Subscribe

Les déclarations des proches de Merah relancent la piste des complicités

Les déclarations d’Abdelghani Merah sur un “troisième homme” et celles de sa soeur Souad sur les voyages à l’étranger de Mohamed Merah, relancent la piste des complicités dont aurait béneficié le tueur au scooter, selon des avocats.

Abdelghani Merah, le frère aîné en rupture avec sa famille, évoque dans un reportage diffusé dimanche sur M6 l’hypothèse du “troisième homme”, possible complice du vol du scooter utilisé par le tueur, suggérant qu’il pourrait s’agir d’un voisin et ami de la famille, “converti au salafisme”. En garde à vue, Abdelkader, autre membre de la fratrie et seul mis en examen pour “complicité d’assassinat”, a mis les enquêteurs sur la piste d’un troisième homme présent, avec lui et Mohamed, lors du vol du scooter. Mais il a refusé de donner le nom de cet “ami d’enfance” qui n’a toujours pas été identifié. Abdelkader, également présent lors de l’achat du blouson et du casque du tueur, selon des témoignages, nie toute implication dans les crimes.

Avant de mourir, dans ses échanges avec les policiers durant le siège de son appartement, Mohamed Merah a tenté d’écarter toute responsabilité d’Abdelkader dans lequel il n’avait “pas confiance”. Insistant sur leur inimitié de longue date, Abdelkader nie avoir invité son frère à le rejoindre en 2009 en Egypte, où il résidait ainsi que Souad, fichée comme lui comme activiste salafiste. Faux, selon Abdelghani, les deux frères, étant devenus complices après la conversion du benjamin au salafisme, un an avant.

Les trois Merah étaient connus pour graviter autour d’un petit groupe salafiste toulousain. Les membres de ce groupe avaient l’habitude de se rendre dans un village de l’Ariège, chez un converti de 65 ans, surnommé “le cheikh”. Celui-ci avait indiqué en mars se souvenir de la visite d’Abdelkader mais pas de Mohamed. Deux membres de cette mouvance salafiste toulousaine avaient été interceptés fin 2006 en Syrie alors qu’ils étaient en route pour combattre en Irak. Ils avaient été condamnés. Abdelkader avait été entendu sans être mis en examen. L’un de ces deux jihadistes est un proche des Merah: le fils du deuxième mari de leur mère et, selon Abdelghani, “l’âme damnée” de Mohamed.

Pour l’heure, aucun élément concret n’est apparu pour mettre en cause des membres ou anciens membres de ce groupe ou d’éventuels complices extérieurs. L’ex-patron des Renseignements Bernard Squarcini a toujours décrit Mohamed Merah comme un “loup solitaire”. Mais cette théorie, rejetée par les avocats, est mise en cause par les déclarations de sa soeur, Souad. Filmée à son insu par M6, Souad Merah évoque les voyages de Mohamed, et reconnaît avoir dit aux enquêteurs qu’il partait en Algérie alors qu’elle savait qu’il partait vers d’autres destinations.

Fin 2010 Mohamed Merah s’était notamment rendu en Afghanistan, à l’été 2011 il était parti plusieurs semaines au Pakistan, pour y rencontrer ses “frères”, avait-il clamé avant de mourir. Souad Merah précise même avoir payé des billets d’avion à son frère et crie sa fierté pour ce qu’il a fait. Jugeant qu’avec ces déclarations les complicités sont désormais avérées, les avocats de familles des trois militaires tués, Iman Ibn Ziaten, Abel Chennouf et Mohamed Legouad, ont demandé lundi que des poursuites soient engagées pour “témoignage mensonger” à l’encontre de Souad. Autre axe d’enquête sur d’éventuelles complicités, les fournisseurs des armes de Merah qui, malgré des ressources officielles nulles, disposait d’un impressionnant arsenal.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Related