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Les casinos français se lancent dans la course du poker en ligne

Les casinos français, touchés ces trois dernières années par une baisse de 20% de leur chiffre d’affaires, passent à l’offensive pour tenter de limiter les effets de cette crise sans précédent en se lançant dans le poker en ligne, un secteur où règne une concurrence féroce.

Depuis le 30 juin, date de l’ouverture officielle du poker en ligne en France, l’Autorité de régulation des jeux en ligne (Arjel) a accordé 21 agréments, dont six à des groupes de casinos représentant les trois quarts des 197 casinos. Parmi les 38 agréments de l’Arjel à 30 opérateurs français et étrangers, plus de la moitié (21) concernent le poker, 12 les paris sportifs et cinq les paris hippiques.
Les quatre grands groupes de casinotiers Partouche (47 casinos), Barrière (35) Joa (20) et Tranchant (16) ont été rejoints par la société Casino du Golfe (2) et la Société française de jeux sur internet (SFJI), regroupant 40 casinos indépendants, qui a présenté son site (200%poker.fr) mardi à Paris. Les casinos français, où le poker est autorisé depuis mai 2007, vont avoir à faire à forte partie face aux poids lourds installés sur internet depuis des années (Bwin, Everestpoker, Pokerstars, Winamax …), qui possèdent plusieurs longueurs d’avance en matière d’offre de jeux.

Pour Bruno Louy, directeur de l’Ecole française du poker, l’un des meilleurs spécialistes français de de ce jeu, “la qualité de l’offre en ligne est déterminante (montant de prix garanti pour chaque partie, prix du ticket d’entrée…) et les casinos auront de la peine à s’aligner sur les gros sites”. Mais, dit-il à l’AFP, le poker en ligne peut “être un relais de croissance pour les casinos français”. Un avis partagé par Paul Bougnoux de Largillière Finance (conseil en fusions-acquisitions), spécialisé dans les jeux d’argent en ligne. “Le mouvement des casinos ‘en dur’ vers le ‘on line’ est un mouvement général dans le monde”, explique-t-il à l’AFP, en citant les casinos géants de Las Vegas, capitale mondiale du jeu, qui installent leurs marques sur le net. “En France, poursuit M. Bougnoux, les joueurs de casinos vont pouvoir retrouver leur marque favorite locale en ligne”.
Interrogé par l’AFP, le groupe Lucien Barrière, qui ouvrira son site barrierepoker.fr en association avec la Française des Jeux ce mois-ci, souligne également qu’il avait “très vite analysé les jeux en ligne comme un relais de croissance et une opportunité à saisir”. Avec le poker en ligne, assure-t-on, le groupe Lucien Barrière “s’est préparé à développer des synergies avec ses casinos, afin d’amener dans les établissements un nouveau public”. “Il y a une vraie complémentarité, entre les casinos terrestres et les casinos +on line+”, renchérit Frédéric Vieille, responsable des activités “on line” du groupe Joa, qui compte 20 casinos. “Le poker en ligne, c’est pour nous le 21ème casino”, lâche M. Vieille en insistant sur la fidélisation des joueurs.

Pour autant, aucun casinotier ne s’attend à ce que le poker en ligne soit le remède miracle comme l’ont été au début des années 1990 les machines à sous, qui ont permis aux casinos d’afficher une santé insolente pendant une quinzaine d’années.
Quant aux maires des communes accueillant des casinos, ils observent de près le poker en ligne. En effet, tout comme les casinos classiques qui alimentent une partie de leur budget, les casinos en ligne, émanation de casinos en dur, vont également verser aux municipalités 15% des prélèvements fiscaux effectués sur les mises des joueurs.

 

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