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Les candidats Sarkozy et Hollande se distinguent sur l’Afghanistan

Le discours de François Hollande sur la défense se distingue surtout de celui de Nicolas Sarkozy sur l’accélération à fin 2012 du retrait des troupes françaises d’Afghanistan, que l’entourage de président-candidat dénonce comme “irréaliste” et dangereux.

Par petites touches, le candidat PS a tracé ces dernières semaines les grandes lignes de son action dans ce domaine s’il est élu à l’Elysée: maintien de la dissuasion nucléaire dans ses deux composantes, sous-marine et aérienne, relance de l’Europe de la défense, évaluation des politiques de défense. Avec une constante, rassurer. Les Français, les alliés de la France, et enfin les militaires.

Il ne reviendra pas s’il est élu sur la décision prise en 2007 par Nicolas Sarkozy de réintégrer totalement le commandement intégré de l’Otan. Une décision, dont il entend en revanche faire le bilan pour l’influence de la France. Avant l’intervention du candidat PS sur la défense dimanche, Jean-Yves Le Drian, chargé du dossier dans son équipe de campagne, a rencontré des responsables américains la semaine dernière à Washington pour expliquer ses positions.

S’il est élu président, François Hollande assistera en effet les 20 et 21 mai au sommet de l’Otan à Chicago, qui sera notamment consacré à l’avenir de l’Alliance atlantique et à l’Afghanistan. Une entrée en matière brutale, avec au menu les conditions du désengagement des troupes alliées sous commandement de l’Otan. La date du retrait des quelque 3 500 soldats français actuellement en Afghanistan constitue justement le principal point de désaccord entre les candidats Sarkozy et Hollande.

Nicolas Sarkozy l’a fixé à fin 2013, après la mort le 20 janvier de quatre soldats français abattus par un militaire afghan. François Hollande s’est engagé pour sa part à faire revenir les troupes françaises combattantes d’ici fin 2012. “Nous ne reviendrons pas sur cette décision. François Hollande a bien fait de le dire dès le début, maintenant, regardons la mise en oeuvre”, souligne Jean-Yves Le Drian, le conseiller défense du candidat PS.

La proposition de François Hollande fait en revanche bondir l’entourage de Nicolas Sarkozy. “Si on veut éviter d’exposer nos troupes et de trahir nos alliés, fin 2012 c’est impossible. Techniquement, ce n’est pas possible, politiquement c’est un lâchage qui nous fait perdre tout le bénéfice de ce qu’on a fait”, souligne le ministre de la Défense, Gérard Longuet. Le calendrier de l’Otan arrêté en novembre 2010 à Lisbonne fixe toujours à fin 2014 la fin du passage du relais aux forces afghanes.

A Chicago, le débat doit également porter sur l’après-2014 et les moyens, humains et matériels, que les alliés sont disposés à maintenir pour assurer la formation et l’accompagnement des autorités afghanes. S’il égratigne les réformes “sans cohérence”, du président Sarkozy, François Hollande ne remet pas en cause les grandes lignes de la politique de défense.

En cas de victoire en mai, il mettra immédiatement en chantier un nouveau Livre blanc de la défense pour préparer la future Loi de programmation militaire (2014-2019). Il réévaluera la légitimité des opérations extérieures et renforcera le contrôle du Parlement sur l’engagement des forces et le budget. François Hollande a enfin lancé une offensive en direction des personnels de la défense – environ 300.000 personnes, civils et militaires -, leur assurant que le budget ne serait pas “une variable d’ajustement” en période d’économies forcés.

Le camp Sarkozy s’inquiète en revanche de l’arrivée éventuelle d'”une majorité politiquement dépensière” et de ses conséquences budgétaires. Le budget défense s’élève à 31,5 milliards d’euros pour 2012.

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