établissent) à proximité d’un établissement scolaire homologué. On devrait cesser de prétendre que les deniers publics sont “gaspillés” dans l’éducation d’élèves dont les familles se trouvent être jugées capables de plus de sacrifices. Entre les familles auxquelles on ne demande rien et celles qui peuvent tout se permettre, ce sont les familles à revenus moyens qui auraient bien besoin de ce “coup de baguette magique” pour ne pas avoir à choisir entre l’éducation française des enfants et, par exemple, le fonds de retraite des parents. Choix cornélien.

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