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Les élèves francophones ont chanté Noël aux couleurs du monde

Les élèves de cinq écoles publiques de New York proposant des programmes en français ont uni leurs voix à la Ralph Bunche school de Harlem (PS 125) samedi dernier, à l’occasion d’une fête de Noël inédite. Le point d’orgue d’une collaboration entre parents d’élèves et enseignants qui se battent au quotidien pour que perdure cet héritage francophone.

Rien de tel qu’une chorale pour tisser des liens. Daniel Mlanao, parent d’élève et coordinateur de la première fête de Noël francophone, a fait chanter les enfants de cinq écoles publiques à l’unisson, dans la langue de Molière samedi dernier à la PS 125, une école de Harlem. Les élèves impliqués participent tous aux programmes de français des écoles publiques, distillés en classes bilingues ou sous la forme d’after-school. Un moyen de rassembler les élèves issus des différents quartiers de New York et de donner de la visibilité au travail des enseignants, des parents d’élèves et des services culturels de l’ambassade de France qui soutiennent cette initiative. « L’objectif est de trouver des moyens durables pour que ces programmes de langue française deviennent un patrimoine commun aux différentes communautés francophones des quartier sur le long terme », affirme Daniel Mlanao.

Les établissements de PS 125, PS 84 (Manhattan), CES 73X (Bronx), MS 22 (Bronx) et PS 151 (Queens) ont répondu présents. Seule l’école de Brooklyn manquait à l’appel. Ces écoles étaient représentées par une soixantaine d’élèves, âgés de six à sept ans en majorité. Des semaines durant, ils ont répété « Vive le vent » ou « Douce nuit ». Le jour J du spectacle, les petits chanteurs se sont pliés avec enthousiasme à l’exercice, tandis que Fabrice Jaumont, attaché à l’éducation de l’ambassade de France prêtait une oreille attentive. Ils étaient accompagnés au piano par DiNah Vero Chesimar, professeur de musique à la French American school de New York.

Parents francophiles de New York, unissez-vous !

Bonne nouvelle, les Américains de New York aussi sont intéressés par les programmes d’immersion. « Il ne s’agit pas seulement d’un caprice d’expat’ », assure Christophe Monier le trésorier de l’association Éducation Française à New York (EFNY). Tous les élèves des programmes bilingues ne viennent pas forcément de familles parlant français. Parfois, seul le père ou la mère parle cette langue, et certains parents ont tendance à penser que la priorité doit être donnée à l’anglais. « Ils ne transmettent  pas tous cet héritage à leurs enfants, par manque de temps ou de conviction» , regrettent les organisateurs de l’évènement. Mais dans les ateliers décloisonnés de l’école, les enfants suivent des cours de langue, d’écriture, apprennent des chansons ou découvrent les contes traditionnels de chaque pays dans les deux langues, française et américaine.

Si le profil socio-ethnique de New York est très riche, la communauté francophone est à son image. PS 125 était ainsi à l’origine un centre névralgique de la communauté haïtienne, avant qu’elle ne se déplace vers d’autres quartiers. Aujourd’hui, la majorité des élèves de cette école est originaire d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique du Nord. La langue française enseignée joue donc un rôle d’agent de cohésion et contribue au sentiment d’appartenance à la collectivité. Cette double culture présente un atout véritable pour l’enfant, au-delà du simple bilinguisme. Les excellents résultats de ces programmes se vérifient lors des tests d’évaluation où les élèves se démarquent par des résultats plus élevés que la moyenne, se réjouit Christophe Monier. « Par leur pratique courante du français, nos élèves se sentent valorisés », témoigne une enseignante. Une belle réussite qui se reflète dans l’implication des élèves dans les différentes activités en français comme ces chants de Noël et qui contribuent à leur affranchissement.

« Nous espérons convaincre tous les jours davantage de directeurs des mérites que comportent ces programmes d’immersion français-anglais et de la nécessité d’ouvrir de telles classes bilingues », indique Fabrice Jaumont. Les parents intéressés par ces classes sont invités à se mobiliser et à démarcher les directeurs des écoles. Des fonds du département de l’Éducation sont régulièrement alloués aux écoles qui se lancent dans un tel programme.

Infos pratiques :

Pour en savoir plus sur les programmes bilingues, les after-schools dans les écoles publiques de New York, contactez www.efny.net

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