Subscribe

Les droits de l’Homme aux Etats-Unis passés au crible par l’ONU

Les Etats-Unis ont vigoureusement défendu vendredi leur bilan en matière des droits de l’Homme, passé au crible par le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU, un exercice inédit qui a mobilisé à Genève les critiques de tous bords.

Sous une pluie de reproches à propos notamment du centre de détention de Guantanamo, la peine de mort ou la non ratification de traités internationaux, la délégation américaine a reconnu ne pas être satisfaite de la situation. “Nous ne sommes pas satisfaits du statu quo et nous continuerons à améliorer nos lois”, a assuré le Secrétaire d’Etat adjoint américain pour les droits de l’Homme, Michael Posner, qui a néammoins qualifié le débat de “salutaire”. Aux détracteurs invoquant des violations des droits de l’Homme dans les guerres en Irak et en Afghanistan, le conseiller juridique du Département d’Etat américain Harold Koh a rétorqué: “Qu’il n’y ait aucun doute là dessus, les Etats-Unis ne pratiquent pas la torture et ne la pratiqueront pas”. “Cette administration (Obama) a tourné la page dès son arrivée et en s’assurant sans équivoque d’un traitement humain de tous les individus sous garde américaine dans les conflits armés ” a-t-il ajouté.

Premier sur une liste de 87 orateurs, Cuba a demandé aux Etats-Unis de mettre fin à l’embargo américain contre l’île, décrit comme “un génocide”. Autre ennemi juré des Etats-Unis, l’Iran a estimé que “malheureusement les Etats-Unis ont été et continuent d’être ceux qui violent le plus systématiquement les droits de l’Homme”. Plusieurs pays arabes ont évoqué leur préoccupation quant l'”islamophobie” des Etats-Unis et Michael Posner a reconnu que les communautés musulmanes américaines avaient fait part “d’un climat d’intolérance et de discrimanation” à leur égard. “Nous sommes déterminés à lutter contre cela, a dit le haut responsable américain et nous prenons des mesures dans ce sens”.

Plusieurs pays occidentaux dont la Grande-Bretagne et l’Australie ont pour leur part demandé un moratoire ou l’abolition de la peine de mort. La France a “salué l’engagement pris par le Président Obama de fermer le centre de détention de Guantanamo”. “Il importe que cette promesse soit honorée”, a déclaré l’ambassadeur français Jean-Baptiste Mattei. M. Koh a répliqué que “la tâche demeure complexe même si l’engagement de l’administration demeure. Le président Obama ne peut le faire tout seul”, insistant sur l’aide nécessaire du Congrès, des tribunaux américains et des pays alliés prêts à accueillir des ex-détenus.

La Secrétaire d’Etat adjointe américaine auprès des organisations internationales, Esther Brimmer a estimé quant à elle que les débats de cet Examen périodique universel (EPU) que passe pour la première fois son pays devant ses pairs ont constitué un “dialogue positif et utile”. L’EPU est une innovation majeure du Conseil, né en 2006 des cendres de la Commission des droits de l’homme décriée pour son incapacité à faire respecter les valeurs fondamentales de l’ONU. Il permet l’examen systématique et régulier de la situation des droits de l’Homme dans chacun des 192 pays membres de l’ONU, pour éviter l’accusation de sélectivité. Les représentants de quelque 300 organisations non gouvernementales américaines qui ont fait le voyage de Genève ont d’ores et déja qualifié la rencontre d'”échec total”.

“Ce que nous avons entendu, c’est la défense éloquente du caractère exceptionnel des Etats-Unis”, a déclaré Ajamu Baraka, directeur de US Human Rights Network. “Si l’objectif de la délégation américaine était de reprendre le flambeau d’un leadership des Etats-Unis ans le domaine des droits de l’homme, ils ont échoué lamentablement”, a-t-il dit.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Related