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« Les élus de l’AFE devraient avoir des pouvoirs décisionnels »

Le 7 juin 2009 avaient lieu les élections des 11 représentants des Français de l’Étranger aux États-Unis. Parmi eux, six élus viennent de vivre la première année de leur premier mandat, à l’écoute de leurs compatriotes expatriés. Ils font le bilan avec France-Amérique. Aujourd’hui : Corinne Narassiguin, conseillère de la circonscription de Washington où les résultats du scrutin viennent d’être annulés par le Conseil d’État.

Le Conseil d’État vient d’annuler le résultat des élections du 7 juin dernier. Vous allez vous représenter ?

Absolument. Notre liste Français du Monde-ADFE se représente. On est tous prêts pour repartir. On revotera sûrement à l’automne.

Avez-vous été surprise par cette décision ?

Oui, car des recours sur ces mêmes questions – le manque de signatures de références sur les registres pour les votes par correspondance – n’ont pas été retenus dans d’autres circonscriptions. Le Mexique et la circonscription de Washington font exception car le nombre de votes annulés (ndlr, 350) est supérieur à l’écart de voix entre les listes… mais pour que cela change quelque chose, il faut partir du principe que toutes ces voix se seraient reportées sur une seule et même liste !

La participation au scrutin était déjà très faible en 2009 – environ 11 %.  Êtes-vous optimiste pour ces prochaines élections ?

Pour ces élections, la participation est généralement faible car les gens ne savent pas que l’AFE existe ou à quoi ça sert… L’an dernier, on avait bénéficié du fait que les élections européennes se déroulaient le même jour – cela avait capté l’attention sur ces questions politiques. Cette année on va faire une campagne juste à la rentrée, quand les gens rentrent de vacances…. Ça va être difficile.

Revenons à ce premier mandat. Le fait de pouvoir s’appuyer sur un réseau comme les Français du Monde-ADFE facilite votre tâche d’élu ?

Absolument. C’est vrai qu’à deux avec Christiane Ciccone à Washington (tête de liste élue) et moi à New York, on se partage le travail. On peut s’appuyer aussi sur l’ADFE à Boston et à Miami. On peut ainsi garder le contact plus directement sur le terrain…

Comment se passe le travail avec les autres représentants ?

J’ai été agréablement surprise par le fait que les élus travaillent bien lors des sessions plénières à Paris. On parvient à trouver des consensus sur pas mal de sujets car s’agissant des intérêts des Français de l’étranger, finalement, il y a de grands principes en commun… Par exemple on a pu obtenir le maintien du budget des affaires sociales des consulats alors qu’il allait être coupé. Il est facile de travailler ensmble sur les choses importantes. Et ce, malgré une assemblée divisée en groupes.

Les premiers députés de l’étranger vont être élus en 2012. Vous serez candidate ?

Oui, je viens de déclarer ma candidature pour les primaires des députés de l’étranger. Ces primaires organisées par la Fédération des Français de l’Étranger du Parti Socialiste se tiendront en décembre et non en juin comme prévu d’abord. C’est une première pour les législatives… Il faut laisser le temps aux candidats de se déclarer et se préparer, de se faire connaître… Et réévaluer les répartitions des circonscriptions par rapport à des accords avec d’autres partis de gauche.

Sur quel dossier avez-vous été le plus sollicitée ?

Les questions de l’accès à l’education sont vraiment primordiales. Pour les Lycées français, la question des bourses avec la révision du coefficient K (ndlr, pourcentage des revenus d’un foyer qui peut être consacré à l’éducation – 35 % aux États-Unis – et qui détermine l’éligibilité pour une bourse) a causé beaucoup de dégats. Cela a remis en cause la possibilité pour des familles de maintenir leurs enfants dans le système scolaire français. Le problème global avec l’AFE est que les élus sur le terrain n’ont pas de pouvoirs décisionnels sur le mode de calcul des bourses… Ces décisions sont prises par l’administration. Nous pouvons ensuite faire des commentaires, voter des résolutions pour tirer la sonnette d’alarme mais il n’y a aucun obligation pour le gouvernement de les suivre. On devrait avoir un pouvoir décisionnel sur la façon dont les budgets sont gérés, et sur des questions comme la prise en charge des frais de scolarité dans les Lycées français de l’étranger.

www.assemblee-afe.fr

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