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Les conseils d’une career coach française à Chicago

En période de crise, des career coaches apportent des réponses dans la recherche d’emploi. France-Amérique a rencontré à Chicago Myriam Le Cannellier, une conseillère en parcours professionnel.

Le Career Coaching, ou accompagnement professionnel, est né dans les années 1990 aux États-Unis. L’activité, qui s’est étendue à travers le monde, compte aujourd’hui plus de 30 000 professionnels. Myriam Le Cannellier, une Française basée à Chicago, est la fondatrice et la directrice de Mynextpath, une agence de career coaching. Sa clientèle de prédilection : les Français en reconversion professionnelle. Rencontre avec une experte du marché de l’emploi, à cheval entre les deux cultures.

Comment a commencé l’aventure Mynextpath ?

J’ai crée Mynextpath en 2004 en Floride, où j’avais suivi mon mari deux ans auparavant. Suivre son conjoint est une expérience compliquée, surtout lorsque l’on a été habitué à avoir une carrière professionnelle. En arrivant aux États-Unis, je me suis d’abord investie dans le volontariat puis j’ai moi-même suivi un coaching. C’est en me basant sur ma propre expérience que j’ai eu l’idée d’accompagner les gens sur ce sujet. Mes premières clientes étaient des femmes d’expatriés souhaitant s’adapter au marché du travail américain.

Aujourd’hui, vous touchez cependant une clientèle plus large. Quelle en est la topologie ?

Environ 70 % de mes clients sont français et je distingue trois grandes catégories de clients. Ceux qui ont perdu leur emploi et souhaitent en retrouver un, ceux qui ont un emploi mais désirent se réorienter et ceux, notamment des femmes, qui ont arrêté de travailler depuis longtemps et souhaitent revenir sur le marché du travail.

La crise a t-elle bousculé cette topologie ?

Pour l’instant les trois catégories représentent trois tiers à peu près équivalents.

En quoi consiste le coaching exactement ?

Il y a deux aspects dans l’accompagnement. Il y a tout d’abord un accompagnement émotionnel, notamment pour les gens qui ont perdu leur emploi ou n’ont pas travaillé depuis longtemps. Il faut reconstruire la confiance et tuer les préjugés, la peur, le doute ou l’amertume accumulés parfois pendant des années. Dans le cas des conjoints d’expatriés il faut souvent lutter contre l’idée que rien ne sert de s’investir puisqu’on peut repartir d’un jour à l’autre. Et il y a ensuite bien évidemment un accompagnement pratique, c’est-à-dire la mise en place d’outils de recherche concrets : construction du CV, optimisation du réseau. Je fais aussi souvent des simulations d’entretien. J’ai aussi un cabinet de recrutement, donc je peux leur donner des conseils très concrets.

Comment commence-t-on un coaching ?

On commence par faire un grand travail exploratoire, pour laisser parler les motivations et les rêves parfois réprimés pendant des années. L’idée est de mettre beaucoup de choses sur la table en un temps court. Je commence toujours par faire remplir aux gens un questionnaire que j’ai moi-même conçu et qui aide à faire le point sur les expériences passées et les motivations pour le futur. Ensuite, on met en place les outils de recherche à proprement parler.

Y-a-t-il des pratiques spécifiquement américaines ?

Oui, je commence souvent par expliquer aux nouveaux arrivants les règles du jeu de l’embauche américaine : ici, par exemple, on ne parle jamais des choses personnelles, on ne met ni l’âge ni le statut marital sur le CV… Le networking est aussi un point sur lequel il y a beaucoup de choses à démystifier. Les gens, notamment les Français en recherche d’emploi, auront tendance à rester chez eux et à envoyer des tonnes de CV en réponse à des offres en ligne. Or la probabilité de trouver son emploi sur Internet est extrêmement faible. La meilleure chance, c’est le réseau.

Le networking est donc la clé ?

Oui, car c’est comme cela qu’on accède à l’information. Le « marché caché », ces offres d’emploi qui ne sont pas exprimées dans le marché public sont extrêmement nombreuses. Cela est d’autant plus vrai en période de crise, lorsque les entreprises qui licencient d’un côté ont quand même besoin de pourvoir certains postes mais ne veulent pas s’offrir de mauvaise publicité. Contacter des gens qui savent où sont les ouvertures, c’est la clé.

Comment développe-t-on son réseau ?

En commençant par faire la liste de tous les gens que l’on connaît, en ne négligeant aucun type de contacts. On peut ensuite les classifier : les amis, les anciens collègues, les anciens clients ou fournisseurs, les anciens professeurs… On connaît plus de gens qu’on ne pense.

Et comment les approche-t-on, une fois cette liste dressée ?

Il ne faut pas les effrayer avec des questions trop larges comme « pouvez-vous m’aider ? » ou des demandes trop frontales, mais vous pouvez demander des conseils ou des contacts liés à certains secteurs ou certaines entreprises préalablement ciblés. La personne peut vous donner des contacts et l’autorisation d’appeler en son nom. Vous vous rapprochez ainsi de votre objectif final.

Sur combien de temps suivez-vous un client ?

Cela varie selon les cas de quelques semaines à un an et demi pour ma prestation la plus longue. La moyenne est de 7 à 8 heures de consultation par client. L’accompagnement peut s’arrêter une fois le projet défini et les outils de recherche mis en place, ou se poursuivre durant tout le processus de recherche, notamment parce que cela incite à plus de discipline. Je fixe alors des objectifs hebdomadaires, ce qui peut rassurer certaines personnes. Dans tous les cas nous organisons un suivi par email ou par téléphone.

Comment devient-on coach ? Faut-il une licence spéciale ?

Je suis membre d’une organisation de coaches « International Coach Federation », mais je ne suis pas certifiée et très peu de coaches le sont en réalité aux États-Unis. En France, où la pratique se développe de plus en plus, les gens sont très sensibles au fait que le coach soit ou non certifié. Ici, les gens se basent surtout sur le témoignage d’anciens clients. C’est le plus souvent par le bouche-à-oreille que les gens viennent à moi.

 

À savoir

Mynextpath propose des forfaits allant de $320 à $925. Le prix de la session à l’unité est de $165. Pour déterminer au moins le besoin, un diagnostic gratuit est disponible en ligne.

Myriam Le Cannellier est également à la tête de DSML Executive Search, un cabinet de recrutement, qu’elle a ouvert il y a un an, en parallèle de son activité de coach. Ses clients sont le plus souvent des entreprises françaises possédant des filiales aux États-Unis et souhaitant recruter des cadres localement. Elle propose éventuellement aux cadres locaux embauchés, le plus souvent des Américains, des formations de coaching interne (« on boarding ») pour optimiser leur intégration.

Pour plus d’information :

www.mynextpath.com

dsmlexecutivesearch.com

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